Le magistrat Seetohul a, dans un ruling rendu ce matin, rejeté la demande de remise en liberté conditionnelle qu’avait déposée Marjorie Bazerque, il y a une dizaine de jours. Pour le magistrat, la détention prolongée de celle-ci, directice d’Emidore Trading Company Ltd, qui est provisoirement accusée d’entente délictueuse, est justifiée, étant donné l’étendue de l’escroquerie dans laquelle elle serait mêlée.
D’après les faits de cette affaire, la police a ouvert une enquête suite à la réception de nombreuses plaintes qui  émanaient des membres du public et des institutions financières légalement constituées, à l’effet que la société Emidore aurait escroqué de grosses sommes d’argent totalisant environ Rs 300 millions. Ces sommes ont été collectées auprès d’investisseurs potentiels, qui avaient été convaincus de pouvoir doubler leurs investissements dans un laps de temps relativement court, soit de trois à six mois.
L’enquête a révélé que depuis que la compagnie Emidore a été incorporée le 24 avril 2011, Marjorie Bazerque a agi comme l’unique administratrice. Elle a été la seule personne à prendre des décisions, malgré le fait que le dénommé Dominique Appajee était le directeur officiel. Ce qui a abouti à l’arrestation de la prévenue, ainsi que celles de son mari, sa soeur.
Trois autres co-accusés sont toujours recherchés par les enquêteurs. Marjorie Bazerque a nié l’accusation logée contre elle, tout en admettant qu’elle a convaincu avec succès des gens à investir gros dans Emidore. Elle a été arrêtée le 25 avril 2013 et provisoirement accusée, outre la charge de conspiracy to defraud, de blanchiment d’argent.
Lors des débats sur la motion, l’inspecteur Ajhoda, enquêteur principal dans cette affaire, a donné quatre raisons pour lesquelles la police objectait à ce qu’elle soit relâchée: 1) applicant is likely to tamper with evidence or interfere with witnesses, or otherwise pervert the course of justice ; 2) applicant is likely to fail to surrender to justice or appear court as and when required ; 3) applicant if released may commit an offence other than one punishable by a fine ; et 4) there is a risk for the personal security of applicant. »
Elaborant sur les points avancés, l’inspecteur Ajodha a d’abord fait remarquer qu’on avait affaire à un « white collar crime bearing intricate money trail and forensic expertise » tant localement qu’internationnellement. « Le transfert d’argent peut être effectué rien qu’en cliquant sur une souris et, de ce fait, la police pense qu’il y a un risque réel que la détenue interfère avec des témoins potentiels et rende ainsi difficile tout effort entrepris pour retracer l’argent. No money has been recuperated at all of the Rs 300 millions and although the bank account has been frozen it contains only Rs 1 million », a-t-il expliqué.
De plus, le témoin a été d’avis que, puisque tout l’argent a été caché, la détenue, si elle est relâchée, risque de s’en servir pour prendre la fuite.
Après avoir analysé tous les faits de l’affaire, les appréhensions de la police et les garanties données par la détenue, le magistrat, en prenant pour exemple les principes appliqués par la Cour suprême, dit que « when weighing on the one hand the sacrosanct right to liberty and the right to presumption of innocence, of applicant and on the other hand the public interest grounds including the protection of society, this Court is of the view that the balance tends not to tilt in favour of the applicant. Therefore the Court is of the view that the continued detention of applicant is amply justified for police to carry out an in-depth enquiry».