Il était somme toute celui sur qui étaient fondés les meilleurs espoirs mauriciens en vue d’un podium olympique. Toutefois, le rêve du boxeur Richarno Colin de rejoindre Bruno Julie au palmarès s’est écroulé samedi au gymnase ExCEL à Londres. Engagé en huitièmes de finale de la catégorie -64 kg, il s’est incliné aux points (12-15) face à l’expérimenté Mongol Munkh-Erdene Uranchimeg. Ce dernier remportant les trois rounds par un point d’écart (4-3, 6-5 et 5-4).
Tout comme en 2008, Richarno Colin n’a pu franchir ce cap des huitièmes de finale. De ce fait, pour un nouveau podium olympique quatre ans après Beijing, il faudra repasser. Certains avaient sans doute placé la barre trop haut, mais il demeure un fait qu’une hirondelle ne fait pas toujours le printemps.
Richarno Colin, au vu de son remarquable parcours réalisé la saison dernière et suite à son succès au premier tour face au Marocain Abderak Aatakni, avait certes les atouts pour permettre de continuer à rêver.
Mais voilà, le Mongol a prouvé que son rang parmi les meilleurs mondiaux n’est nullement usurpé. Lui qui en est à sa troisième participation à une édition des Jeux Olympiques et qui affrontera le Britannique Thomas Stalker en quarts de finale lors d’un combat décisif pour une place sur le podium. Stalker a de son côté pris la mesure de l’Indien Manoj Kumar (20-16), malgré une folle remontée de son adversaire lors de la dernière reprise.
Pour en revenir à Richarno Colin, tout porte à croire qu’il n’a pas réalisé le meilleur combat de sa carrière. Trop crispé ou trop de respect pour son adversaire ? Toujours est-il que Colin n’a pas réellement emballé le combat arbitré par le Français Francis Beuchet face à un adversaire qui a de nouveau fait parler sa mobilité et qui a su faire la différence sur des contres.
Qui plus est, le staff technique mauricien savait qu’une éventuelle avance prise à l’issue de la première reprise était primordiale pour la suite des événements. Cependant, le scénario était tout autre, et le représentant mauricien était alors contraint de courir après le score. Et ce, même si l’écart était insignifiant.
Il n’empêche que Richarno Colin n’a pas pris suffisamment de risques par la suite. Il lui aura manqué le grain de folie qui lui aurait permis de bousculer davantage Uranchimeg et de renverser la tendance. Ce dernier contrôlait ainsi la situation, et avec deux points d’avance à l’entame de la dernière reprise, il pouvait gérer la situation. D’ailleurs, cette dernière reprise voyait le Mongol s’accrocher à son adversaire qui arrivait difficilement à placer ses coups. Tant et si bien qu’Uranchimeg maintenait son avance jusqu’au bout.
De son côté, Colin pouvait quitter la compétition la tête haute avec toutefois quelques regrets. À 25 ans, il sait que l’avenir lui appartient encore et que des lendemains encore meilleurs l’attendent.