Le Mauritius Labour Congress (MLC) souhaite un abaissement de la taxe à valeur ajoutée (TVA) à 10 %, estimant qu’à son niveau actuel, soit 15%, cette taxe constitue « un lourd fardeau sur les épaules des travailleurs ». Cette proposition du MLC est contenue dans le memorandum que la centrale syndicale a adressé au vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval, en prévision de la présentation du budget 2012 le 4 novembre prochain.
Parallèlement à sa demande pour une réduction du taux de la TVA, le MLC suggère que certains services, dont les factures de téléphone et d’internet, soient totalement exemptées de cette taxe. La centrale syndicale se dit en faveur du contrôle des prix sur tous les produits de consommation courante aussi bien que sur des matières premières très utilisées. Elle justifie sa demande en arguant que le pouvoir d’achat des travailleurs a été constamment miné avec les hausses soutenues des prix sans compter le fait que différents prix sont pratiqués dans différents points de vente. « The liberalisation of prices is not in favour of consumers », soutient le MLC qui observe que les importateurs/producteurs, au lieu de se faire de la concurrence, ont formé une « chaîne de solidarité » pour contrôler les prix sur le marché.
En sus de sa demande pour que les services internet soient exemptés de la TVA, la centrale syndicale estime que ces services doivent être gratuits pour tous les ménages. Les enfants ont recours aux services d’internet pour leurs études et la préparation de leurs projets, et ces travaux sont exécutés à la maison, fait ressortir le MLC. Pour soulager financièrement leurs parents, ce dernier est d’avis que le moment est venu pour que les services internet soient gratuits pour tous.
Le MLC fait un plaidoyer en faveur des salariés de la classe moyenne dont les revenus sont imposables. Ces salariés, selon la centrale syndicale, sont pénalisés par la formule actuelle du calcul de la taxe. Le MLC considère que dans la conjoncture il y a un besoin de relever les différents barèmes d’exemption par Rs 50 000. Pour un salarié n’ayant aucune personne à sa charge, la centrale propose une exemption de Rs 305 000 ; celui avec une personne sous sa responsabilité : Rs 415 000 ; deux personnes : Rs 475 000 ; trois personnes : Rs 515 000. Elle demande que le pensionné n’ayant aucune personne à sa charge bénéficie d’une exemption de Rs 355 000, alors que celui avec une personne comme « dependent » obtienne Rs 465 000.
Par ailleurs, la centrale syndicale prône une révision du système de transport gratuit pour les élèves/étudiants et les personnes âgées. Elle suggère au gouvernement de considérer la possibilité de créditer un certain montant sur le compte bancaire du parent dont les enfants sont à l’école ou au collège, et d’accorder une allocation additionnelle aux pensionnés. Le MLC pense qu’une carte de crédit spéciale peut être introduite comme carte d’accès au transport gratuit. « Bus owners/companies to be paid only when the card is being used/introduced in their reading machines », indique le MLC.
Les autres propositions budgétaires de la centrale portent sur : a) la subvention totale des frais d’examens de SC et de HSC ainsi que pour l’achat de chauffe-eau solaires ; b) plans incitatifs pour le recours à la production vivrière sous serre ; c) un taux d’intérêt uniforme de 5 % sur les prêts avancés par l’Employees Welfare Fund ; d) la décentralisation des services publics, le gouvernement devant cesser d’avoir recours à la location de bâtiments ; e) l’institution d’un Monitoring Committee pour un suivi des actions après la publication du rapport de l’Audit et les cas de gaspillage de fonds publics par des officiers de la fonction publique doivent être rapportés à la police pour une action appropriée.