Richarno Colin tient sa revanche. Cette défaite face au Marocain Abdelhak Aatakni lors du tournoi qualificatif continental en avril dernier lui était restée en travers de la gorge. Au gymnase ExCel à Londres hier soir, le boxeur mauricien a remis les pendules à l’heure en disposant de ce même adversaire aux points (16-10) au stade des 16es de finale de la catégorie -64 kg.
Le succès de l’aîné des frères Colin ne souffre d’aucune contestation. D’autant que le verdict a été en sa faveur tout au long des trois rounds remportés sur les scores de 6-4, 5-4 et 5-2. Ce sera donc avec une confiance décuplée que Colin abordera le prochain obstacle dimanche matin à 12h45 (heure de Maurice) face au Mongol Munkh-Erdene Uranchimeg. Ce dernier s’est révélé supérieur au Tchèque Chladek Zdenek (20-12), tout en remportant également les trois rounds.
Dans le camp mauricien, ce succès est accueilli avec énormément de satisfaction, surtout après le revers subi par Oliver Lavigilante lundi. « C’est comme une délivrance », affirme d’emblée l’entraîneur national, Judex Bazile. D’ailleurs, le champion d’Afrique en exercice paraissait détendu dans le tunnel, avec à ses côtés ses entraîneurs Jean-Claude Nagloo et Judex Bazile.
Ce sera ainsi au galop qu’il s’élancera vers le ring. Comme pressé d’en découdre et de chasser à jamais de vieux démons. Au bout du compte, il aura réussi son pari lors de ce combat arbitré par le Turc Yasar Linar, avec comme juges un Vietnamien, un Indien, un Hongrois, un Ouzbek et un Bulgare. Face à Aatakni, qui misait sur une garde fermée, Richarno Colin a néanmoins pu trouver l’ouverture.
Judex Bazile soutient ainsi que le Marocain a été pris à son propre piège. « Le fait que Richarno s’est retrouvé avec deux points d’avance à l’issue de la première reprise a obligé Aatakni à changer de tactique. Il a ainsi dû éviter le corps à corps pour évoluer à distance. De ce fait, Richarno en a profité pour évoluer sur un faux rythme et placer quelques accélérations. »
L’entraîneur national se réjouit également que les consignes ont été suivies à la lettre. « Il fallait éviter les mêmes erreurs commises au Maroc. Richarno se devait de toucher régulièrement la cible, d’attaquer et d’évoluer ensuite sur des contres. Cette tactique a fonctionné à merveille. »
Rapide et vif face à un adversaire contraint de se livrer au dernier round, Colin se contentait alors de gérer à travers des contres. Son succès était également apprécié au niveau du site de la Fédération internationale de boxe. « It was hugely impressive, mainly in the first two rounds. Colin gave precise body shots to opponent’s kidneys. Colin’s superior shot-making was cheered by a huge section of the packed arena. His uppercuts came piercing Aatakni’s defences repeatedly. »
Ce sera donc un Mongol qui croisera le fer avec le Mauricien. « Un gaucher qui possède une certaine expérience et qui est très mobile sur le ring », analyse Judex Bazile. À partir de demain, le travail plus intensif sera axé sur ce combat, avec également la projection des vidéos de Uranchimeg. Et ce, après de la récupération en matinée d’aujourd’hui et une séance d’entraînement légère en cours d’après-midi.
Quoi qu’il en soit, on se permet de rêver. D’ailleurs, dans sa course vers le podium olympique à Beijing, Bruno Julie n’avait-il pas disposé d’entrée d’un Africain, à savoir un Ghanéen. Et si l’histoire se répétait…