À 19 ans, Jonathan Ramchurn symbolise la nouvelle vague de la boxe mauricienne. Lui qui avait jusqu’ici échoué en finale des championnats nationaux Elite est cette fois parvenu à ses fins.
Il a toujours trouvé sur sa route Richarno Colin dans la catégorie -64 kg. D’où sa décision d’évoluer cette fois dans la catégorie supérieure, soit celle des -69 kg. Un choix judicieux qui a permis au pugiliste de Camp Diable de décrocher son premier titre national et d’être de surcroît désigné meilleur boxeur de la compétition. « Cela a été une agréable surprise. Je ne m’y attendais certainement pas. D’autant que j’ai eu un parcours difficile dans cette compétition », fera ressortir Jonathan Ramchurn.
Reste que cette double récompense est dédiée à son père qui se remet d’une opération, à sa mère et à son entraîneur régional, Pascal Telvar, qui a su guider ses premiers pas dans cette discipline voilà cinq ans, et aux entraîneurs nationaux Judex Bazile et Richard Sunee. « Ce sont des gens qui m’ont toujours soutenu, malgré les difficultés et qui ne cessent de m’encourager », lâche-t-il, reconnaissant.
Toujours est-il que cette saison n’avait pas débuté sous de bons auspices pour Jonathan Ramchurn. Pressenti pour être du déplacement en Hongrie dans le cadre du Bocksai Memorial, il avait dû déclarer forfait en raison d’une blessure à l’arcade sourcilière subie lors d’un test-match. Ce n’était finalement que partie remise.
Lors des championnats nationaux, il a soif de revanche sur le sort et ressent cette envie de prouver son potentiel. Et ce, même si en finale il trouve sur sa route le chevronné Jonathan Sutton. « Ce fut certainement le combat le plus dur et je me suis même retrouvé au tapis au troisième round. Je me suis ressaisi et j’ai pu gérer le combat jusqu’au bout. Au cours de cette finale, je me suis d’ailleurs donné à fond », relate celui qui a récemment terminé ses études au Keats College.
Cette consécration ouvre désormais de nouvelles perspectives à Jonathan Ramchurn. Surtout avec en ligne de mire la dernière épreuve qualificative en vue des Jeux Olympiques de Londres. Une qualification qu’il compte obtenir à force de volonté et d’abnégation. Lui qui a déjà l’expérience d’une compétition d’envergure lors des championnats du monde jeunes en Azerbaïdjan deux ans de cela. Il avait alors chuté d’entrée face à un Gallois.
Cette fois, ce sera un Jonathan Ramchurn beaucoup plus mûr et conscient de ses possibilités qui se lancera à l’assaut de cette échéance continentale. « Je ne fais pas face à un problème de poids et c’est déjà une satisfaction. Il s’agira maintenant que les sacrifices encourus aux séances d’entraînement portent leurs fruits », souhaite-t-il. Ne dit-on pas que la fortune sourit aux audacieux.