L’un en sera à sa troisième participation consécutive aux Jeux des îles et l’autre à son baptême du feu. Reste que John Colin et Christophe Otendy ont dû attendre la dernière journée du test-event international dimanche dernier afin de confirmer leur place dans la sélection finale de boxe. Enfin soulagés, mais plus que jamais déterminés, ces deux pugilistes aspirent désormais à la consécration dans les catégories -60 kg et -81 kg respectivement.

Après avoir obtenu
l’argent et le bronze, John Colin vise l’or cette fois

Que ce soit en 2011 aux Seychelles ou en 2015 à La Réunion, John Colin n’a pu franchir l’obstacle que constituait le Réunionnais Éric Dagard. Il aura cette fois l’occasion de remettre les pendules à l’heure devant son public. « Jusqu’ici, j’ai obtenu l’argent et le bronze. Il ne me reste que l’or à acquérir et je compte tout donner afin de ne pas avoir de regrets », affirme le cadet des frères Colin. Une façon selon lui de retrouver les mêmes sensations que celles ressenties lors de son sacre pour le moins inattendu aux championnats d’Afrique Elite tenus à Maurice voilà dix ans. « L’histoire peut bien se répéter. S’imposer devant son public et entendre l’hymne national, cela donne des frissons », souligne-t-il.

Cependant, John Colin a dû batailler ferme pour se retrouver parmi les dix heureux élus. Le jeune Damien Hellène lui a donné bien du fil à retordre tout au long de cette saison, et lui était même préféré lors des déplacements à Cuba et en Russie. Toutefois, il a su forcer le destin en sa faveur lors des moments cruciaux, soit les championnats nationaux Elite et le test-event international où il s’est à chaque fois imposé à la majorité des juges (3-2). « Damien s’est révélé un adversaire coriace, mais j’étais vraiment déterminé et j’avais abordé ces combats avec un moral de fer », relate-t-il. Celui qui a effectué ses premiers pas dans cette discipline sous la férule de Gilbert Mamode et Stéphane Victorine veut aujourd’hui justifier la confiance placée en eux par d’autres entraîneurs, notamment Hayder Putally, Gervais Armoogum, Ludovic Hennequin, Jean-Claude Nagloo, Richard Sunee, Judex Bazile et Roberto Ibanez. Pour lui, l’heure de la revanche va sans doute enfin sonner.

Christophe Otendy en sera à son baptême
du feu aux JIOI

Par contre, Christophe Otendy abordera cette édition des Jeux des îles comme une découverte, lui qui s’est finalement démarqué chez les -81 kg, malgré le challenge de Christopher Paul et de Dylan Antalika. « J’avais placé toute ma confiance en Dieu et je me sentais fort moralement avant d’aborder le test-event », fait-il ressortir. Si son combat face au Sud-Africain Daniel Thysse s’avérait laborieuse, il devait sortir le grand jeu lors des deux autres duels face à ses challengers pour s’offrir cette sélection tant espérée. De ce fait, il compte désormais vivre son rêve à fond. « Défendre les couleurs de mon pays à domicile et surtout devant les membres de ma famille, dont certains viennent de Mahébourg, et mes amis, cela constitue une énorme fierté. D’autant que je deviens le tout premier membre de ma famille à participer aux Jeux des îles. »

Pas le droit à l’erreur donc pour Christophe Otendy, même si l’opposition pourrait s’avérer coriace. « Je veux éviter toute pression, car tous les sacrifices encourus jusqu’ici devront porter leurs fruits. Le fait de pouvoir faire honneur à tous ceux qui m’entourent m’apporte une motivation supplémentaire. » Toujours est-il qu’il reconnaît avoir pris du galon à l’issue de ses déplacements en Afrique du Sud, à Cuba, en Russie et en Inde cette saison. « Ces échanges m’ont été profitables et m’ont sans doute permis de confirmer ma place en sélection », reconnaît-il. Un clin d’œil dans ce contexte à Roberto Ibanez pour son support, de même qu’à son premier entraîneur, Roméo Caliste, et au médaillé olympique Bruno Julie.

Quoi qu’il en advienne aux JIOI, le champion national en exercice compte persévérer et se montrer encore plus performant. Une prestation honorable lors des compétitions africaines fait partie de ses plans. À lui, de même qu’à John Colin, le respect de ne pas avoir baissé les armes et de continuer à croire en leur bonne étoile.