La ministre de la Sécurité sociale a consacré une bonne partie de son discours hier à désavouer les critiques de l’opposition sur le Budget 2012 de Xavier-Luc Duval. Selon Sheila Bappoo, « le gouvernement a pu hisser une économie en état de soins intensifs pour la mettre dans une situation de résilience ». Pointant du doigt le parcours du MSM et ses commentaires pessimistes au regard du budget, elle a lancé : « On doit dire non aux cassandres ! »
Sheila Bappoo n’a pas tari d’éloges sur son collègue Xavier-Luc Duval, le félicitant d’avoir présenté un budget, à ses yeux, en faveur de la création d’emplois, de la protection des personnes vulnérables et de l’économie. Bref, un budget qui s’est soucié, à son sens, d’embarquer « everybody on board ». Selon la ministre de la Sécurité sociale, l’exercice est d’autant plus louable qu’il a été effectué dans des circonstances « extrêmement difficiles, à un moment où l’on connaît la pire crise financière depuis cinquante ans » et où le chômage bat son plein sur le plan international. Elle s’est prononcée contre l’opposition qui voit dans le budget « un échec ». Pour la ministre, le leader de l’opposition « a une fois de plus nagé à contre-courant dans son style habituel ». « Que cette opposition révise sa copie et fait son bilan des quatre années au pouvoir marquées par la faillite économique, l’instabilité sociale… » a ajouté Mme Bappoo.
Le MSM n’a pas été épargné de la contre-attaque de la ministre. Comme pour donner la réplique à leurs critiques, Sheila Bappoo s’est à son tour lancée dans un réquisitoire contre le leader du parti Soleil, parlant de « trahison » à son sujet. « Un ministre des Finances qui délaisse ses fonctions et ses responsabilités avec sa troupe… Le Premier ministre est absent du pays, le ministre des Finances aussi est à l’étranger. Voilà qu’il décide de rentrer parce que sa ministre de la Santé est accusée par l’Icac. Le ministre choisit ce moment même où le Premier ministre est absent pour démissionner en signe de solidarité. C’est le premier épisode “Lev pake reste” ». Et de poursuivre : « À notre grand étonnement, le mot d’ordre est donné aux PPS de rester : c’est le deuxième épisode “Lev pake reste” ». Des méthodes qui, aux yeux de Sheila Bappoo, « sont loin de se conformer aux principes de loyauté et de confiance. Je ne peux m’empêcher de penser que cette démission a été le fruit d’un coup monté, c’est-à-dire faire du chantage auprès du Premier ministre pour tenter de le dévier de ses principes. Le PM les a désavoués ! »
Poursuivant, la ministre de la Sécurité sociale a ajouté que des propos tels « vente à l’encan » ont été proférés en guise d’attaque contre Mireille Martin lorsqu’elle s’est jointe au gouvernement. « Est-ce là un signal qu’on veut transmettre au pays ? Après cet épisode, il y a eu toutes sortes de prétextes pour expliquer la démission du MSM : prétexte à l’égard du PM, à mon égard – comme quoi Sheila Bappoo n’a pas invité Pravind Jugnauth à l’occasion de la Journée de la Femme ». Selon Sheila Bappoo, le Ptr-PMSD « est plus que soudée. Avec ce budget, la machine gouvernementale est déjà lancée ». Le gouvernement, dit-elle, se donne six mois pour s’assurer que les résultats soient visibles.
S’agissant des mesures budgétaires, Sheila Bappoo a salué l’annonce de vingt support officers additionnels en 2012 en vue de renforcer la Child Development Unit. La ministre a ajouté avoir, en tant qu’ancienne ministre des Droits de l’Enfant, proposé à l’ancien ministre des Finances Pravind Jugnauth d’augmenter le nombre d’abris et de personnel travaillant avec les enfants abandonnés de leurs proches. « Ma demande est demeurée dans le silence ! » Le seul abri qui existe à Pointe-aux-Sables et qui est en mesure de recevoir seulement soixante enfants est surpeuplé. En juillet 2011, « il y avait quelque 160 enfants ! Très souvent, il y a un berceau pour deux bébés. Quant au suivi des cas dans cet abri, c’est impossible ! » La ministre de la Sécurité sociale s’est réjouie des six abris supplémentaires tels qu’annoncés dans le Budget 2012 à l’intention des enfants en détresse ou victimes d’abus. Elle a souligné avoir toujours estimé important de mettre en place ce type d’abri « pour apporter à ces enfants un lieu approprié où ils peuvent être en sécurité et où l’on peut faire leur suivi psychologique ».
Répondant à une question de l’opposition la semaine dernière concernant un retard allégué dans le paiement de pension pour le mois de novembre, Sheila Bappoo a précisé que « the ministry changed the pay dates for beneficiaries of the basic pensions who have opted to be paid through direct credit into bank. Long before, beneficiaries were being paid as from the 15th of each month. However, since december 2009 their pensions are credited into bank from the 2nd working day of each month. They can draw their pension in advance instead of at the end of the month. They are paid in advance compared to other employees and civil servants who are paid at the end of the month. ». Le paiement pour le mois de novembre a ainsi été effectué le 4, soit le deuxième jour de travail du mois.
Sheila Bappoo a d’autre part annoncé le lancement par son ministère l’an prochain d’un projet d’entrepreneuriat social, existant déjà dans des pays développés, cela en vue d’aider les ONG à créer des projets à long terme. Les mesures sociales prises au dernier budget permettront, selon la ministre de la Sécurité sociale, de rehausser la qualité de vie. Elle a salué la mise en place d’un time-table au sein de chaque ministère dans le but de faire le suivi de la réalisation des divers projets.