En marge des derniers développements au sujet des honoraires allégués de Rs 1,5 million versés le 22 août 2011 d’un montant global de Rs 2 millions lors d’une séance de travail aux Valayden Chambers, le Central CID a initié un exercice complet d’audit trail des transactions financières de la famille Katoaroo. Le principal point de départ de cette vérification demeure le montant de la ‘lump sum’, dont avait bénéficié Sadeck Katoaroo en avril 2011 au moment de son départ à la retraite en tant que peintre du ministère de l’Infrastructure publique affecté à la State House. Dans un premier temps, les affidavits et autres documents bancaires versés par les membres de la famille Katoaroo dans le cadre de la Mareva Injunction obtenue par la Bramer Bank Corporation de la Cour suprême au lendemain de la découverte du détournement de Rs 80 millions. Par ailleurs, Me Rouben Mooroongapillay, qui est actuellement en convalescence, ne sera convoqué par le Central CID qu’après examen complet des documents pour la suite de l’enquête. C’est ce qui a été communiqué ce matin à son conseil légal, Me Gavin Glover.
Dans l’affidavit juré jeudi dernier, où il s’était rétracté en ce qui concerne les allégations à l’encontre de Me Rama Valayden au sujet des honoraires d’hommes de loi, Sadeck Katoaroo précise les sources du montant de Rs 1,5 million remis à Me Mooroongapillay en contestant le fait que cette somme proviendrait des « Proceeds of the Embezzlement ». La somme de Rs 1,5 million est expressément mentionnée dans ce document légal, rédigé par Me Kaviraj Bhokoree, avoué.
« The fees of counsel were agreed upon and I made counsel understand that I will pay them from my savings, from my lump sum and that I would borrow from my relatives. Money also came from the sale of a car and my son’s money that he kept in his wardrode », soutient Sadeck Katoaroo dans sa dernière version des faits. A partir de là, une escouade du Central CID a été constituée pour passer au crible ces détails.
L’un des premiers éléments intéressants les enquêteurs dans le cadre de cet “audit trail” demeure le premier affidavit juré par Sadeck Katoaroo, et rédigé par les soins de l’avoué Y. Appado en date du 25 novembre 2011. Dans ce document, le père du banquier, cerveau de la fraude à la Bramer, justifiait une acquisition immobilière d’une valeur de Rs 1,6 million à Saint-Pierre. Sadeck Katoaroo était jusqu’à avril 2011 un fonctionnaire du ministère de l’Infrastructure publique avec des salaires nets de Rs 11 312,69.
« Following my retirement I obtained a lump sum of about Rs 600 000 – out of which I used the sum of Rs 400 000 – through an office cheque to purchase the said immoveable property for in and consideration of Rs 1 625 000 and the balance saw financed by my son (Younousse Katoaroo) through a laon », avoue Sadeck Katoaroo dès le 29 septembre 2011 et le 25 novembre 2011. Sur la base des Judge’s Orders, qui devront être sollicités de la Cour suprême au terme des dispositions de la loi, le Central CID procédera à une réconciliation de ces premiers détails au sujet de l’utilisation de la lump sum et les dernières révélations au sujet du paiement des Counsels’ Fees.
Les retraits bancaires effectués par Sadeck Katoaroo au cours de la même période seront également passés en revue afin de mettre à l’épreuve la version du 24 octobre courant. Les enquêteurs du Central CID tenteront également d’établir les contributions des différents membres de la famille en vue de venir en aide aux Katoaroo.
Les deux autres facteurs clé dans la collecte de Rs 1,5 million demeurent les recettes provenant de la vente d’une voiture et du montant se trouvant dans la « bwat larzan » en possession de Sadeck Katoaroo lors de sa visite aux Valayden Chambers. Le Central CID devra confirmer si la voiture supposément vendue n’avait pas été achetée au préalable avec les fonds détournés de la Bramer Bank de même que l’argent placé dans l’armoire de Younousse Katoaroo.
Les Katoaroo semblent être très familiers avec les « bwat larzan ». Bibi Fariyaal Bolaky, l’épouse de Younousse Katiaroo, avait également en sa possession une « bwat larzan » avec une somme de Rs 100 000, qui avait été saisie ultérieurement par le Central CID dans le cadre de l’enquête. Elle a fait ces révélations de son propre gré dans un affidavit rédigé par l’avoué Bebakur Rampoortab en date du 21 novembre 2011.
L’épouse de Younousse Katoaroo confirme que, du 12 au 20 août 2011, elle avait effectué un voyage d’agréments en Malaisie en couple. « Whilst we were in Malaysia, Nabeel Katoaroo (my brorther-in-law) remitted a box containing Rs 100 000 to my brother. On 31 August 2011, my brother remitted the said box to me as he had been told  and that same was mine. I could confirm same as Nabeel Katoaroo was in police custody. The said parcel remained in my custody. Following my arrest by CCID officers on 16 September 2011, I accompanied the police to my father’s residence and I voluntarily remitted the said box with the sum of Rs 100 000 », a-t-elle fait comprendre en novembre 2011. Elle devait s’appesantir sur le fait que « prior to my arrest and interrogation, I was not aware about the tainted origin of the said sum of money ».
A ce stade, aucune indication n’est disponible afin de savoir si le Central CID compte ou non convoquer de nouveau Younousse Katoaroo pour une Further Statement à la suite de son affidavit du 28 octobre en vue d’obtenir des compléments d’information sur la source des fonds se trouvant dans la « bwat larzan » confiée à son père lors de l’échange téléphonique du vendredi 19 août 2011.
« I agree that I gave instructions to my father to find a lawyer. I also agree that I gave instructions to my father to take money from my savings box to pay a lawyer. My father does not know the true origin of the money that was kept in the said box and I never told him », soutient Younousse Katoaroo.
D’autre part, ce matin, Me Mooroongapillay, qui est encore en convalescence, a dû pousser un ouf de soulagement. Le Central CID lui a fait comprendre, par le truchement de son homme de loi, qu’il sera convoqué pour la reprise de son interrogatoire qu’à la conclusion de l’examen des documents soumis lors de son interrogatoire fin de la semaine dernière.
Par ailleurs, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a, dans un communiqué, confirmé qu’une enquête sur le détournement de fonds de Rs 80 millions au préjudice de la Bramer Banking Corporation est déjà en cours. D’ailleurs, Younousse Katoaroo, ancien employé de cette banque, a déjà été interrogé en mars et avril derniers. L’ICAC affirme que son enquête s’articule sur d’autres dispositions de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act que la section 5. Mais aucune des sources officielles n’a voulu confirmer le moindre détail de cette enquête, plaidant la confidentialité des procédures.