La première embarcation construite par Harry Jhungur a été mise à la mer la semaine dernière à Rivière Noire. Trois ans de travail à temps partiel ont mené à la conception et la construction de ce speed boat portant le label Marine Services. Spécialisé en moteurs de bateaux, formé à la mécanique l’homme est avant tout un bricoleur qui a progressé par étape. Son histoire remonte à 30 ans en arrière avec la construction d’une bicyclette.

Cette aventure qui annonce le grand air, les flots, les vagues et le soleil a pour origine un vélo bricolé par un adolescent de Belle Rose une trentaine d’années de cela. Quand il replonge dans ses mémoires pour évoquer sa passion pour le bricolage Harry Jhungur revient toujours vers cet épisode. Ce vélo construit et personnalisé à partir d’un vieux cadre lui a permis de s’élancer dans un extraordinaire voyage à travers la mécanique et le bricolage et qui l’a conduit jusqu’à P’tit Bart.

L’embarcation attendant pour sa première sortie en mer

Voguer vers son destin.

Au milieu de ces pontes de lignées nobles qui patientent sur l’ère de stationnement pour bateaux chics, P’tit Bart n’a pas à rougir. Habillée d’un rouge écarlate surmonté de blanc, les lignes droites, les chromes immaculés, l’embarcation peut elle aussi faire la fière tandis qu’elle se prépare à voguer vers le destin qu’Harry Jhungur a forgé pour elle de ses mains. Flambant neuve, affichant bonne mine et ayant définitivement de la gueule la coquine se sait le centre d’attraction du jour.

Ramenée depuis peu du Salon de l’Auto, Moto, Bato où elle avait été exposée durant le week-end elle fait la coquette. Encore quelques minutes à patienter, elle sera bientôt dans l’océan. Cette toute première trempette dans les eaux de Rivière Noire servira surtout pour les vérifications et les éventuelles retouches en attendant que les permis nécessaires soient obtenus dans quelques mois. Le P’tit Bart, comme on la surnomme en ce moment, pourra alors prendre la mer et aller vers le large et les eaux profondes propulsée par ses deux puissants moteurs.

La première partie de pêche.

Harry Jhungur peut légitimement être fier de sa dernière création, même s’il ne l’exprime pas forcément avec panache. Il le concède d’ailleurs : “Je ne parle pas beaucoup.” L’exploit, c’est surtout son épouse, Florianne, qui semble le mesurer. Cette embarcation de 6 mètres 60 par 2 mètres 30, dont le poste de pilotage est recouvert a été imaginé et conçu étape par étape par cet homme de 48 ans épaulé par son assistant à Trois Bras. Des professionnels sont intervenus quand leur expertise était nécessaire puisque Harry Jhungur a voulu d’une embarcation répondant aux normes. Radio VHS, Fish finder, musique, GPS, etc. toute la technologie a aussi été embarquée pour garantir la sécurité et être en conformité.

Pour sa toute première sortie Harry Jhungur, souhaiterait d’une balade aussi loin que possible pour une partie de pêche : “Je prendrai le matériel qu’il faut pour attraper des gros poissons. J’en ai assez des petites vielles.” Depuis l’intérêt qu’il a suscité au salon où il a été exposé l’avenir du speed boat est en suspens. S’il reste à leurs côtés il servira pour des balades, des parties de pêches et autres activités de loisirs.

Balade à vélo.

Le vélo de ses 16 ans, Harry Jhungur l’avait bricolé dans l’atelier mécanique où il travaillait les après-midis. Des pièces avaient été récupérées ici et là pour être placées sur le vieux cadre. En sus des belles virées qu’elle lui avait offertes, cette bicyclette avait inculqué le plaisir des deux roues à Harry Jhungur et la passion du bricolage.

Décidant de faire carrière dans la mécanique, il suit des cours pour se professionnaliser tout en jouant aux curieux dans les ateliers où il était affecté. En observant faire d’autres ouvriers, c’est ainsi qu’il apprit à travailler la fibre de verre. De nouvelles connaissances qui lui permirent d’habiller et de personnaliser cette moto bricolée de toutes pièces qui lui servait pour des courses sur l’autoroute aussi bien que pour transporter des sacs de ciment quand il y avait des travaux à la maison.

Customiser son camion.

La petite moto devint vite grande lorsque le père d’Harry Jhungur lui fit découvrir la vente aux enchères des motos de police. Une aubaine pour le bricoleur qui transforma les grosses cylindrées selon ses désirs pour en faire des engins personnalisés. Travaillant pour différentes sociétés, il se décida finalement à se mettre à son propre compte en 2006. Et son tout premier véhicule fut un camion customised et adaptés à ses besoins de ses mains.

Propriétaire d’un bateau depuis 2013, la mer, il avait aussi appris à la connaître en tant que spécialiste des moteurs de bateaux. Quand le propriétaire du West Coast Wake, situé à l’entrée de la route des Gorges, lui proposa un espace dans son parking de bateaux, Harry Jhungur entra de plein pied dans ce nouveau domaine. Dès lors, il commença l’entretien et la réparation des embarcations en s’appuyant sur les différentes connaissances techniques et mécaniques acquises durant sa carrière. Dans cette partie de Rivière Noire sa réputation n’est plus à faire, la qualité de son travail parlant amplement pour lui.

Tout le matériel a été installé pour le confort et la sécurité

En 2016 l’idée lui vint d’offrir une embarcation à son épouse dans l’éventualité où elle souhaiterait travailler dans ce domaine. Il passa commande pour une coque en fibre de verre et commença alors un long et méticuleux travail “que j’ai fait davantage comme passe-temps les après-midi.” Il débuta par le plancher, puis toutes les autres parties furent patiemment recherchées et placées. Les travaux ont finalement abouti il y a peu. Le modèle étant unique Harry Jhungur l’a baptisé Magnum 660. Et l’effigie de Bart Simpson dessinée fait qu’on se référer au speed boat de Harry comme : Le P’tit Bart.