La Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) a plaidé, hier, pour la poursuite de la politique de réformes économiques applicable ces dernières années et a souhaité que le gouvernement maintienne les plans de soutien à l’industrie élaborés dans le sillage de la crise financière et économique mondiale. C’était lors d’une rencontre avec le ministre du Commerce et de l’Industrie Cader Sayed-Hossen et ses principaux officiers dans le cadre des consultations prébudgétaires.
La CCI, dont la délégation était conduite par son président Cédric de Spéville, est d’avis que le maintien de la politique de réformes peut aider le pays à faire face à une situation économique globale dégradante comme cela avait été le cas après la crise de 2008. « Nous avons fait un bon choix en termes de stratégie d’ouverture de notre économie. Ayant fait ce choix, on est aujourd’hui très dépendant de ce qui se passe sur nos marchés étrangers. Les choses ne sont pas réconfortantes au plan mondial. L’économie mondiale est un peu malade. En 2008, grâce aux réformes et mesures d’accompagnement, nous avons pu nous en sortir avec quelques blessures », affirme Cédric de Spéville.
Les représentants de la Chambre ont fait plusieurs propositions pour protéger le secteur industriel de l’impact négatif de la crise mondiale. La CCI souhaite le maintien de tous les plans d’assistance à ce secteur dont les différents Leasing Equipment Modernisation Schemes. Elle demande également la correction de certaines anomalies au niveau de l’application de la taxe à la valeur ajoutée. Des producteurs locaux, indique-t-elle, sont obligés de payer la VAT sur certains intrants mais ne peuvent en faire la déduction du prix final réclamé au consommateur. La Chambre réclame que les produits concernés soient déclarés “zero rated” afin de ne pas pénaliser le produit local par rapport au produit importé. La CCI propose également aux autorités de revoir le cadre de facilitation des affaires et d’assouplir, entre autres, les procédures d’obtention de permis.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie et le président de la CCI ont, lors d’un point de presse suivant la réunion, fait état de leur appréciation de la qualité de dialogue engagé par les deux parties. « C’est un dialogue structuré, ordonné et cohérent », a déclaré Cader Sayed-Hossen, qui a indiqué que la Chambre a fait des propositions pour protéger l’industrie locale et promouvoir le commerce local et régional, cela après analyse de la situation économique aux plans domestique et international, notamment des menaces qui planent sur notre économie. Le ministre a fait savoir qu’il a pris note des suggestions de la Chambre pour améliorer les infrastructures du pays, rehausser la productivité et la compétitivité du secteur industriel.
La politique monétaire a été également évoquée lors de cette réunion et Cédric de Spéville a tenu à souligner que la CCI, de par son mandat, se doit de défendre plusieurs intérêts à la fois. « Nous ne disons pas qu’il faut laisser la roupie s’apprécier ou se déprécier. Ce que nous prônons c’est une roupie qui soit la plus stable possible. N’empêche que la Chambre constate que l’appréciation de notre monnaie ces dernières années a affecté les exportations du pays et considère qu’il y a de l’espace pour une baisse du taux d’intérêt directeur », affirme le président de la CCI.
Les propositions faites hier par la Chambre seront transmises au vice-Premier ministre et ministre des Finances dans le cadre de la préparation du budget 2012 à être présenté le 4 novembre prochain.
Par ailleurs, le ministre du Commerce et de l’Industrie et la direction de la Chambre ont convenu de mettre sur pied un mécanisme de consultations permanentes pour évoquer les problèmes relevant des secteurs de l’industrie dans son ensemble et du commerce. Le comité sera appelé à se réunir une fois le mois.