Le Mauritian Magician (comme on le surnommait en 2008 lors des Jeux Olympiques à Beijing) est toujours là. Malgré ses 33 piges, Bruno Julie (-56 kg) a été exact au rendez-vous lors de cette année 2011. Il a obtenu la médaille d’or aux Jeux d’Afrique de Maputo au Mozambique, une médaille d’argent aux Championnats d’Afrique au Cameroun ainsi qu’aux Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI) aux Seychelles. Assez pour faire taire les plus sceptiques.
Beaucoup étaient ceux qui le disaient fini pour la boxe, dû notamment à ses blessures récurrentes, qui l’ont longtemps pénalisé dans sa carrière d’athlète. Mais Bruno Julie, tel le phoenix qui renaît de ces cendres, a fait mentir ses détracteurs en faisant honneur au quadricolore mauricien. « Je suis un battant. Les gens ont peut-être tendance à l’oublier. Nombreux sont ceux qui ne croyaient plus en moi et qui pensaient que j’étais fini pour ce sport. Au risque de les surprendre, je suis toujours là et je le serai encore l’année prochaine. Je me suis toujours donné à 200% pour mon pays et cela ne va pas changer « , indique avec beaucoup de détermination le natif de Plaisance, Rose-Hill. Le seul médaillé olympique mauricien affirme avoir vécu une année particulière puisqu’il a pris part à ces derniers JIOI.
« C’était ma dernière participation aux JIOI et je voulais à tout prix obtenir la médaille d’or. Malheureusement, il n’y avait pas à Mahé des arbitres neutres et beaucoup de boxeurs mauriciens ont été volés et j’en fais partie. Je l’ai toujours en travers de la gorge car je constate que les JIOI ne sont plus ce qu’ils étaient. Ces Jeux sont purement politiques et ne favorisent en aucun cas la performance des athlètes. C’est le pays hôte qui décide de la tournure des évènements et je trouve cela grotesque et irrespectueux envers les valeurs qu’inculque le sport. Les athlètes en sortent découragés », souligne Bruno Julie. Le boxeur de 56 kg se concentre désormais sur une qualification pour les JO de Londres et il compte mettre tout en oeuvre pour atteindre cet objectif.
« La saison 2012 sera la dernière de ma carrière chez les amateurs, et nul doute que je voudrais mettre tous les atouts de mon côté pour être présent en Angleterre même si la tâche s’annonce très difficile. Je veux conclure en beauté », déclare-t-il. Mais pour réaliser cet exploit, Bruno maintient qu’il faut absolument avoir les moyens. « Il ne faut pas se leurrer. Il nous faut plus de moyens. Je tiens à remercier le Ministère de la Jeunesse et des Sports qui nous aide beaucoup mais il y a certaines choses qui doivent être revues surtout en ce qui concerne la boxe », soutient notre interlocuteur. Il y a premièrement, l’apport des sparring partners. « Pour progresser, il faut absolument des sparring partners. Dans le monde de la boxe, c’est ce qu’il y a de plus important. Nous ne pouvons pas nous battre contre nous-mêmes. L’apport d’un sparring partner contribue à nous rendre meilleur et à nous surpasser », affirme-t-il.