Envoûtant, magique. Mais aussi désespérant, quelquefois. Le Brésil, c’est le contraste, le gigantisme, l’art de la démesure. Un pays où tout est automatiquement décuplé, tant dans la beauté des sites que dans l’extravagance de ses habitants. Une terre, finalement, où la samba règle chaque geste du quotidien… pour le meilleur et pour le pire. Voyage au pays de la folie douce.
Lorsqu’on évoque le Brésil, des images de carnaval, de samba et de football envahissent automatiquement nos esprits. Comme si ce n’était que cela, finalement, le Brésil. Alors qu’en réalité… En fait, ben oui, c’est bien cela, le Brésil. En tout cas, c’est ainsi que le décrivait mon père, qui aura décidé un jour de quitter sa belgitude pour poser ses valises quelques années durant à Belo Horizonte pour rejoindre, plus tard, la banlieue de Rio.
Un pays de carnaval, guidé par le carnaval, réglé par le carnaval… et ne vivant que pour le carnaval. Il faut dire que le Brésil, c’est 27 États et cinq grandes régions, le tout divisé par pas moins de quatre fuseaux horaires. Autant dire un territoire dont le gigantisme n’a d’égal que la démesure de ses habitants, pour qui le carnaval, justement – tout comme le football et les telenovelas – , constitue un vital exutoire à leur vie majoritairement précaire.
Le Brésil, c’est aussi un creuset des peuples. Toutes les religions y cohabitent, même si les Brésiliens sont pour la plupart catholiques. De même que toutes les couleurs de peau, du blanc quasi transparent au noir d’ébène, en passant par tous les contrastes imaginables. Un réservoir de pluralités, un hymne à la tolérance… et, malheureusement aussi, souvent à la violence, que l’on peut aussi croiser à chaque coin de rue. En fait, un carnaval là aussi, mais d’un autre genre. Plus sanglant, morbide, celui-là même que l’on retrouve quotidiennement dans les favelas, mais pas seulement.
Dès lors, comment résumer un territoire grand comme seize fois la France et 4,200 fois Maurice, avec toute la mixité culturelle que cela comporte ? Réponse : impossible. Entre l’ordinaire des Indiens d’Amazonie, dans le Nord du pays, et la vie trépidante et surmenée des citadins de Sao Paulo, dans le Sud, il n’y a effectivement aucune comparaison. Aussi, le voyageur optant pour cette destination choisira son lieu d’ancrage en fonction de ses attentes.