L’épisode des Jeux Olympiques de Londres s’est achevé pour la boxe mauricienne. Au moment du bilan, il existe certes des regrets et la sensation que les efforts consentis pendant de longs mois n’ont pas été récompensés.
Malgré les défaites d’Oliver Lavigilante et de Richarno Colin au gymnase ExCel, l’entraîneur national, Judex Bazile, estime que les résultats ont été probants au cours de ce cycle olympique de quatre ans. Richarno Colin constituait donc la dernière chance mauricienne dans l’optique d’un podium olympique.
Toutefois, le boxeur de la catégorie -64 kg n’a pu contrecarrer les intentions du Mongol Munkh-Erdene Uranchimeg, vainqueur aux points (15-12). Judex Bazile avance d’emblée que son poulain a abordé ce combat trop crispé. « Il lui a manqué le petit plus pour forcer la décision en sa faveur. Il a hésité, temporisé, et n’a mis son adversaire en difficulté qu’à la fin de chaque round. »
Selon l’entraîneur national, le fait que son adversaire est un gaucher a grandement handicapé Richarno Colin. « Nous étions au courant de cet aspect et nous étions également conscients que le Mongol est un adversaire fort mobile. Il fallait l’empêcher de se mouvoir constamment. Toutefois, trois jours n’ont pas suffi pour tout assimiler. Cela devra servir de leçon et nous devrons livrer beaucoup plus de combats face aux gauchers. »
Il n’empêche que Judex Bazile estime qu’Uranchimeg aurait dû être averti au cours de la dernière reprise. « Étant en retard au score, Colin se devait de tout donner. Cependant, les fautes commises par le Mongol l’ont déstabilisé. D’ailleurs, il aurait pu se disloquer la main et il a dû se jeter pour éviter cette blessure. »
Déçu, Judex Bazile avance tout de même que le forfait de Richarno Colin aux derniers championnats du monde pour cause de blessure a pu lui être préjudiciable. « Il aurait été plus aguerri avec un ou deux combats supplémentaires. Toutefois, il faut se faire une raison. Nous avions placé la barre à bonne hauteur, mais les objectifs n’ont pas été atteints. Il faut également admettre que le niveau est en hausse car le Maroc par exemple ne possède plus qu’un qualifié sur les huit présents à Londres. »
Alors qu’il entame le repos du guerrier pour ne reprendre ses activités dans trois mois, Judex Bazile effectue un retour sur ces quatre dernières années. « Nous avons été performants dans les compétitions continentales, aux Jeux du Commonwealth et aux Jeux de la Francophonie, soit lors de la plupart des compétitions d’envergure. Je considère donc cette prestation comme extraordinaire. »
Reste maintenant à définir l’orientation à être prise au niveau fédéral pour ce nouveau cycle de quatre ans. Avec l’espoir que le noble art mauricien sera de nouveau exact aux attentes placées en lui.