Les premiers coups de semonce subis, avec la dégringolade dans le taux de change de la livre sterling par rapport à la roupie après la confirmation du Brexit, soit le retrait de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, Maurice se penche sur les paramètres en vue d’affronter les prochaines étapes cruciales. Dans les rangs de Business Mauritius, l’on se penche dans la conjoncture sur le facteur déterminant, soit l’évolution du taux de change des principales monnaies, soit dans l’ordre l’euro, le dollar américain et la livre sterling en attendant que la Grande-Bretagne ne décide de presser le Brexit Button pour enclencher le compte à rebours de deux ans prévu sous l’Article 50 du Traité de l’Union européenne. À hier, la seule indication disponible en provenance de Bruxelles est que l’Europe s’attend à voir les autorités britanniques faire le nécessaire pour activer le divorce au lendemain de l’installation du successeur de David Cameron, annoncée pour le 9 septembre, réduisant « la couverture d’attente » d’au moins un mois. Ce dernier détail dans le Brexit Calendar pourrait être au centre des délibérations de la première réunion du comité interministériel, présidé par le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, convoquée pour cet après-midi.
Dans le camp du secteur privé, plus particulièrement au sein de Business Mauritius, la préoccupation de l’heure porte sur le taux de change de l’euro, du dollar américain et de la livre sterling sur le marché mauricien. « Le taux de change de l’Euro et celui de la monnaie américaine sont des coefficients majeurs à être Doctored In dans toute Matrix Post-Brexit pour  Maurice », fait-on ressortir dans les milieux autorisés de Business Mauritius, ajoutant que tout dérapage au tableau du taux de change se traduira par des conséquences néfastes pour l’économie.
Pas de détérioration conséquente
À titre de comparaisons, en se basant sur le fait que 70% des importations et un peu moins de 60% des importations sont facturées en dollars américains et qu’environ un tiers de la valeur des exportations et un cinquième des exportations sont libellés en euros, des spécialistes se sont livrés à des prévisions dans le taux de change qui devrait protéger les intérêts de Maurice que ce soit sur le plan des Terms of Trade et des revenus publics. Les premières indications sont qu’un euro à Rs 41 et un dollar américain à Rs 36 devraient constituer une équation idéale ne générant pas de détérioration conséquente aux termes de l’échange et aux revenus de l’Etat.
Mais au tableau des Consolidated Indicative Exchange Rates publié par la Banque de Maurice, les taux de l’euro et du dollar américain sont encore loin du compte même si les taux indicatifs publiés ce matin affichent une certaine stabilité. En effet, l’euro est encore loin du seuil psychologique des Rs 41 car pour les transactions du jour, la monnaie européenne s’échange à Rs 38.8351, alors que le dollar américain est à Rs 35.0708; jeudi dernier, jour du référendum, le billet vert américain était à Rs 34.92. Dès vendredi dernier, la Banque de Maurice a tenu à rassurer le marché et les opérateurs économiques en signifiant son intention d’intervenir pour soutenir la roupie mauricienne face à des fluctuations porteuses du Brexit Virus, susceptible d’affecter l’économie.
D’autre part, le ministre des Finances a convoqué pour aujourd’hui la première réunion du comité interministériel du Brexit suite à la décision entérinée par le conseil des ministres. Cette instance s’apparente à un Mini-Economic Cabinet, vu qu’il regroupe des ministres avec des responsabilités de nature économique. Lors des délibérations, l’Input au niveau de chacun des ministères participants sera d’établir la liste des Threats and Opportunities découlant du Brexit de même que les mesures au chapitre du Way Forward pour préserver les acquis de Maurice et consolider les différents secteurs économiques.
Répondant à la deuxième Private Notice Question du leader de l’opposition, Paul Bérenger, en autant de semaines, mettant en exergue l’urgence de la situation, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a confirmé que le Brexit sera à l’agenda de la prochaine réunion entre le gouvernement et le secteur privé, dont la date n’a pas encore été précisée. Un comité technique travaille déjà sur différentes options Post-Brexit, soit cinq au total, en attendant que la Grande-Bretagne ne décide d’actionner le Brexit Button. « So far no policy maker in the UK or the EU has given any indication as to which option is the preferred one among the five options I have referred to. Moreover, the outgoing UK Prime Minister has stated that no negotiations proper will start until his successor has been appointed », devait ajouter la Grande-Bretagne.
« We have to accept reality…»
L’absence d’un Exit Plan précis de la Grande-Bretagne et l’attente de l’installation d’un successeur à David Cameron au No 10 Downing Street ajoutent à l’instabilité et à l’incertitude prévalant sur le plan économique dans le monde. Dans un premier temps à l’hôtel du gouvernement, on avait tenté de chercher refuge vu que l’Article 50 du Traité européen n’allait être opérationnel qu’en octobre prochain, avec un faux-semblant de statu quo.
Toutefois, les données risquent de changer de manière substantielle avec Bruxelles exprimant le souhait que Londres presse le Brexit Button, enclenchant le divorce, dès le lendemain de la nomination du nouveau Premier ministre britannique, fixée au 9 septembre prochain. Les réactions des leaders de l’Union européenne, après le sommet d’hier, ne sont nullement de bon augure pour Londres, qui se voit dépouillé de son statut de capitale de « clearing a crucial stage in trading of derivatives and equities ».
Cette attaque n’est venue de nul autre que le président français, François Hollande. L’édition du Financial Times du jour rapporte que le président français a déclaré que « The City, which thanks to the EU was able to handle clearing operations for the eurozone, will not be able to do them. It can serve as an example for those who seek the end of Europe?…?It can serve as a lesson ». Il faudra ajouter à cela l’attitude de la chancelière allemande, Angela Merkel, qui écarte tout exercice de Cherry Picking par la Grande-Bretagne lors des négociations. « I don’t see a way of turning this round. It’s not the time for wishful thinking but for looking at reality. We’re politicians and we shouldn’t be detained for too long by sorrow. We made our feelings clear but we have to accept reality and draw the necessary conclusions », a déclaré encore Angela Merkel après le « dernier souper » avec David Cameron, hier soir.
Une indication que les négociations du retrait de la Grande-Bretagne de l’Union européenne s’annonceraient ardues..