« Si nous sommes aujourd’hui dans l’opposition ce n’est pas seulement à cause de MedPoint, mais également à cause de l’inaccessibilité du Premier ministre. Je ne comprends pas qu’un Premier ministre soit aussi inaccessible », a dit Nando Bodha dans son intervention dans le cadre des débats sur le budget vendredi.
Le secrétaire général du MSM a soutenu qu’alors qu’il était ministre du Tourisme, il a essayé en vain d’avoir un rendez-vous avec le Premier ministre pour évoquer le problème d’accès aérien qui constitue un élément majeur pour l’avenir de l’industrie touristique à Maurice. Il a expliqué qu’au moment de l’éclatement de l’affaire Michaela Harte, pas moins de 80 000 sites informatiques s’étaient lancés dans une campagne négative contre Maurice et il a voulu rencontrer le Premier ministre pour obtenir son soutien et décider de la ligne à suivre. « Je ne comprends pas que le capitaine d’une équipe soit aussi inaccessible », a-t-il lancé. Et le député d’observer que le Premier ministre ne se prive pas aujourd’hui encore d’exprimer des doutes sur les éléments de son équipe et leur capacité à soutenir les bourrasques et les tempêtes de l’opposition. « Comment peut-on s’attendre à ce qu’il y ait une stabilité politique et la confiance dans le pays », a-t-il dit.
Concernant l’Affaire MedPoint, Nando Bodha a observé que la vérité commence à sortir. Il s’est prononcé en faveur d’une Audit Trail pour l’ensemble du montant payé par le gouvernement, y compris les Rs 15,5 M et geler le montant total. Par ailleurs, il a posé neuf questions sur MedPoint aux ministres Rajesh Jeetah, Rashid Beebeejaun et au Premier ministre Navin Ramgoolam.
Nando Bodha a, d’entrée, réfuté l’argument d’Anil Baichoo à l’effet qu’un homme politique devrait se retirer de la politique active à l’âge de 80 ans. « Pourquoi Anil Baichoo avait-il demandé de voter pour SSR en 1982 », a-t-il demandé.
S’agissant du budget, Nando Bodha a estimé que le discours du budget a péché par manque d’ambition et n’était pas assez audacieux. L’ancien budget présenté par Pravind Jugnauth avait pour objectif de « Rebalancing growth », dit-il. Pour lui, le budget n’a pas installé le climat de confiance et de stabilité nécessaires pour créer le déclic dans la croissance.
Le secteur privé est en attente, le secteur public fonctionne au ralenti, estime Nando Bodha. « Ils ont le sentiment que quelque chose va se produire pour donner un nouveau souffle et donner de l’espoir à ce pays ». Il rappelle que le Premier ministre avait dit l’année dernière que la mission du gouvernement est de ne pas donner à ceux qui en ont trop mais à ceux qui en ont peu. Le budget 2012 ne reflète pas cet esprit car c’est un budget ultralibéral qui ne contient rien pour les défavorisés, affirme-t-il.
Law and order
Sur un plan sectoriel, Nando Bodha a observé que le tourisme a accusé une forte baisse en 2008 mais a par la suite connu une bonne croissance alors qu’il était à la tête de ce ministère. Pour lui, il faut réinventer l’industrie touristique. « Il faut que nous puissions faire le rééquilibrage et aller dans les nouvelles économies émergentes. »
Au niveau d’Air Mauritius, il a déploré que cette compagnie n’ait pas eu jusqu’ici « un CEO digne de ce nom ». Elle a eu un directeur employé sur une base mensuelle, suivi d’un autre qui n’a pas fait long feu. Aucun directeur n’a été nommé, l’actuel titulaire ne faisant que de l’intérim. Pour lui, Air Mauritius doit se positionner comme une compagnie « low cost » dans la région et opérer en partenariat avec une grande compagnie sur les autres lignes aériennes.
En ce qui concerne la situation du law and order dans le pays, Nando Bodha estime qu’elle n’est pas brillante. Des touristes ont récemment été attaqués dans leur chambre, il y a eu le vol dans le campement du Premier ministre, des agressions dans les écoles, a-t-il énuméré, soutenant qu’il y a un sentiment d’insécurité dans le pays.
Nando Bodha a aussi parlé de la détérioration de la situation concernant la drogue dans le pays. Il estime qu’il est temps qu’il y ait une nouvelle commission d’enquête afin de redynamiser le combat contre ce fléau.
Nando Bodha a déploré qu’aucune mention n’ait été faite du Duty Free Paradise qui est appelé, dit-il, à devenir un nouveau pilier économique. Concernant la lutte contre la pauvreté, il estime que l’actuel ministre des Finances n’a apporté aucune solution à ce problème, alors qu’il a occupé le poste de ministre de l’Intégration sociale. Il estime que la commission pour la démocratisation économique a été un échec. Il a préconisé l’institution d’un Tourism Fund, qui, à l’instar du SIT aurait permis aux travailleurs d’être actionnaires dans les établissements hôteliers.
Nando Bodha a finalement évoqué la deuxième République en insistant sur le fait que le MSM est en faveur d’un maintien du système westminstérien où c’est le Premier ministre qui détient tous les pouvoirs exécutifs même si certains pouvoirs supplémentaires sont accordés au président de la République.