Le leader du MSM et ancien ministre des Finances a réclamé hier un retour aux urnes dans les plus brefs délais pour que les gens puissent « choisir un nouveau gouvernement, un nouveau leadership ». Pravind Jugnauth, dernier membre de l’opposition à prendre la parole hier qui a parlé pendant quelque 90 minutes, a été très applaudi par l’opposition, dont Paul Bérenger.
Pravind Jugnauth a adopté dès le départ un ton politique pour affirmer que l’Alliance de l’Avenir n’existe plus depuis le départ des membres de son parti du gouvernement. Ce qui a eu pour conséquence que le gouvernement dispose d’une majorité fragile grâce au soutien de deux parlementaires qui ont « crossed the floor » pour devenir ministres. De plus, la philosophie du MSM qui avait inspiré le budget de l’année dernière n’existe plus.
Le leader du MSM a attribué son départ du gouvernement au fait que son parti était confronté à une nouvelle culture à savoir «  indecisiveness, accapareurs, lack of team spirit and solidarity ». Pravind Jugnauth s’est dit choqué par la lenteur chronique à tous les niveaux et l’incapacité d’un chef de gouvernement à prendre des décisions. Il a notamment cité la démotivation des officiers de police qui ont eu à attendre leur promotion durant quatre ans. Il a cité également le retard pris dans la nomination à la tête des institutions publiques comme le CEB, la CWA, la Tourism Authority, la Financial Services Commission, la Mauritius Housing Corporation.
L’élu de la circonscription Quartier-Militaire / Moka estime que la diplomatie était bloquée en l’absence des nominations des ambassadeurs. Ajouté à cela, les parlementaires du MSM avaient subi, selon lui, des attaques dont certaines portaient atteinte à son intégrité personnelle. Le leader du MSM a fait mention des difficultés rencontrées pour mettre de l’ordre dans des institutions telle la State Trading Corporation.
Pour le leader du MSM, son parti a été victime d’une stratégie machiavélique consistant à l’utiliser pour arriver au pouvoir et pour ternir son image par la suite. Pravind Jugnauth a fait mention des attaques menées par des députés comme Nita Deerpalsing au parlement. Il a cité d’autres membres du gouvernement, dont Shakeel Mohamed, Lormus Bundhoo et Yatin Varma qui auraient tenu des propos contre son parti.
Le député du N°8 a lancé que le nouveau ministre des Finances a adopté un mode ultralibéral. Pour lui, le résultat du budget sera « caviar for the filthy rich, peanuts for the poor and nothing for the middle class ».
Pravind Jugnauth estime que l’abolition de la Solidarity Tax sur les dividendes, l’abolition de la Capital Gains Tax sur les propriétés immobilières bénéficieront surtout aux « gro palto » à compter de janvier 2012. Le leader du MSM a aussi critiqué le projet de nommer des « roving ambassadors » en Afrique alors que Maurice dispose des missions diplomatiques bien représentées sur le continent africain.
Analysant les mesures budgétaires, Pravind Jugnauth doute que les mesures concernant les petites et moyennes entreprises (PME) donneront les résultats escomptés l’année prochaine. Il a observé que les banques n’ont aucune obligation d’avancer des prêts aux PME à un taux de 8 %. Le leader du MSM a déploré que le projet de métro léger et celui de « duty free paradise », les principaux piliers dans le cadre de la transformation de Maurice en un « shopping hub » aient été marginalisés. L’élu de la circonscription Quartier-Militaire / Moka a plaidé pour une augmentation de la compensation payée aux personnes âgées et l’abolition de la taxe de 10 sous sur le SMS. Il a été particulièrement critique sur les mesures concernant le logement, la distribution de l’eau et le law and order.
Le leader du MSM a commencé par critiquer l’Independent Commission Against Corruption mais a été interrompu par le Speaker. Selon le député, cette institution n’est indépendante que de nom. Pravind Jugnauth n’a pas épargné non plus la MBC. Pour lui, « le gouvernement est une équipe amoindrie, amputée des compétences que nous avions offertes avec sincérité ». « Je vois devant moi un Premier ministre, un capitaine qui lui-même déclare qu’il n’a pas confiance dans ses ministres et qui avoue qu’il a peur que son équipe soit trop faible pour répondre aux interpellations de l’opposition. »