Faut-il se réjouir de la décision du Cabinet des ministres ou fait-il au contraire se révolter? C’est la question que se pose Alix Perrier, 59 ans habitante de Plaine des Roches qui mène un combat acharné contre les autorités et la firme Aérowatt (Maurice) qui a obtenu, en octobre 2010, le feu vert pour implémenter un parc éolien dans la forêt de Bras d’Eau. Six mois après, cette même forêt a été décrétée parc national le 15 avril 2011. Vendredi 5 août 2011, le Cabinet des ministres a confirmé l’accession de Bras d’Eau au statut de parc national. Qu’aviendra-t-il du projet d’éolienne dans cette forêt? C’est à cette question que nous attendons une réponse claire et nette du GM et du ministère de l’environnement.
Cette décision réaffirmée au conseil des ministres et qui sonne apparement le glas pour le parc éolien d’aerowatt  ne laisse pas l’océanographe et ingénieur en environnement, Vassen Kauppaymuthoo insensible. Ce dernier avait ouvertement réclamé la révocation de l’Environement Impact Assessment (EIA) approuvée en faveur d’Aérowatt, telle qu’exprimée dans notre édition, du 24 juillet dernier.
Bras d’Eau et Mare Sarcelles Reserves ont été reproclamés, vendredi 5 août Bras d’Eau National Park sous le Wildlife and National Parks Act en qui veille à protéger les réserves naturelles du pays. La forêt de Bras d’Eau sont, selon le ministère de l’environnement les habitats de plusieurs spécimens d’oiseaux rares  notamment les petites hirondelles, le Picpic et l’endemic « flycatcher » sérieusement menacés d’extinction.
Mais selon les spécialistes, il existe aussi une autre espèce d’oiseau connu comme le Coq des bois qui ne figure pas parmi les espèces cités dans le communiqué du Conseil des Ministres mais que l’on retrouve surtout à Bras d’Eau. L’inquiétude est grande parmi les amis de la nature  pour le Coq des bois qui est une espèce endémique à Maurice. Cet oiseau, indique Vikash Tatayah, Conservation Manager à la Mauritius Wildlife Foundation a connu un déclin considérable ces dernières années, sauf à Bras d’Eau qui a une population stable. « En 1990, un sondage a révélé que la population des Coqs des bois s’élevait à 78 paires. A ce jour, le nombre exact n’est pas connu mais il faut réactualiser ces données avant de poursuivre avec le projet« , précise le Conservation Manager. Il intervenait aussi lors, de notre édition, du 24 juillet dernier.
Hormis la faune à Bras d’Eau il existe aussi une orchidée, native de surcroît appelée « Onnelia Aphrodite. » Si Vassen Kauppaymuthoo se conforte à cette confirmation, d’autant que le site est un Environmentally Sensitive Area (ESA) et accueille favorablement cette initiative, il reitère néanmoins qu’Aérowatt doit revoir sa position. « Cela démontre que les autorités ont à coeur de protèger notre biodiversité et sauvegarder nos « environmental assets et notre patrimoine de l’environnement pour les générations à venir », dit-il. 
Toutefois, l’ingénieur en environnement insiste que l’entreprise française doit revoir son projet et appliquer le principe de précaution. Ce principe explique-t-il, s’applique quand des risques existent bien que, scientifiquement, ils n’ont pas été démontrés. « La rotation des hélices sont connues pour éffaroucher les oiseaux d’où la raison pour laquelle il n’y a pas des projets de grande envergure à Rivière Noire également parc national », indique-t-il. Selon l’expert en environnement, Aerowatt devrait réouvrir son dossier et stopper les travaux pour ses éoliens jusqu’à qu’une étude appronfondie soit effectuée. « Les risques existent bel et bien même si des contre-études ont été faites. Il faut agir avant que des répercussions irréversibles ne soient causées », soutient-il. 
Engagement du gouvernement
Pour Vassen Kauppaymuthoo, le statut de la forêt de Bras d’Eau est une occasion idéale pour le gouvernement mauricien de démontrer son engagement pour une île Maurice Durable.  Même si les parcs éoliens s’inscrivent dans la logique de réduire notre dépendance sur l’energie fossile, il ne peut se mettre en place pour faire des dommages irréversibles à l’environnement et en particulier à la faune et la flore. Comme le souligne notre interlocuteur, l’emplacement choisi pour implémenter ce projet qui consiste en 18 éoliennes de 1 MW chacune pose problème. « C’est l’occasion de venir montrer au peuple mauricien qu’un EIA licence n’est pas définif, qu’il peut à tout moment être révisé et révoqué comme le prévoit la loi surtout quand les risques sont collossaux », maintient-il.  
A ce jour, le partenaire mauricien, Cyril Oudin avance que l’allocation des terres ne pose pas problème, aujourd’hui, car le site choisi est celui réservé par l’Etat pour le 2e aéroport qui n’est pas prévu avant les 20 prochaines années. « Ceci permet de valoriser une petite partie du terrain pendant cette période et, au-delà de celle-ci, les éoliennes seront démontées et le site rendu dans son état initial si le gouvernement souhaite construire un second aéroport« , avait -il soutenu récemment. Un argument qu’Alix Perrier, citoyenne habitant à la lisière de la forêt, et qui à travers Week-End, en autres, ne cesse de contester pour que ce projet ne voit pas le jour, afin de préserver la forêt, sa faune et sa flore. Mais aussi pour la santé des habitants des localités avoisinantes. 
Cette amoureuse de la forêt voit sa santé se détériorer chaque jour avec un lot supplémentaire de stress. Alix Perrier attend de récupérer pour aller de l’avant avec le combat commencé en 2010. Elle se dit septique et ne comprend pas comment d’un côté l’on peut reconnaître la richesse d’un site et de l’autre permettre qu’on le dénaturise. Ses démarches s’étant avérées vaines jusqu’ici, Alix Perrier compte demander une rencontre avec Osman Mohamed, cordinateur de l’implémentation du concept Maurice Ile Durable (MID). Ce dernier apprend-on, a reçu la semaine dernière Cyril Oudin et le président français d’Aerowatt qui était en déplacement à Maurice. Nous n’avons pu joindre Osman Mohamed au téléphone pour connaître sa position sur ce projet d’éolien à Bras D’eau. Entretemps, elle lance un ultime appel aux autorités dont le ministère de l’Environnement pour annuler ce projet et trouver un site alternatif. Ses propos sont rejoints par Vassen Kauppaymuthoo qui, maintient que la carte maîtresse, est entre les mains du gouvernement. « Que les autorités lancent un message bien clair. La loi prévoit d’annuler un EIA licence. Si le gouvernement n’agit pas, c’est qu’il se décharge de ses responsabilités envers la population mais aussi envers les générations futures », affirme-t-il, ne mâchant pas ses mots. 
Des voix de plus en plus nombreuses commencent à s’élever du pays mais aussi de l’étranger pour évoquer les effets néfastes de l’éolien sur un environnement protégé. Certains d’entre elles demandent au Premier ministre, Navin Ramgoolam, de faire preuve de la même détermination du même bon sens qui étaient siennes pour lorsqu’il a stppé le projet de la route de la vallée de  Ferney. Il y va de la pérennité de certaines espèces d’oiseaux et de plantes endémiques. Un héritage que l’on doit conserver intact pour les générations futures.