Anwar Rahmuth, accusé provisoirement de meurtre, avait logé une motion de remise en liberté conditionnelle devant la Bail and Remand Court (BRC). Sa demande a été rejetée par la magistrate Diya Beesoondoyal, qui a conclu après avoir analysé les raisons d’objection de la police, qu’une remise en liberté comporte des risques trop élevés pour la société.
Anwar Rahmuth devra rester en détention et l’enquête policière doit être bouclée au plus vite. C’est ce qu’a conclu la magistrate Diya Beesoondoyal dans l’énoncé de son ruling à la BRC. La police avait objecté à la remise en liberté en avançant trois raisons : 1) il risque d’interférer avec des témoins potentiels, 2) il risque de commettre un autre délit et 3) pour sa propre sécurité.
Le cadavre de la victime, Chandan Seetah, avait été découvert dans la matinée du 20 août 2013 à son domicile. Deux couteaux et une barre en bois avaient été sécurisés sur les lieux. Le rapport d’autopsie a attribué la cause du décès à un « stabbed wound on his chest and (…) multiple injuries on his chest, hands and fingers, as well as abrasions on his back and knees ». L’enquête policière avait mené à l’arrestation d’Anwar Rahmuth. Lors de son interrogatoire, il devait admettre avoir poignardé la victime et qu’il avait pris la fuite par la suite. Un des enquêteurs, venu témoigner en cour, devait indiquer qu’un premier rapport du Forensic Science Laboratory (FSL) a statué qu’il y avait d’autres personnes sur le lieu du crime et qu’un autre rapport du FSL en relation avec des tests ADN effectués devrait être soumis incessamment. Le demandeur, pour sa part, a fait ses excuses en cour et a soutenu qu’il respecterait les conditions de sa remise en liberté qui seraient imposées par la cour si sa motion est accordée. La magistrate devait prendre en considération le fait que l’enquête policière n’est pas encore complétée et que selon l’enquêteur, d’autres personnes auraient été sur les lieux du crime et n’ont pas encore été appréhendées. Elle a déduit que vu la gravité du délit, le demandeur a « a powerful incentive to interfere with witnesses likely to give evidence against him ». Elle a ainsi trouvé qu’il y avait un vrai risque que le demandeur interfère avec les témoins potentiels. Quant au risque de commettre un autre délit, la magistrate a pris note que le demandeur n’est pas à son premier délit et qu’il n’a pas appris de ses erreurs. Elle devait conclure qu’une remise en liberté conditionnelle pourrait être un danger pour la société. De plus, elle a noté que le demandeur vit dans la même localité que la victime et qu’il se pourrait qu’il soit pris à partie par les habitants. Toutefois la magistrate devait rejeter cette raison, trouvant que la police n’a pas de preuves pour démontrer qu’il a été agressé ou aurait reçu des menaces de quiconque. De ce fait, la magistrate a statué qu’une remise en liberté ne serait pas bénéfique pour la société. Toutefois elle a réclamé que la police boucle son enquête au plus vite étant donné qu’Anwar Rahmuth est détenu depuis août 2013.