Après pas mal de prises de position de la part de certains commentaires sur le « simagre » électoral en cours, je me suis retenu jusqu’ici vis-à-vis de l’indécence des professionnels de la politique. Ça suffit, « acha ba, bas ! ». C’est un devoir de citoyen de le répéter et pour reprendre le titre : le MMM est mort politiquement avec cette nouvelle alliance pour avoir une place au « Soleil » du pouvoir. Ce parti avait déjà renié depuis belle lurette une de ses nobles revendications avec « cette réalité : il faut tenir compte des  …  de la campagne », sous prétexte de communalisme « scientifique », argument repris par les « aboyeurs, pitbull, bouledogues ou autres roquets sans amour-propre…… » Ils n’ont rien d’autres que le souci de revenir au pouvoir, soi-disant pour « le bonheur » du peuple. Un bon maître retrouvera la fidélité de son chien, même si celui-ci aura reçu des coups injustifiés. « Donn li enn ti bout lezo, ek li pou ramas so lake ». A moins que nous, citoyens de cette République, ne soyons pas mieux, nous aussi, que des cabots à suivre aveuglément les habitués des « kes savon » pour haranguer les « ti dimounn, lepep », l’argent du grand capital ou argent « black » aidant.
Le scénario est simple pour ces partenaires/ennemis de « je t’aime, moi non plus », depuis pas mal d’années : la ville pour nous et la campagne pour vous. La logique du Ptr (surtout depuis notre Indépendance) a toujours été la même. Les tentatives du MMM et autres MSM/PMSD de renverser cette tendance n’ont jamais été sincères et convaincantes. Et les élections se sont toujours déroulées sur une base communale. Le Ptr s’était en effet transformé dans le « noubanisme : beki zis bann la mem (les blancs) ki pou manze, be nou, nou bann … » Pas nécessairement le petit peuple mais la bonne crème qui, elle, sait distinguer les intérêts de leur classe quelle que soit son origine ethnique. « Lepep », lui, vient après, « pou bann ti bout ti bout ».
On ne peut pas se tromper dans le deal actuel des démagogues qui hurlent à un « tsunami » de 60-0. Faire de la politique active, c’est être bon démagogue. Tout un art ! Une bonne partie de ces « artistes » de l’opposition, (où sévissent les mêmes acteurs « roder bout zot si, sipoze defander lintere lepep ») n’a pas, ne fait pas et ne fera pas mieux. Paul Raymond Bérenger a toujours rêvé de reprendre le flambeau du vrai Parti travailliste, autrefois progressiste jusqu’à être membre de l’Internationale dite Socialiste encore aujourd’hui. Navin en sait quelque chose, d’autant que ses relations proches avec Ségolène Royal (Ministre dans l’actuel gouvernement français), elle aussi parmi les piliers de cette Internationale, lui permet de jouer avec ce pion quand il en a besoin.
Mais où en est le Ptr d’avant SS Ramgoolam ? Avec ce dernier, le Ptr va se jeter dans les bras du secteur privé et des pressions internationales (notamment, de la France : revoyez la cérémonie sacrant ce bouffon de Jean Bedel Bokassa « Empereur » où SSR est en première ligne (1)). C’était un signe net et clair de l’alignement de notre pays, face aux néo-colonialistes. Là où le Ptr est, je dirai, moins hypocrite, c’est que toute son évolution « post-indépendance » est restée constante : vers le communalisme pour gagner les élections. On ne pouvait et ne peut donc pas se tromper sur la marchandise. Depuis ces dernières 30 années, cela n’a pas changé et l’évolution du pays, heureusement, a pu se faire sans heurts meurtriers, même si parfois, je tremble à l’idée que « la moindre étincelle peut mettre le feu à la prairie ». Et cela s’est avéré vrai !Mais le MMM, quand bien même ?
Et je ne rajoute rien de plus à des angoisses imaginaires. Oui, il y a de plus en plus de mariages inter-communautaires, même si le prix à payer est cher pour ces jeunes qui défient le conservatisme des parents restés dans « l’obscurité » du racisme. Il est vrai que le MMM, à une certaine époque, a contribué à cette évolution : « enn sel lepep, enn sel nasyon ». Malgré les erreurs et les atermoiements (et les aboiements !!), on pouvait accorder un certain crédit à PRB, le bosseur. J’entendais un de ses aboyeurs parler de lui « comme ayant consacré plus de 40 années de sa vie à la politique ». Quel sacrifice ! A un certain moment, il a failli y laisser sa vie. Pas lui seulement d’ailleurs, bien d’autres aussi. Mais qu’a-t-il fait du MMM aujourd’hui qui nous demande de regarder vers l’avenir et d’oublier le passé ? « To pa onte, enn ti pe lamour prop pena ? »
Il y a certaines circonstances dans l’histoire où l’on peut appliquer cette philosophie : « du passé, faisons table rase ». Mais, en général, c’est du passé que l’on apprend pour se diriger vers l’avenir. Dans le contexte actuel, c’est justement du passé que l’on peut comprendre et apprendre. Malheureusement, et c’est triste, les clébards de l’opposition « officielle » ne feront pas mieux. Du pareil au même, ils ont existé sur cette base communale « pu kapav madja karo ansam ». Copier / Coller, comme on dit. Il faut contribuer à éliminer ces « Pitbull de la politique » et c’est pourquoi il faut féliciter Navin qui aide PRB à s’enterrer politiquement.
Le communalisme n’est pas mort, principalement à cause d’eux. Je suis mauricien avec une culture imprégnée de l’Occident, de ses grands penseurs et philosophes, de la grande sagesse de l’Inde millénaire, de la joie de vivre de l’Afrique malgré ses malheurs révoltants et inacceptables depuis l’époque coloniale, de la Chine qui a subi les atrocités des fanatiques japonais et qui a mis la femme chinoise debout alors que, avant l’arrivée du Parti Communiste au pouvoir elle était « clouée » avec ses pieds bandés (la Chine, pas celle des affairistes liés à la corruption). Je l’ai acquise à partir de la prise de conscience politique de ma jeunesse mauricienne. Nous avons cette chance unique de pouvoir réunir tout cela dans ce pays. Revendiquons la, cette chance, par un rejet massif du communalisme.
Les jeunes qui se présentent en ce moment doivent être aidés, avec l’espoir qu’ils sortiront victorieux, dans un état d’esprit de vrai mauricien, sans tabou. Et notre pays avec. Certains affirment que ce n’est que quand on est à l’étranger que l’on se sent « mauricien » mais que dès que l’on rentre au pays ……. Ces jeunes sont, pour la plupart, sincères et veulent se débarrasser de cette meute d’aboyeurs. Si je peux, ne serait-ce que prétendre (et je dis bien : seulement prétendre) être candidat dans une circonscription comme Triolet/Pamplemousses, et si nos aboyeurs avaient sincèrement contribué à éradiquer le fléau communal, je dirai que notre pays aura beaucoup avancé vers une vraie République mauricienne.
(1) selon Wikipedia : Jean-Bedel Bokassa1 (né le 22 février 1921 à Bobangui, petit village de la préfecture de Lobaye – mort le 3 novembre 1996 à Bangui) est un ancien président de la République centrafricaine (1966-1976), autoproclamé empereur sous le nom de Bokassa Ier de l’Empire centrafricain (1976-1979), et je rajouterai avec notamment l’aide de la France.