Les aspirations étaient très hautes dans cette compétition de boxe. L’objectif prononcé par l’Association mauricienne de boxe (AMB) et par l’ensemble de ses boxeurs et entraîneurs était de terminer en tête au classement des pays. Pour ce faire, il fallait décrocher au minimum cinq médailles d’or. Finalement, Maurice n’a pris que deux médailles d’or grâce à Ludovic Bactora (-52 kg) et Richarno Colin (-64 kg), cinq d’argent et trois de bronze. Car, hormis le fait de boxer contre un adversaire, les Mauriciens ont trouvé sur leur chemin des juges qui ne maîtrisaient pas la situation et qui ont infligé un sérieux coup au moral à 15 jours des Jeux d’Afrique, prévus du 3 au 18 septembre à Maputo, au Mozambique.
Peut-on vraiment dresser un bilan lorsqu’on sait que la sélection nationale n’a pas eu toutes ses chances ? « Ces Jeux prennent fin sur un goût d’inachevé. Nous avons le sentiment d’avoir eu à combattre non seulement les adversaires, mais également les juges. Tout ceci n’était pas sous notre contrôle et je suis vraiment très déçu. Nous avons eu une très bonne préparation et nous étions confiants de pouvoir bien faire. Malheureusement, au lieu de repartir satisfaits, nous repartons avec un sacré coup au moral. J’espère que nous pourrons redorer notre blason dans 15 jours aux Jeux d’Afrique », déclare Judex Bazile, l’entraîneur national.
Il y a de quoi être déçu, voire révolté, vu la façon dont la Fédération seychelloise de boxe a organisé ce tournoi. Il y a eu d’abord l’absence de juges qualifiés, que le camp mauricien n’a pas manqué de faire ressortir avant même le début de la compétition. Mais rien n’y fit. Le niveau de l’arbitrage a été médiocre et le premier Mauricien a en faire les frais est Rodney Prosper, lequel a impressionné plus d’un en dominant légèrement l’expérimenté réunionnais Emmanuel Payet. Pourtant, Prosper a récemment changé de catégorie, passant des -81 kg aux -91 kg. À une poignée de secondes de la fin, le Mauricien menait par un point et, inexplicablement, il perdit le combat par… un tout petit point.
Bruno Julie a également eu à faire face à l’incompétence des juges en tombant devant le Seychellois Andrique Alissop chez les moins de 56 kg, et ce, malgré le fait d’avoir boxé intelligemment, et d’avoir enchaîné des enchaînements incalculables. Malheureusement pour le Mauricien, les juges en avaient décidé autrement. Idem pour John Colin chez les moins de 60 kg qui, malgré le fait d’avoir bousculé le Réunionnais Éric Dagard, perdait le combat de trois points (17-20). Tout simplement révoltant.
Oliver Lavigilante a également eu à faire face aux caprices des juges en perdant face au Malgache Lalaina, alors qu’il devait ouvrir la voie à ses camarades en boxant en premier. C’est dire que les conditions n’étaient pas réunies pour permettre aux sept boxeurs en finale d’aller au bout de leur objectif.
Ce qui est encore plus grave, c’est que cette équipe a pris un sérieux coup au moral à 15 jours des Jeux d’Afrique. L’entraîneur national espère maintenant galvaniser ses troupes afin de pouvoir rebondir et aller surtout chercher une qualification pour les Jeux Olympiques de 2012 à Londres (Angleterre), à l’issue des championnats du monde de Baku (Azerbaïdjan) le mois prochain.