Gargouillis, grincements, sifflements, craquements… Notre corps émet toute sorte de sons. Communs certes, mais aussi très étranges. Ces bruits, le plus souvent physiologiques et bénins, peuvent cependant traduire une alerte que nous transmet notre organisme. Mieux vaut donc être à l’écoute de ces “tapages” qui peuvent être des symptômes avant-coureurs d’une maladie.

Un sifflement lorsque vous respirez

Vous entendez un sifflement dans vos poumons à l’inspiration ou à l’expiration? Contrairement aux fumeurs, ces sifflements apparaissent brutalement, souvent lors d’un effort? Ce bruit, surtout à l’expiration, peut traduire une obstruction des bronches. Il est en effet probable que l’air évacué de votre estomac ou de vos poumons traverse une voie aérienne restreinte, provoquant ainsi ce sifflement. Cela n’a rien d’inquiétant à moins que vous ayez de la difficulté à respi- rer. Il pourrait alors en effet, être symptoma- tique d’allergies, d’asthme ou encore d’une bronchopneumopathie chronique obstruc- tive (BPCO). Dès lors, vos sifflements respiratoires doivent vous conduire chez votre médecin.

Des articulations qui craquent

Genoux, doigts, mains…qui craquent occasionnellement? Pas de problème. Le craquement peut être lié à des bulles d’air. Cela n’a rien d’inquiétant quand ces bruits sont provoqués par les gaz présents dans le liquide synovial, lequel est censé lubrifier les articulations. Mais lorsque ces derniers sont fréquents et associés à des douleurs, sur- tout si vous avez plus de 45 ans ou si vous avez surmené vos articulations par la pra- tique d’un sport intensif par exemple, c’est peut-être que vous souffrez d’arthrite ou d’arthrose. Dans ce cas, une radio s’impose.

Un sifflement permanent du nez

En dehors d’un rhume, si vous entendez que votre nez siffle et que ce bruit est perma- nent, et accentué lors d’un rhume ou d’une bronchite, méfiez-vous, le sifflement corres- pond habituellement à une obstruction au niveau des voies respiratoires causée par un excès de mucus couvrant les voies nasales. Un décongestionnant pour la grippe ou un antihistaminique pour les allergies peut aider. Aller voir un médecin oto-rhino-laryngo- logiste si les sifflements persistent après un trauma nasal. Il se pourrait qu’il y ait une rupture au niveau de cartilage entre les na- rines, chose qui est normalement réparable.

Un chuintement dans les oreilles

Si vous avez juste les oreilles qui bour- donnent après une surexposition aux bruits, pas d’inquiétude. Mais si vous entendez en permanence un sifflement, une sorte de battement dans l’une de vos oreilles, vous pourriez souffrir d’acouphènes. Ces derniers peuvent avoir été causés par un trauma- tisme acoustique, le phénomène normal de vieillissement de l’oreille, par une maladie de Ménière ou d’autres pathologies de l’oreille. Une trompe d’Eustache congestionnée, soit la trompe auditive reliant le nez et la gorge à l’oreille moyenne, peut aussi diminuer la réceptivité des sons extérieurs, rendant alors les bruits de bourdonnements perceptibles. Normalement, la trompe se décongestionne avec le temps. Autrement, consultez un pro- fessionnel de la santé. Une consultation ORL est de même indispensable, car la percep- tion d’un tel bruit peut être le signe d’une ar- tère à proximité de l’oreille qui commence à être dilatée ou d’une hypertension artérielle. Consultez si vous avez constaté un chuinte- ment permanent dans une oreille. Votre mé- decin vérifiera votre tension et vous fera pas- ser des examens afin de voir si vous n’avez pas une malformation artérielle.

Des grincements de dents

Votre conjoint vous a dit que vous grinciez des dents la nuit ? Vous entendez votre enfant qui grince des dents? Ce bruit est lié à une anomalie nommée bruxisme. Si le bruxisme survient de façon occasionnelle, pas d’inquiétude. En revanche, s’il devient plus fréquent, mieux vaut consulter un chirurgien-dentiste. Le bruxisme, qui n’est pas douloureux certes, peut en effet entraî- ner des complications au niveau des dents et des articulations et ainsi et abîmer vos dents.

Le ronflement : un bruit qui en dit long

C’est parfois insupportable. A peine endormi, un bruit de moteur vous extrait des bras de Morphée. Pas de chance, votre conjoint ronfle. Extrêmement communs, les ronflements sont bien souvent anodins. Ce bruit inspiratoire, émis pendant le sommeil, est dû à un relâchement des muscles. Les tissus sont mous, le pharynx se rétrécit et vibre. Et le voisinage n’est parfois pas épar- gné. Il existe beaucoup de ronfleurs simples qui ne présentent pas de troubles de santé. Cependant, attention s’ils sont bruyants et plutôt espacés, car ils peuvent en effet cacher une tendance à l’apnée du som- meil. Le ronflement de l’apnée du sommeil ne ressemble pas au petit ronflement que l’on connaît, il s’agit d’un ronflement très bruyant et spectaculaire, car il s’agit d’une reprise inspiratoire après une pause (silence complet) d’une bonne dizaine de secondes. S’il est associé à des signes du SAOS, tels que des arrêts respiratoires décrits par l’entou- rage, des réveils nocturnes fréquents – sou- vent pour aller uriner -, une somnolence au cours de la journée, des maux de tête le matin, des troubles de la concentration et de la mémoire, il faut consulter.

Les glouglous du bidon

Que vous ayez faim ou trop mangé, votre ventre vous le fera savoir. Les gargouil- lements, nés du contact entre l’air et les fluides dans votre appareil digestif sont tout à fait normaux. L’air présent dans l’intestin et l’estomac se mélangent aux sécrétions digestives et provoquent des bruits “hy- droaériques”. Ils témoignent de la bonne motricité de l’intestin”. Si ce sont des bruits aigus et douloureux ou, au contraire, si vous notez une absence totale de bruit, la situa- tion est plus préoccupante puisqu’il peut s’agir d’une occlusion intestinale. Les autres symptômes associés à cette pathologie sont un ventre dur, et le transit bloqué. Dans ce cas, voyez votre médecin.

Les gaz à gogo

Ils sont tout à fait normaux. Mais si une personne en a trop et se plaint de ballonne- ment, elle souffre sûrement d’un déséqui- libre de la flore intestinale, appelée “dys- biose”. Des probiotiques, vendus en pharma- cie, permettent de la rééquilibrer.