64 ans mercredi dernier, Jean-Claude Nagloo peut se vanter d’être un des très rares entraîneurs mauriciens à avoir vécu en cinq occasions la fièvre des Jeux Olympiques. D’Atlanta 1996 à Londres 2012, le Directeur technique national de boxe a connu des moments forts dans cette grand-messe du sport mondial, dont le point culminant demeure sans conteste la médaille de bronze décrochée par son poulain, Bruno Julie, à Beijing quatre ans de cela. Alors qu’il mettra le cap sur le Pays de Galles jeudi pour agir comme un des entraîneurs retenus pour diriger un stage organisé par la Fédération internationale de boxe, il revit les épisodes marquants des quatre précédentes éditions. Et ce, tout en avançant qu’en tant que dirigeant il vivra peut-être sa dernière aventure olympique.
Atlanta 96 : « C’est la première fois qu’une délégation mauricienne de boxe se retrouve à une édition des Jeux Olympiques, même si Teekaram Rajcoomar y avait participé à Séoul en 1988. Cet événement, les trois boxeurs que sont Richard Sunee, Stive Naraina et Josian Lebon, Fabricio Leclercq (le DTN de l’époque) et moi, nous l’avons vécu intensément. Le bonheur était encore plus intense avec ce succès de Lebon au premier tour face à un Turc. Même si nous n’avions pas obtenu de podium, il n’empêche que nous avions la satisfaction du devoir accompli. Les boxeurs ayant quitté la compétition la tête haute »
Sydney 2000 : « Dans ce groupe de boxeurs qualifiés se trouvent ceux qui symbolisent la nouvelle vague, notamment Riaz Durgahed, Giovanni Frontin et Michael Macaque. La fierté est encore plus forte, car ce dernier agit comme porte-drapeau de la délégation mauricienne. Toutefois, les résultats ne seront pas positifs, car les trois seront éliminés dès le premier tour. Reste qu’ils se sont bien défendus, à l’image de Frontin, qui ne s’inclinera que d’un point »
Athènes 2004 : « Cette fois, rien qu’un représentant sera en action, soit Michael Médor, la qualification étant devenue plus difficile au fil des éditions. Toutefois, ce sera un boxeur diminué qui abordera cette compétition, avec une blessure au nez, ayant été livré à lui-même lors d’un stage à Cuba. Cela l’a grandement perturbé, surtout lors de la dernière reprise de son combat face à un Mongol. »
Beijing 2008 : « Sans doute le plus grand moment de ma carrière de dirigeant. Des moments à jamais gravés dans ma mémoire, avec ce combat remporté en quarts de finale par Bruno Julie et cette médaille de bronze historique. Jusqu’aujourd’hui, je persiste à dire que Bruno a réalisé un exploit sans précédent et a écrit l’histoire du sport mauricien. Toutefois, pour atteindre un tel palier, il a suivi un stage de trois mois à Tunis sous ma direction et a disputé des compétitions en Europe. Les sacrifices encourus ont porté leurs fruits. Au moment du verdict lors du quart de finale, j’ai sorti un drapeau que j’avais secrètement gardé dans ma sacoche. Bruno a ainsi pu célébrer son bonheur sur le ring. Au cours de cette édition, il ne faudra pas occulter la prestation de Richarno Colin, qui a pu passer un tour. »
Londres 2012 : « L’exploit peut-il être réédité ? Pourquoi pas, car Richarno Colin a cette fois atteint une plus grande maturité. L’expérience acquise lors des différents stages et compétitions ne peut que l’aider à viser plus haut. De son côté, Oliver Lavigilante, avec son succès enregistré lors de l’Africa Open, a prouvé qu’on pouvait compter sur lui. Toutefois, nous attendons beaucoup de ce stage au Pays de Galles. Plus d’une vingtaine d’entraîneurs et plus de cent boxeurs seront présents, et nous souhaitons que nos deux boxeurs seront encore plus performants à l’issue de ce stage. »
Rio 2016 : (Grand éclat de rire) « Si ma santé me le permet. Londres sera peut-être mes derniers Jeux Olympiques en tant que dirigeant. À Rio, j’espère tout de même me retrouver dans les gradins pour soutenir mes boxeurs. Toutefois, il est encore trop tôt pour y penser. Concentrons-nous sur cette présente édition. »