Philippe Hao Thyn Voon, président du Conseil international des Jeux des Îles de l’Océan Indien (CIJ) et du Comité Olympique Mauricien (COM), a tenu un point de presse vendredi (au siège du COM), revenant sur les incidents qui ont marqué ces 9es Jeux à La Réunion. Notre interlocuteur a ainsi fait la chronologie des évènements, relatant en long et en large comment le CIJ a tout mis en oeuvre pour sauver ces Jeux qui se sont déroulés « sur un volcan », comme l’indique notre interlocuteur. Sauver les Jeux en ne prenant aucune sanction ? C’est à n’y plus rien comprendre.
Le président du CIJ est d’emblée entré dans le vif du sujet avec le désistement des Comores. « Je ne m’attendais pas à vivre pareil JIOI avec autant d’incidents. Au début quand j’en parlais à mes collègues, j’avais la conviction que tout se déroulerait très bien, sans anicroches . Mais j’étais loin de me douter de la tournure des évènements », a-t-il fait ressortir. L’affaire Comores/Mayotte aura polarisé l’attention jusqu’au bout. « Je savais qu’il y aurait un souci au moment du défilé de la cérémonie d’ouverture. Le Comité d’Organisation des Jeux des Iles de l’Océan Indien (COJI) avait décidé que Mayotte défilerait ensemble avec La Réunion et que l’île soeur porterait la bannière de France Océan Indien. Ce qui demeure une entorse à la charte des Jeux car Mayotte devait défiler sous le drapeau du CIJ », indique PHTV.
Il soutient, « Quand nous avons fait part au COJI ainsi qu’au président du Comité Régional Sportif Olympique (CROS), Jean-François Beaulieu, que ce défilé allait créer une tension, il nous a clairement spécifié que nous étions à La Réunion et que les intructions venaient de France. À l’heure du défilé, les Comores se sont donc retirés de la cérémonie d’ouverture. Le ministre français de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner m’a d’ailleurs fait part que c’était un manque de respect envers la France et que c’était un gros problème diplomatique. Le lendemain, ils ont plié bagage pour ne pas participer aux Jeux, ce qui demeure encore plus grave, occasionnant des chamboulements dans le calendrier de l’organisation. Ils ont violé la Charte ». Il précise, « Les Comoriens ont pénalisé leurs athlètes. Ils auraient pu manifester leurs mécontentements autrement mais pas en arriver jusque-là ».
« Lors des compétitions, nous avions l’impression de jouer contre la France et non face à La Réunion et ce n’est pas normal. On m’a clairement fait comprendre que les ordres venaient d’en haut. Il était aussi convenu que La Marseillaise serait joué en cas de première place mahoraise. Pour que cela cesse, il aurait fallu utiliser la méthode forte et que tous les pays participantes se désistent. Mais nous ne voulions pas en arriver là car ce serait les athlètes qui auraient été pénalisés ». Philippe Hao Thyn Voon spécifie clairement qu’il fallait prendre une décision pour sauver ces Jeux. « Il a été alors convenu qu’aucun hymne national ne serait entendu sur les différents sites de compétitions. Cette décision, prise à l’unanimité, a, je le sais, fait beaucoup de mécontents. Nous n’avions pas le choix. Nous étions sur un volcan. Il fallait impérativement prendre une décision car les Jeux aurait pu prendre fin avant la date prévue. Nous nous devions coûte que coûte de terminer ces JIOI ».
Madagascar songeait également à se retirer quand une de ses athlètes, à savoir Marthe Ralisinirina (sacrée au 3000 m steeple) s’était vu enlever violemment son drapeau par Catherine Paoli, responsable du protocole. « Le COJI a envoyé une lettre officielle pour présenter ses excuses aux Malgaches qui se sont alors ravisés. Nous avons désamorcé la bombe. La deuxième étant que Madagascar ne s’est pas retiré des Jeux, même si l’ordre avait été transmis par son président de la République. Nous avons évité le pire. Que serait des JIOI sans Madagascar ? Il ne faut pas oublier que Maurice, La Réunion, les Seychelles et la Grande île sont les piliers des Jeux ».
Rien de concret pour les Comores en vue de 2019
En ce qu’il s’agit de l’organisation des Jeux de 2019 par les Comores, PHTV a fait ressortir que rien de concret n’a été présenté à la réunion du CIJ par le chef du cabinet du bureau du président et ministre de la Défense comorienne. « Nous voulions des confirmations. Mais nous n’avons rien reçu comme documents. Il n’a fait qu’un discours et nous a demandé de lui accorder les 10es Jeux. Le CIJ a exigé des documents en bonne et due forme mais il ne pouvait rien noux proposer. Nous les avons donc invités à se retirer avant de leur accorder un délai final et ce, jusqu’au 20 octobre. A partir de là, le CIJ prendra une décision », fait part Philippe Hao Thyn Voon. Autant dire que rien n’est encore décidé dans la course à l’organisation des Jeux 2019. « Le temps nous le dira », affirme-t-il.
Ce dernier fait d’ailleurs ressortir que le plus important sera d’amender la charte des Jeux, notamment en ce qui concerne le problème de nationalité. « Le CIJ n’a pas de pouvoir de sanction. Il faudrait donner plus d’autorité à l’institution et moins aux pays organisateurs pour que tout se passe bien. Dans ce présent cas, la Charte ne prévoit aucune sanction envers les pays qui ne respectent pas les règlements ». C’est à se demander à quoi peut bien servir cette Charte ? À la question de savoir si ces ‘Jeux de la honte’ avaientt entaché à jamais la ferveur et l’engouement, le président du CIJ et du COM a clairement indiqué que « Non! Tous les JIOI ont leurs lots d’incidents. Certes, il y a beaucoup de choses qui auraient pu être évitées mais les athlètes mauriciens n’ont pas été perturbés par tout ce remue-ménage. Ils ont donné le maximum en remportant pas moins de 66 médailles d’or. Une performance incroyable. Il faut que les JIOI se poursuivent », a conclu PHTV.