Samuel Kistohurry

Au sein de l’équipe de France de boxe, deux représentants ont jusqu’ici décroché leur qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Il s’agit de Billal Bennama et de Samuel Kistohurry. Ce dernier a la particularité d’être né de parents mauriciens et de posséder ainsi la double nationalité. Originaire de Bordeaux et sociétaire du club de Pessac, ce boxeur de la catégorie -57 kg a concrétisé son rêve lundi dernier lors du tournoi qualificatif européen tenu à la Copper Box Arena à Londres en disposant en huitièmes de finale du Belge Vasile Usturoi. Et ce, après avoir pris le meilleur du Roumain Robert Jitaru au tour précédent. Il s’est ainsi retrouvé parmi les huit qualifiés de cette catégorie, avant que la compétition ne soit suspendue sur décision du comité organisateur.

La carrière de Samuel Kistohurry aurait pu prendre un autre itinéraire et il aurait pu défendre les couleurs mauriciennes. L’histoire retiendra qu’en mars 2015, ses parents avaient écrit à l’Association mauricienne de boxe afin que leur fils intègre la sélection locale pour briguer la qualification en vue des Jeux Olympiques de Rio l’année suivante. D’autant que la France avait déjà un qualifié dans cette catégorie en la personne de Khedafi Djelkhir, qui avait émergé lors des combats comptant pour l’AIBA Professional Boxing (APB). Ce sujet avait alors fait débat au cours d’une réunion de l’instance fédérale locale et plusieurs membres s’étaient prononcés contre cette participation, arguant que Yannish Hurpersad et Olivier Laverdure possédaient le potentiel requis pour briller dans cette catégorie. Ils brisaient alors l’objectif du jeune boxeur, considéré déjà par la presse française comme un « surdoué » et qui avait déclaré : « Je possède la double nationalité. Je peux aussi me qualifier pour les Jeux Olympiques par la filière mauricienne. »

Ce coup du sort ne devait pas accabler Samuel Kistohurry, qui possédait déjà à son palmarès les titres de champion de France cadets, juniors et seniors. Depuis, il n’a cessé de s’affirmer et sa qualification pour le rendez-vous de Tokyo n’a pu que réjouir son entraîneur, Mohamed Jamai. « Samuel possède une boxe fluide et rapide, et également un bon coup d’oeil », affirmait-il. Aujourd’hui, le boxeur de 25 ans a déjà livré trois combats chez les professionnels et il s’est avéré supérieur à ses compatriotes Jérôme Ham Choueng et Sofian Bellahcene, de même qu’au Belge Geram Eloyin. Trois succès acquis aux points.
Il a également été membre des Fighting Roosters dans le cadre des World Series of Boxing (WSB) et a enregistré cinq victoires en sept sorties. Celui qui a connu des débuts victorieux au niveau international face au Russe Nikita Fedorchenko en 2010 possède actuellement 47 victoires à son palmarès. S’il n’avait pu franchir le premier tour des championnats du monde l’année dernière, étant battu par le Colombien David Segura par décision majoritaire (2-3), il a pu se retrouver en finale du Tournoi de Debrecen avant sa participation au tournoi qualificatif olympique.

Quart de finaliste aux Jeux européens l’année dernière, Samuel Kistohurry parviendra-t-il à briller aux Jeux Olympiques ? En tout cas, son rêve de pouvoir participer à cette grand-messe du sport mondial s’est déjà matérialisé. De quoi rendre fiers son père et sa mère, originaires de Vacoas et de Beau-Bassin respectivement. Pour lui, la course vers les sommets est déjà engagée.