De 1968 à mars 2015, 51 cas de décès en détention policière ont été recensés. Les circonstances autour de ces décès demeurent souvent floues. Le dernier cas remonte au lundi 2 mars. Le décès d’Iqbal Toofanny, 42 ans, est le coup de trop. Pour rendre hommage à cet homme, soupçonné d’être mort sous les coups de cinq officiers de la CCID, une marche pacifique s’est tenue de Khadafi Square, Plaine Verte, jusqu’au Jardin de la Compagnie, le dimanche 15 mars, en présence de la famille du défunt. Une marche qui relance l’espoir de mettre un terme à cette situation, avec la solidarité et la détermination des Mauriciens.
Kaya, Ramlogun, Rehaut, Labrosse, Ramdhony… Les cas de ces hommes retrouvés morts en détention policière ont révolté les Mauriciens. Le nom d’Iqbal Toofanny s’ajoute à cette longue liste de 50 personnes. “Iqbal, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Le 51e de trop”, clame Ram Nookadee, ancien employé de la MACOSS.
Pour rendre hommage au défunt, appréhendé alors qu’il était soupçonné d’avoir volé une voiture, une énième marche pacifique a eu lieu dans les rues de la capitale. Elle relance l’espoir et est un signe d’une certaine détermination populaire. Mais bon nombre de citoyens présents ce jour-là ont clamé qu’il en faut davantage. “Une marche, c’est bien. Mais une rééducation, c’est mieux. La police doit apprendre à faire son métier avec discernement et noblesse, et les citoyens mauriciens doivent apprendre leurs droits. La passation du savoir ne doit pas venir seulement de la part du gouvernement, mais en tant que bons citoyens, nous devons partager nos connaissances avec l’autre”, souligne Ram Nookadee.