Un chapitre épineux et délicat de l’écroulement de l’empire du Chairman Emeritus de BAI, Dawood Ajum Rawat, est clos de manière forcée depuis hier matin. En effet, les Assets de la Bramer Banking Corporation Ltd (In Receivership) ont été transférés sous le contrôle de la National Property Fund Ltd en vue d’assurer en partie le financement de la première tranche de Zero-Coupon Debentures des Super Cash Back Gold. Le Handing-Over entre le Receiver de la Bramer Bank, Gerald Lincoln, Country Manager d’Ernst & Young, nommé par la Banque de Maurice, et le Special Adminstrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Yacoob Ramtoolal de BDO, s’est déroulé, hier matin. D’autre part, l’exercice de Due Diligence, exécuté par le Preferred Bidder de la clinique Apollo-Bramwell, se poursuit avec de nouveaux consultants d’Omega Ark Investment plc attendus ce week-end pour mettre au point le Final Bid pour la reprise.
Tout semble indiquer que « Game is Over » pour la Banque de Maurice, qui a systématiquement objecté au transfert des Assets de la Bramer Banking Corporation Ltd (In Receivership) sous le contrôle du Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities. En fin de semaine, le coup de massue est venu du Solicitor General’s Office décrétant qu’après la révocation de la Banking Licence de cette entité du groupe BAI, la Banque centrale ne pouvait plus afficher de prétention sur les avoirs de celle-ci et que les dispositions de la section 115 de l’Insurance Act doivent prévaloir sur la section 65 du Banking Act.
Ce recours au Legal Advice du Solicitor General’s Office était devenu nécessaire suite à des objections formelles de la Banque de Maurice sous forme de correspondance au gouvernement objectant à la décision du Conseil des ministres à cet effet il y a une quinzaine de jours. L’on notera que c’est l’une des rares cas où une institution conteste une décision du Conseil des ministres même si dans certains, d’autres ont été renversées. Ainsi, après des Protracted Exchanges au niveau des conseils légaux des parties en présence, notamment ceux de la Banque de Maurice, la firme Ernst & Young n’a eu d’autre choix que de se plier aux directives du Conseil des ministres même si son Principal n’est nul autre que la Banque de Maurice.
Dans la matinée d’hier, des préposés du Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities avaient fait le déplacement au siège d’E &Y au Nexteracom Tower à Ebène au terme d’un arrangement préétabli. Tous les dossiers des « Toxic or Unpaid Loans » sont désormais avec le Special Adlministrator avant d’être remis à la National Property Fund Ltd pour des réclamations en bonne et due forme. En sus des dossiers, une somme de l’ordre de Rs 400 millions a été récupérée pour le compte de la National Property Fund Ltd, de même que les Hire Purchase Books de Courts, évalués entre Rs 600 millions et Rs 1 milliard. Ces recettes devront venir alimenter la cagnotte contenant déjà Rs 525 millions suite à la vente du complexe Kapu Kai à Grand-Baie et de BA Exchange.
Avec ce transfert des Assets de la Bramer Banking Corporation Ltd, les autorités seront appelées à combler un trou de Rs 2 milliards au niveau de la MauBank. Lors d’un transfert précédent de la Bramer Bank à la National Commercial Bank, les Assets bancaires étaient évalués à Rs 14 milliards alors que les Loans and Advances n’étaient que Rs 12 milliards. Le trou de Rs 2 milliards devait être comblé sous forme de Receivables de la Bramer Banking Corporation (In Receivership), même si des spécialistes affirment que cette opération était quasi impossible en pratique même si elle était acceptée sur papier.
Avec le transfert de ces Loans à la National Property Fund Ltd pour le paiement des Policy Holders de BAI, affecté par les Ponzi-Like Schemes, la MauBank, qui a pris sa relève de la National Commmercial Bank, ne peut plus compter sur ces entrées comptables. Ces mêmes sources avancent que le gouvernement n’aura d’autre choix que de procéder à une nouvelle injection de capitaux au sein de Maubank, qui a déjà bénéficié de Rs 4,4 milliards de fonds publics lors de l’étape de sauvetage de la Mauritius Post and Cooperative Bank et de la National Commercial Bank Ltd en début d’année. Aucune des sources officielles approchées par Week-End n’a voulu se prononcer sur cette éventualité.
Au chapitre de la reprise de la clinique d’Apollo Bramwell, les prochains jours devraient préciser la configuration du Dea, (Rs 2,2 milliards), qui sera présenté par le groupe Omega Ark Investment plc. Avec de nouveaux consultants attendus ce week-end, les derniers détails du Business Plan devront être mis au point.
Un rendez-vous de premier plan est prévu pour cette semaine avec les représentants syndicaux des employés de la clinique, en particulier les dirigeants de la Confédération des Travailleurs du Secteur privé (CTSP), Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo. Le principal item à l’agenda, la restructuration inévitable du personnel et la nécessité d’un plan social dans la conjoncture, alors que le contrat de l’actuel Chief Operating Officer de la clinique, Thomas Matthew, arrivera à expiration demain…