Lendo Samoisy récolte les fruits de sa persévérance et de son sens de la discipline. Après avoir échoué en demi-finales des championnats nationaux Elite de boxe la saison dernière, le pugiliste de Tranquebar s’est cette fois retrouvé sur la plus haute marche du podium dans la catégorie -75 kg. Son bonheur d’avoir atteint cet objectif longtemps désiré était amplifié avec l’obtention du titre de meilleur boxeur de la compétition. Une motivation supplémentaire pour ce jeune de 19 ans qui s’attend désormais à des lendemains encore meilleurs.
La persévérance s’avère une vertu pour Lendo Samoisy. Deux fois battu par France Augustin en l’espace de quelques mois l’année dernière, le voilà qui obtient finalement sa revanche. « Je m’étais donné à fond lors des séances d’entraînement afin de réaliser cet objectif. Je voulais prendre le meilleur de France et maintenant c’est fait. Tous les sacrifices encourus ont été récompensés. » Pourtant, ce dernier avait pris les devants dès la première reprise et possédait trois points d’avance à l’entame du dernier round. « Au début, je n’étais pas dans le combat et France accentuait la pression. Toutefois, au dernier round, j’ai vu qu’il était fatigué et j’ai alors accéléré pour prendre le contrôle du combat. » Au bout du compte, il réalisait sept points sans réplique lors de ce dernier round, renversant ainsi la situation en sa faveur.
La persévérance dont fait preuve Lendo Samoisy, qui a intégré la présélection nationale, est mise en exergue par Richard Sunee, responsable du Pôle Espoirs. Unité que le boxeur a intégré l’année dernière après avoir fait ses armes au Centre de boxe de Tranquebar sous la férule de Gaétan Runghien et Mario Othello. « Lendo a su démontrer son potentiel et fait montre de discipline. D’ailleurs, il a toujours pu respecter son poids. Gaétan m’a conseillé de le prendre sous ma charge et ce travail de patience porte ses fruits. L’essentiel demeure qu’il soit bien encadré », fait ressortir l’unique médaillé d’or mauricien aux Jeux du Commonwealth. Et aujourd’hui, le boxeur, né de parents originaires de Rodrigues, veut aspirer à des sommets, soit la consécration aux prochains Jeux des îles et la qualification pour les prochains championnats d’Afrique et les Jeux Olympiques de Rio.
La coïncidence veut que les boxeurs de Rodrigues n’ont pas toujours réussi à Lendo Samoisy. David Collet lui a barré la route vers l’or lors des championnats nationaux minimes et cadets, Merven Clair l’avait éliminé en quarts de finale des championnats nationaux Elite en 2011, tandis que France Augustin s’est révélé un valeureux adversaire. Toutefois, celui qui suit des cours de pâtisserie à la JR School a su redresser la barre, même dans les moments difficiles. « Ce n’est guère évident de gérer les cours et les séances d’entraînement. De plus, je dois travailler dans une pizzeria les samedis afin de payer ces cours. Heureusement, je peux compter sur le soutien de mes parents qui arrivent à me motiver dans les moments de doute. » Qui plus est, son exemple est suivi par son jeune frère Aldo qui, à 10 ans, a déjà deux trophées à son actif. De quoi faire la fierté de leur oncle, Claudio Tolbize, qui avait également épousé une carrière de boxeur à Rodrigues.
Reste que le quotidien sportif de Lendo Samoisy ne se limite pas qu’au noble art. Au sein de l’équipe régionale de football de l’Olympique Ste-Marie, il évolue comme milieu de terrain. À ses côtés, ceux qu’il appelle affectueusement ses soldats, Kevin Némorin et Nano Cateaux. Ce supporter de Manchester United excelle également à la guitare. Alors qu’il a trouvé son petit coin de paradis dans cette catégorie des -75 kg, le champion national demeure conscient qu’il demeure encore perfectible. « Pour être un dur, il s’agit de s’entraîner dur », insiste-t-il. Une devise qu’il compte mettre à profit lors des séances d’entraînement à Tranquebar et à Vacoas afin de justifier la confiance placée en lui par ses proches et ses entraîneurs.