Le président de l’Association mauricienne de boxe (AMB) sort de ses gonds. Rajiv Rajcoomar ne digère pas les propos tenus à son égard par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, dans la presse écrite et sur une radio privée. D’où la tenue d’un point de presse vendredi dernier au cours duquel il a dit sa part de vérité.
D’entrée de jeu, Rajiv Rajcoomar a situé les enjeux. « Ce point de presse est apolitique. Je pratique uniquement la politique sportive de ma fédération. Je n’ai aucun problème relationnel avec Devanand Ritoo, mais je considère qu’il est mal entouré, mal conseillé. Je maintiens que nous allons vers la mort lente du sport. »
Concernant le fait que l’AMB n’aurait pas avisé le MJS du déplacement de quatre boxeurs aux championnats du monde Youth en Arménie, il a rétorqué, preuves à l’appui. À savoir que le calendrier de la saison avait été officialisé et circulé depuis le début de cette année, que cette compétition figurait parmi les neuf priorités de cette saison dans le budget prévisionnel et qu’un dossier avait été soumis au MJS un mois avant le coup d’envoi de la compétition. Un dossier qui, à son avis, est demeuré dans un tiroir.
Rajiv Rajcoomar soutient que l’AMB aurait subi des pénalités de la Fédération internationale de boxe en cas de forfait à cette compétition mondiale. Et ce, du fait que les entrées avaient déjà été soumises. Par ailleurs, il s’insurge contre certains propos de Devanand Ritoo à son égard. « Venir déclarer que je fais preuve d’hypocrisie et que je m’approprie la paternité des performances des boxeurs est à mon sens inapproprié. Moi, je ne vole pas la vedette avec des séances photos à l’aéroport au retour des boxeurs. Il existe finalement un manque de considération du MJS à l’égard des dirigeants des fédérations qui ne sont que des bénévoles. »
Le président de l’AMB avance également qu’il est devenu « le bouc émissaire » quant à la prestation des boxeurs aux derniers Jeux des îles et aux Jeux Olympiques de Londres. Et de préciser : « Tout le monde sait que les règlements de la fédération internationale n’avaient pas été appliqués aux JIOI, avec l’absence d’arbitres neutres et de délégué technique. Pour ce qui est des Jeux Olympiques, nous ne sommes pas condamnés à décrocher des médailles à chaque occasion vu le niveau élevé de la compétition. » Il se demande alors pourquoi le ministre n’a pas évoqué les derniers Jeux d’Afrique et championnats d’Afrique qui sont plus importants que les JIOI et au cours desquels les représentants locaux avaient particulièrement brillé.
Rajiv Rajcoomar souligne également que toutes les conditions n’ont pas été réunies pour que les boxeurs mauriciens soient à la hauteur aux Jeux Olympiques. « Quand une demande pour un budget spécial avait été faite au MJS pour la préparation, on nous a répondu que la priorité était les Jeux des îles de 2015. Par contre, l’ancien ministre des Sports, Sylvio Tang, était à l’écoute et nous avait accordé un stage de trois mois pour préparer les JO de Beijing. Les résultats avaient alors suivi. »
Concernant les derniers championnats d’Afrique au Cameroun, il souligne que les Mauriciens auraient pu être exclus de la compétition en raison d’une erreur administrative au niveau du MJS. Il a fallu des démarches urgentes auprès de la Western Union afin que la situation puisse être rétablie. Le président de l’AMB, tout en dénonçant ceux qui veulent semer la zizanie au sein de sa fédération, a finalement souhaité que le MJS ne s’ingère pas dans les affaires de la fédération. Comme cela a été le cas pour des pays asiatiques et africains qui ont été au bout du compte suspendus par la fédération internationale.