Dr Boyzini et les artistes victimes de brutalités policières alléguées le 30 décembre dernier ont servi une mise en demeure, réclamant Rs 10 millions chacun au Commissaire de Police (CP) et à l’État. Ils disent avoir souffert de dommages moraux et physiques. De même, ils estiment avoir été privés de leurs droits et que leur réputation a souffert suite à cet incident survenu à la gare du nord. Ils sont représentés par Me Rama Valayden.
Les artistes et leurs hommes de loi ont choisi la date symbolique du 21 juin, jour de la Fête de la musique, pour servir leur mise en demeure. Les personnes concernées sont les chanteurs Louis Borguini Doguena Naidu (Dr Boyzini), Jean Alain Résidu et Axel Yannick Emilien; le technicien du son Kenny Seenien; le musicien et chanteur Arnaud Poulay; et les artistes Louis Marvin Corret et Joyce Veerasamy. Dans la mise en demeure, rédigée par Me Kaviraj Bhokoree, les artistes indiquent que les officiers de police ont abusé de leur pouvoir.
Ils rappellent avoir eu une altercation avec des marchands de CD à la gare du nord le 30 décembre dernier, à la suite de quoi les policiers du poste de Trou-Fanfaron sont intervenus. Toutefois, précise la plainte : « Abovenamed Parties 1-3 (ndlr : Kenny Seenien, Axel Emilien et Dr Boyzini) aver that police Officers pulled down the shutters of the said Police Station by force and started brutality and savagely assaulted by around 6 Police Officers. Abovenamed parties also aver that most of the incidents have been recorded by persons who have amassed to helplessly see certain Police Officers in one of the most illegal, unlawful and brutally murdering the constitutional and human rights of the Abovenamed Parties. »
Trois autres plaignants disent avoir été pris à partie par des marchands, dont certains munis de cutters, sans que la police n’intervienne. Le septième plaignant, lui, dit avoir été malmené par des officiers de police, ajoutant que son téléphone portable a été endommagé. La plainte rappelle également que Kenny Seenien a eu le bras fracturé et qu’il a dû subir une intervention. Axel Emilien, lui, a été blessé au front, ce qui a nécessité plusieurs points de suture. De plus, il a eu la jambe droite fracturée. Quant à Dr Boyzini, il a été admis à l’hôpital à la suite de coups et de blessures.
La mise en demeure indique ainsi que les artistes concernés disent « by the above illegal, wrongful and arbitrary acts and doings, they suffered and are still suffering moral and pecuniary damages (…) ». De même, ils estiment que cet incident, arrivé en public, a terni leur réputation. La mise en demeure mentionne également : « Abovenamed Parties aver that they have been deceived by You, the Hereundernamed Parties, in the sense that, you have blatantly committed a ‘faute lourde’ and/or ‘faute caractérisée’ and/or ‘faute dolosive’ and have also committed an ‘abus de droit’. » De même, elle stipule : « Abovenamed Parties further aver that You, the Hereundernamed Parties, being the “commettant” of the wrongdoer, that is the Police Officers of Trou Fanfaron Police Station (the Préposé), You, the Hereundernamed Parties are bound to be vicariously liable for the faute, negligence and/or imprudence caused by your préposé as a result of the accident. »
Les plaignants réclament ainsi Rs 10 millions chacun au CP et à l’État. Ils sont représentés par Mes Valayden, Dulloo, Goodary et Ramtohul.