La presse en fait souvent état et plusieurs témoignages attestent de ce fait troublant. La brutalité policière continue à être une pratique courante. De nombreux Mauriciens font les frais de cette violence couverte par l’impunité. L’affaire ne concerne pas que des suspects, elle touche aussi des citoyens qui se sont simplement retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment, face à des officiers excités, faisant fi des règlements. En l’absence d’une action ferme contre ce problème, la brutalité policière se banalise et laisse de profondes séquelles chez ceux qui en sont victimes.
“On m’a tellement battu que je me suis évanoui. Quand j’ai repris conscience, j’ai vu un policier en train d’uriner sur moi”, raconte Nesha Surdha, suspecté dans une affaire d’escroquerie. Parce qu’il a pris la défense d’un ami, Kliff Legallant a reçu une bonne correction : “Un policier m’a frappé au poste de police de Grand-Baie avant de me mettre dans un cachot.” Pour une banale affaire de circulation routière, Gérard Sam a fait les frais de la colère d’un officier : “Ce policier m’a giflé alors que je téléphonais à ma femme. Il m’a accusé d’être en train de le filmer après que j’ai eu une discussion avec lui.” Suspecté dans une affaire de drogue, Mohammed a été torturé pour qu’il fournisse des renseignements qu’il n’avait pas. “Plusieurs policiers m’ont roué de coups pour me faire dire le nom d’un type pour qui, selon eux, je vendais de la drogue.” Jouissant d’une bonne réputation auprès des siens, Vishen ne s’explique pas comment et pourquoi des policiers l’ont pris pour un pickpocket. Sans aucune preuve ni aucune accusation pouvant le faire considérer comme un suspect. Il a pourtant reçu une sacrée raclée en guise d’avertissement : “J’ai eu les doigts cassés à force de recevoir des coups de pied par des policiers, qui se sont simplement imaginé que j’étais un pickpocket, avant de se rendre compte de leur erreur.”