Chassés le 10 octobre – suivant la Notice to Squatter que leur a servie le ministère de Terre et du Logement les sommant de “pull down and remove the C.I.S structure therefrom within forty-eight (48) hours of service of the present notice” –, les Beach Traders de Flic en Flac ont repris du travail sur la plage. Le ministre leur a accordé un sursis, le temps de leur trouver une nouvelle zone en un lieu qui ne gênerait pas le public. Si Abu Kasenally a été clair sur la question, “c’est mon ministère qui contrôle les plages”, reste que le flou persiste chez les Beach Traders installés à travers l’île, suivant les propos du ministre à l’effet que “la grande lessive a commencé.” Quel sera notre avenir? demandent-ils, estimant avoir été induits en erreur par la Beach Authority, plus précisément son directeur Subash Seeruttun qui leur a clairement spécifié “alé alle ranzé toi, moi ki pe dir toi ale ranzé.”
«Les ti dimoun ne devraient pas payer pour les pots cassés de la Beach Authority.” C’est ce qui ressort de la réunion tenue en début de semaine dernière entre l’Association des Beach Traders et le ministère des Terres et du Logement ainsi que celui de Collectivités locales. Décision a ainsi été prise pour que les Beach Traders de Flic En Flac – sommés de vider les lieux, la semaine dernière – puissent continuer à opérer encore quelque temps sur place. Ceux qui avaient plié bagage à la suite de l’ordre d’éviction que leur a servi, le 10 octobre, le ministère des Terres et du Logement sont ainsi revenus dès cette semaine sur la plage de Flic en Flac en attendant que le ministère trouve une solution à ce problème de développement sauvage sur les plages de l’île. Pour l’heure, le ministère planche sur des zones qui seraient attribuées et, selon nos informations, afin que les Beach Traders ne gênent pas les pique-niqueurs, l’option de les déplacer en face des plages est privilégiée. Cependant, reste la question de structure. C’est d’ailleurs l’objet du bras de fer entamé entre le ministère des Terres et du Logement et la BA.
En effet, en octroyant leur permis d’opération aux Beach Traders, la BA leur donne également le droit d’ériger des structures. D’où le grand nombre de cabanons en fer de toutes les couleurs, placés sur des briques, sur nos plages. Si dans un premier temps, le ministère estimait qu’il s’agissait d’une prérogative que s’étaient arrogé les Beach Traders, tel n’est pas le cas, car cette clause est mentionnée dans le contrat que la BA fait signer aux Beach Traders lorsqu’elle leur accorde des permis. Selon ce contrat, il est clairement stipulé aux Beach Traders que “Your attention is drawn that the Board of the Authority has approved the following :- i) a standard prototype structure (if applicable) to carry out your trading activities on public beaches (A design plan with description of the structure is attached for your guidance).”
Au ministère des Terres et du Logement, on estime ce contrat “misleading” et qui équivaudrait à ce que l’espace occupé par les Beach traders soit un espace loué à bail. Or, a affirmé Abu Kasenally, “c’est mon ministère qui contrôle les plages.” Il souligne, d’ailleurs, que “sans qu’un espace ait été déproclamé, personne ne peut s’y installer, que se soit avec l’accord de la BA ou pas. C’est un espace public et seul le ministère des Terres et du Logement détient la prérogative de déproclamer un bout de terrain.”
Le ministre ayant soutenu que “nou pe coumans par mett lordre dans désordre”, le flou ainsi persiste quant à la liberté qu’a prise la BA d’accorder ces espaces aux Beach Traders et de leur permettre d’y installer des structures quasi permanentes. D’autant que sur les contrats accordés aux Beach Traders, la BA stipule clairement quel type de structure ils doivent ériger pour effectuer leur commerce, selon les dispositions de la BA. Contrat qui permet aux Beach Traders d’être raccordés au CEB. Alors que certains observateurs parlent d’abus de pouvoir de la part du directeur de la BA, Subash Seeruttun, lui riposte que les permis octroyés par la BA relève de la décision du Board de cette instance. Board sur lequel siège un préposé du ministère des Terres et du Logement, rappelle-t-il. 
Le bras de fer est ainsi entamé entre le ministère des Terres et du Logement et la BA. À qui donc la faute de ce développement sauvage? Le ministère des Terres et du Logement ne veut pas se prononcer. Pour l’heure, il préfère étudier les possibilités de relogement des Beach Traders dans des zones spécifiques qui ne gêneraient pas les pique-niqueurs. Du coup, décision a également été prise pour geler une cinquantaine de permis récemment octroyés par la BA mais pas encore délivrés aux Beach Traders. Selon nos informations, les autorités envisagent de trouver une solution dans le long terme pour tout ce qui relève de la responsabilité de la BA. Certains estiment que cette instance devrait être dissoute…