La présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, qui intervenait à l’ouverture de la 10e édition des Journées européennes du développement, a plaidé hier pour des investissements dans les Petits États insulaires en développement (PEID). De nombreuses hautes personnalités internationales ont participé à la cérémonie d’hier aux côtés des responsables européens.
Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, a demandé à l’Union européenne (UE) et à ses États membres de rester engagés dans la coopération au développement. Il a rappelé l’importance de l’aide publique au développement et du seuil de 0,7% du RNB à atteindre, ce qui est d’autant plus important qu’il s’agit maintenant de mettre en accord les décisions des grandes conférences de 2015 avec les objectifs du développement durable et les engagements de la COP 21.
Ameenah Gurib-Fakim a profité de l’occasion pour remercier l’UE pour son « rôle catalytique crucial » dans le développement socio-économique de Maurice. « Maurice a été le premier pays ACP à bénéficier du soutien budgétaire direct et nous sommes fiers de ce long partenariat fructueux avec l’UE », a dit la présidente de la République. Et de poursuivre : « Today, I would like to reiterate our heartfelt thanks to the EU for the trust and friendship that marks our partnership. »
La présidente de la République a fait mention des défis auxquels le monde est confronté, dont les vulnérabilités financières, l’approfondissement des inégalités – sur les plans interne et externe –, le mouvement démographique, les multiples formes d’extrémisme, l’épuisement des ressources naturelles, la fragilité des pays déchirés par la guerre et le nombre croissant de réfugiés, estimé actuellement à 60 millions. « Tout cela crée un sentiment d’insécurité, qui menace de remettre en cause les développements réalisés au prix de grands sacrifices consentis durant des décennies. »
Ameenah Gurib-Fakim s’est dite « convaincue » que les objectifs ambitieux fixés par l’agenda 2030 des Nations unies peuvent « servir de guide pour l’élaboration de stratégies politiques » et de partenariats sains afin d’atteindre les buts du développement durable. Elle a aussi observé que les vulnérabilités des PEID sont désormais connues de tous. « Short of the requisite partnerships and support, the aspirations of SIDS to transform their economies and improve the lives of their people will be jeopardized to the detriment of all humanity », a souligné Ameenah Gurib-Fakim. Elle a par ailleurs affirmé que, pour les pays en développement, le financement international constitue « une importance primordiale » pour le succès de l’agenda 2030 des Nations unies. Toutefois, a-t-elle dit, « cet agenda ne concerne pas uniquement la coopération au développement, mais constitue un catalyseur pour les transformations structurelles en vue de bannir la pauvreté ». Et d’expliquer : « This is why we hold the strong view that in the absence of a global partnership on SDGs, financing, primordial as it is, will not, in and of itself, constitute the key for a successful implementation strategy. » À noter que la présidente de la République s’est entretenue hier avec le Premier ministre adjoint et ministre des Affaires étrangères de Suède, Isabella Lövin.