Arrêté en décembre 2013 dans le cadre d’une affaire de fraude à la Bramer Bank en 2011, Me Rouben Mooroongapillay était poursuivi pour possession d’objet volé et pour n’avoir pas émis de reçu pour ses honoraires de conseiller légal pour la somme que lui aurait remise Sadek Kotoaroo, le père de Younous Kotoaroo, un banquier impliqué dans le détournement de Rs 80 millions au préjudice de la banque. Le magistrat Alvin Joypaul a accédé hier à sa demande pour une radiation des charges. « Il y a une seule vérité et c’est cette vérité qui a triomphé », a déclaré Me Mooroongapillay au Mauricien.
Dans sa motion, l’homme de loi de Me Rouben Mooroongapillay avait soutenu que son client n’avait jamais perçu d’honoraires provenant de pratiques frauduleuses et qu’il n’y avait pas de preuves, le seul élément étant la version du père de Younous Kotoaroo, qui avait porté plainte contre l’avocat. Le DPP, pour sa part, n’a pas objecté à la motion. Face à ce développement, le magistrat a accédé à la demande de l’homme de loi.
Me Mooroongapillay avait été arrêté dans le cadre de l’enquête du Central CID dans l’affaire de détournement de Rs 80 millions au préjudice de la Bramer Banking Corporation. Me Mooroongapillay s’était retrouvé dans cette situation compromettante, la police soupçonnant que les Rs 1,9 million réunies par Sadek Kotoaroo pour assurer la défense de son fils Younous, recherché par le Central CID fin août de l’année dernière, provenaient d’un détournement de fonds.
Dans sa version, Sadek Kotoaroo avait fait état de « enn bwat larzan ki dan larmwar mo garson ». Lors de ses premières explications à la police, le père du banquier avait déclaré que, vu que les honoraires réclamés étaient de Rs 2 millions, il s’était rendu au rendez-vous fixé avec Me Mooroongapillay avec une somme de Rs 1,5 million. Il aurait été reçu dans les Valayden Chambers, ajoutant que la somme de Rs 1,5 million avait été vérifiée personnellement par Me Mooroongapillay. Sadek Kotoaroo devait par la suite se rétracter par voie d’affidavit au sujet des explications sur les paiements effectués sans aucun reçu, avançant qu’il avait été contraint par la police à faire cette déposition. Dans une déclaration au Mauricien, il dit se réjouir que la vérité ait finalement triomphé. « Il est temps de revoir cette pratique de provisional charge. Cela m’a causé beaucoup de préjudices et peut nuire à la vie d’une personne. Heureusement que le bon sens du DPP a prévalu », dit-il.