Malgré les lois et la surveillance supposément effectuée par les garde-côtes, le braconnage se fait quotidiennement dans les lagons de Maurice. Du nord au sud, de nombreuses espèces de poissons, de crustacés ou de concombres de mer (bambaras) sont victimes de pêche illégale, parfois par ignorance de ceux qui la pratiquent, mais souvent au vu et au su des autorités.
Des pêcheurs à la senne qui utilisent leurs filets tout au long de l’année alors que la saison de pêche autorisée est de mars à septembre, des inconscients qui collectent des dizaines de kilos de bambaras dans les lagons, des poissons juvéniles pêchés avant d’avoir pu se reproduire pour assurer la pérennité de leurs espèces et des activités de pêche pratiquées dans des zones non autorisées : le braconnage fait partie du quotidien.
À Pointe aux Sables, hors de la saison de pêche à la senne, on peut souvent voir des gens en train de s’y adonner sans être inquiété par les garde-côtes qui, il faut le souligner, ne sont pas souvent visibles. “Lasenn pase tout long lane dan Moris. Zame ena fermtir lasenn”, s’insurge un amateur de pêche de la région. Une déclaration loin d’être exagérée, comme en témoignent ceux qui se rendent en bord de mer régulièrement à travers l’île. “Je vois souvent des gens en train de placer ou retirer les filets hors de la période de pêche autorisée. Ils le font en pleine journée parfois, mais c’est souvent la nuit que je les aperçois. Si je peux les voir, je ne comprends pas comment les autorités peuvent l’ignorer”, confie un habitué de la plage du Morne. Même constat à St-Martin dans l’ouest ou à Grand-Gaube dans le nord.