La mauvaise série continue pour les boxeurs mauriciens engagés dans les championnats du monde. Après Oliver Lavigilante, éliminé lundi dernier, cela a été au tour de Ludovic Bactora et de Bruno Julie de prendre la porte de sortie dès les 32es de finale, hier après-midi au Heydar Aliyev Sports & Exhibition Complex à Baku en Azerbaïdjan. Désormais, les derniers espoirs mauriciens reposent sur les épaules de John Colin et de Kennedy St. Pierre, qui seront en action samedi à ce même stade de la compétition.
Champion d’Afrique en exercice chez les -52 kg et classé au 12e rang dans cette présente compétition, Ludovic Bactora avait sans doute un coup à jouer face au Pakistanais Muhammad Waseem, médaillé de bronze aux derniers Jeux du Commonwealth chez les -49 kg. Pourtant, ce n’est pas un Bactora en pleine possession de ses moyens qui a abordé ce combat.
« Ludovic était à 50% de ses capacités. Il ressentait de la fatigue après avoir fait des sacrifices pour respecter son poids lors de la pesée. D’ailleurs, il a fait jeu égal au premier round, avant de connaître un passage à vide par la suite », concède l’entraîneur national, Judex Bazile.
C’est ainsi que Muhammad Waseem s’était retrouvé légèrement en tête à l’issue de la première reprise (5-4). Bactora laissait finalement filer la victoire au round suivant, quand il était pénalisé de deux points, suite à un avertissement public pour tête baissée.
Avec six points de retard (4-10), le boxeur mauricien se trouvait devant une tâche herculéenne à l’entame de la dernière reprise. Certes, il jouait son va-tout, mais le combat se terminait dans une certaine confusion. Bactora recevait un coup alors que l’arbitre avait demandé l’arrêt du combat. Toutefois, il était compté et le gong final devait retentir tout de suite après. Le score était alors de 14-7, mais le verdict devait être officiellement un RSC (referee stops contest).
Au bout du compte, Judex Bazile affirme que le coup était jouable. « Ludovic a été victime de certaines circonstances, notamment l’avertissement qui a joué contre lui. Je persiste à croire que le Pakistanais était prenable ». Quoi qu’il en soit, Waseem a obtenu son visa pour le prochain tour où il affrontera le Mexicain Elias Emigdio, vainqueur d’Azat Usenaliev, représentant du Kirghizistan.
De son côté, Bruno Julie doit se faire une raison. Son palmarès déjà éloquent ne sera pas enrichi d’un titre de champion du monde ou d’un podium mondial. Pour ses deuxièmes Mondiaux, le médaillé olympique a chuté aux points (9-12) face au Suédois Bashir Hassan Salad, huitième de finaliste aux derniers mondiaux à Chicago.
Excès de confiance ou manque d’entraînement depuis le retour des Jeux d’Afrique, suite à une blessure à l’épaule ? Toujours est-il que Bruno Julie a toujours couru après le score au cours de ce combat. 2-3 au premier round, 7-10 lors de la deuxième reprise et 9-12 à l’arrivée : il peut certainement nourrir quelques regrets.
« Bruno a sans doute manqué de repères au début face à un adversaire mobile et gaucher. Il a certes fait bonne impression lors des deux derniers rounds, mais cela n’a pas été suffisant », fait ressortir Judex Bazile. Le Suédois défiera l’Algérien Mohamed Amine Ouadahi, champion d’Afrique en exercice, au stade des 16es de finale.
Toutefois, ces deux boxeurs devront vite remettre l’ouvrage sur le métier. En avril de l’année prochaine au Maroc, ils joueront leur dernière carte dans l’optique d’une qualification olympique. Entre-temps, John Colin et Kennedy St. Pierre tenteront de sauver les meubles samedi lors de leurs confrontations face à l’Algérien Alderkader Chadi et au Lithuanien Vladimir Milovskij.