Incursion sur le site du Riverland Sports Club de Tamarin où volontaires, responsables des départements artistique et écologique et chefs de groupes se rencontrent quotidiennement depuis plusieurs semaines pour la conception et la réalisation des accessoires de déco et des oeuvres supplémentaires qui seront utilisés pour The Bridge Eco-Arts Festival. Sur les lieux, nous rencontrons Françoise Gachet, chargée du département artistique, et Zoe Rozar, du département écologique, qui sont sur le rush, à moins de deux semaines de la tenue de l’événement. Chacune nous parle de son engagement et de ses responsabilités dans le projet.
C’est un soleil de plomb et une chaleur presque insoutenable qui s’abattent sur le site du Riverland Sports Club à Tamarin, où ont lieu la conception et la réalisation des travaux et des oeuvres qui serviront pour The Bridge Eco-Arts Festival. En ce jeudi après-midi, une dizaine de volontaires prête main-forte aux différents responsables des lieux. À l’entrée du site, Zoe Rozar, du département écologique du festival, travaille la terre pour en faire un beau jardin de fleurs et un potager. Plus loin, à l’extrémité du chantier, quelques volontaires s’activent dans leurs tâches. À voir ce beau monde s’activer, on devine que rien, même pas la forte chaleur, ne les découragera. Ils sont appliqués et concentrés.
 
Matériel de récup.
Rencontrée rapidement entre deux rendez-vous, Françoise Gachet, chargée du département artistique avec son époux Armand, nous explique que c’est le rush en ce moment. Ils ne savent plus où donner de la tête, alors qu’ils n’ont plus qu’une quinzaine de jours pour tout finir. Même s’ils se disent dans les temps, ils savent que le lot de travail reste important à ce jour.
Pendant que la responsable du département artistique finalise quelques détails, nous allons à la rencontre de Désiré Charles, l’un des team leaders du groupe. Visiblement, le grand chapeau que porte ce dernier pour se protéger du soleil ne lui sert pas à grand-chose. Désiré Charles transpire à grosses gouttes et semble épuisé. La tâche à laquelle il s’adonne n’est pas de tout repos. Bien qu’il soit occupé, Désiré Charles accepte de nous accorder un instant. Avec l’aide d’un volontaire, il a assemblé des tonneaux en métal sur une large planche en bois pour en faire une petite scène pour les danseurs. Tous les accessoires et oeuvres sont réalisés à partir de matériel de récupération qu’ils ont trouvé sur le site ou qu’ils ont reçu du public.
 
Galerie d’art.
Des palettes et des planches en bois, des roues de toutes dimensions, des feuilles de carton, des cordes, de la peinture, des blocs de mousse de polystyrène, des barres de fer entassés dans un coin du site : l’espace qu’occupent les helpers est un vrai chantier de couleurs. “On se retrouve dans notre désordre”, rassure un volontaire. Il faut savoir que ces derniers sont aussi accompagnés des fourmis et autres insectes géants en métal, qui ont envahi les lieux. Françoise Gachet nous explique que tous ces personnages se côtoieront dans un univers féerique et magique dans lequel le public pourra s’immiscer lors du festival. Une galerie d’art exposera également les oeuvres d’artistes de renom, étrangers et mauriciens. Sur le site, il y aura plusieurs points d’attraction qui mèneront jusqu’à la scène principale. “C’est un vrai concept qui a été mis en place. Ce sera un truc nouveau à Maurice”, avance Françoise Gachet.
Alors que le bruit de la perceuse et de la scie à bois électriques persiste, que les grincements des pinces se font de plus en plus entendre, que le parfum piquant de la colle à bois agresse les narines, nous nous rendons sur l’espace de travail de Zoe Rozar. Dans un coin, bouteilles en plastique à la main et pots de graines disposés sur le sol, Aurélie Calou et Victoria Desvaux font des semis. Du thym, de la coriandre, de la tomate : autant de plantes qui sont mises en pot. Toujours pour garder l’esprit récup, ce sont des bouteilles en plastique d’une marque d’eau locale réputée qui ont été réutilisées, coupées et adaptées pour la réalisation des semis. Une fois que les plantes auront poussé, elles seront placées dans le Green Corner, espace qui sera dédié à l’agriculture, les jours du festival.
 
Un super-jardin fourni.
Zoe Rozar, la responsable du département écologique, explique qu’une fois installé, le coin vert fera partie du parc public qui verra le jour sur le site dans les mois à venir. Tout comme le jardin, qu’elle travaille depuis janvier. À notre arrivée, Zoe Rozar mettait en terre des plantes de taro (“songe”). Chaque jour, cette dernière se rend sur le site à 8h pour ne le quitter qu’au coucher du soleil. L’idée de créer ce jardin est “pour en faire des espaces esthétiques et comestibles à la fois”.
Quand Zoe Rozar s’est rendue sur les lieux en janvier de cette année, elle était ravie de se retrouver face à une terre riche, idéale pour la culture de légumes et de fruits. Après avoir travaillé la terre, fouillé des bassins et des canaux, les premières plantes (bananiers, cresson, tournesols, salade, thym, oignons…) ont pu être cultivées. Zoe Rozar, qui est permacultrice, se dit fière et satisfaite d’avoir pu transformer cet endroit. De nouvelles plantes ont récemment été mises en terre. Elle espère très prochainement voir les melons, les betteraves, les choux, les carottes et les giraumons sortir de terre. “D’ici l’année prochaine, ce sera un super-jardin fourni.”
 
Dôme végétal.
À travers sa démarche, Zoe Rozar veut montrer aux Mauriciens que “nous avons assez de plantes qui poussent rapidement et que nous pouvons faire un compost valable qui pourrait nous suffire pour le moment. Nous avons aussi des terres riches avec plein de vers. Ce qui prouve que nous n’avons pas besoin de produits chimiques agricoles pour la culture.” À noter qu’outre le coin vert et le jardin, d’autres espaces seront aménagés pour le festival. Il y aura par exemple un dôme végétal sur lequel seront plantés des fruits de la passion. Le dragon en métal, qui a déjà trouvé sa place, servira de fontaine pour le grand jardin.
Dans ce grand chantier coloré où art et écologie se côtoient depuis plusieurs semaines, chacun trouve son bonheur. Les volontaires se donnent corps et âme dans la réalisation de leur tâche respective et vivent pleinement cette expérience de partage et d’apprentissage. Attendons les jours du festival pour voir ce que cela donnera, lorsque les effets de lumière mettront en avant la beauté de ces oeuvres réalisées par quelque 300 volontaires et leurs responsables.