L’actualité locale foisonne. Entre la nouvelle crise que traverse le MMM et le « jackpot » de Rs 15 M à Raj Dayal, la mise en place de la commission d’enquête sur l’ex-présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, et ses liens avec l’homme d’affaires Alvaro Sobrinho, et le prix de l’or noir, qui a pris l’ascenseur, on retiendra aussi que la liste des victimes des chauffards de l’asphalte continue tristement à s’allonger…

Une autre mère de famille, Ujwantee Fekna, 50 ans, a en effet quitté brutalement les siens, les laissant déchirés et meurtris à jamais. Avant elle, une étudiante étrangère de 21 ans, la Rwandaise Nkindi Elone, ainsi que Shavin Juhla, 22 ans, et Bhimal Angan, 17 ans, ont également péri sur nos routes. La barre des 70 victimes pour les quatre premiers mois de l’année – soit environ 130 jours écoulés à la mi-mai – a été franchie. L’escalade continue de plus belle et n’augure effectivement rien de bon… Si la tendance continue ainsi, en décembre, nous aurons atteint un chiffre record de morts dans les accidents de la route. Alors comment stopper cette hécatombe ? Les propositions sont multiples. Mais l’État reste toujours muet face à ces brutales disparitions…

Brutale également a été la montée en flèche du prix de l’essence cette semaine. Mercredi matin, une foule de consommateurs a été frappée d’un coup de massue en allant faire le plein à la station-service. Cette majoration inattendue n’a pas fini de susciter la grogne. D’autant que plusieurs observateurs soutiennent qu’elle n’est pas justifiée tandis que le ministre du Commerce, Ashit Gungah, s’est pour sa part fendu d’une explication qui ne satisfait pas. Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, s’est même invité dans la polémique en annonçant qu’il déposera une motion d’annulation de cette hausse… Sans compter que cette augmentation, même si elle peut être justifiée du fait du cours mondial de l’or noir et de la détérioration constante des relations entre le pays de Trump et l’Iran, entre autres, aura inévitablement un effet domino sur plusieurs produits, dont le pain et le transport public. Que cette denrée de base et ce mode de déplacement commun soient ainsi soumis à une hausse aussi brutale à la veille du prochain exercice budgétaire, il va sans dire que cela pèsera lourd dans le porte-monnaie familial. D’autant que le portefeuille de l’automobiliste et de tout propriétaire de véhicule sera tout aussi allégé ! Et le citoyen moyen continue donc de… casquer ! Sans broncher. Ou du moins, timidement. En s’autocensurant, presque. Par crainte de représailles ou autres. Qui ne comprend pas le sentiment de mécontentement, voire de colère, d’indignation et de révolte, de nombreux compatriotes excédés par cette augmentation subite du prix de l’essence ? Surtout ceux qui se trouvent au plus bas de l’échelle et qui vont encaisser très durement cette subite majoration.

En revanche, ce qu’on comprend moins, c’est l’interpellation de ces deux internautes qui ont, comme tant d’autres, exprimé leur colère via des “post” sur des réseaux sociaux. Yash Ramchurn a ainsi invité d’autres internautes et automobilistes mécontents de cette augmentation à venir manifester à ses côtés en bloquant certaines routes, dont les entrées de la capitale. Commentaire que Samad Gunny a approuvé. Au final, ces deux Mauriciens ont fi ni par passer trois heures à répondre aux questions de policiers. Aussi est-on en droit de se demander : pour quel délit ? Que reproche-t-on à ces deux internautes ? D’avoir caressé l’intention de manifester ? Ont-ils été interpellés pour avoir émis leurs intentions ? Qu’en est-il de leur liberté d’expression ? Encore une nouvelle facette de notre police locale qui ne manque pas de laisser perplexe… Et avec l’affaire Kushraj Lutchigadoo, écroué pour trafic de drogue et qui s’en va célébrer son anniversaire avec les siens, alors qu’il est censé être en prison, on n’en a pas fi ni d’être étonné par la police !

Une autre escalade qui a été enregistrée concerne les Mauriciens atteints du sida. Ce dimanche 20, l’AIDS Candlelight Memorial, au Caudan, mettra en effet en exergue nos compatriotes décédés de causes liées à cette maladie. Ancienne maladie du siècle, supplantée désormais par le cancer, qui gagne du terrain énormément chez nous, le sida comptait officiellement 7 039 porteurs mauriciens en décembre dernier. Et c’est sans compter avec les victimes inconnues, ceux qui ne viennent pas vers les centres de soins, toujours par peur des on dit, du regard des autres et du jugement. Et pendant ce temps-là, le virus tue…

Le ministère de l’Education a eu la bonne idée (enfin !) d’oeuvrer à l’élaboration d’un programme de prévention contre les drogues à l’intention des écoliers et des ados. Le choix porté sur le Dr Reychad Abdool, Mauricien attaché à l’United Nations Office on Drugs & Crime (UNODC), ne peut qu’augurer du bien en terme du cursus qui est attendu de ce partenariat. En revanche, si ce ministère n’avait pas pratiqué la politique de l’autruche quand, dès 2015, les travailleurs sociaux avaient tiré la sonnette d’alarme sur le fait que les nouvelles drogues de synthèse avaient déjà fait leur entrée dans nos écoles primaires comme dans nos institutions secondaires, on n’en serait peut-être pas là