Après un premier round marqué par des sautes d’humeur des partenaires sociaux sur le quantum de la compensation salariale, les préparatifs pour le Budget 2012 connaîtront, cette semaine, une certaine accalmie sur le plan local. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, participera à sa première assemblée générale annuelle conjointe du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque Mondiale (BM), à Washington, après la conférence des ministres des Finances du Commonwealth. Deux rendez-vous majeurs l’attendent dans la capitale fédérale américaine. Outre des séances de travail avec les responsables du Desk de Maurice au sein de ces institutions, Xavier-Luc Duval aura des séances de travail avec la Managing Director de la Banque Mondiale, Shri Mulyani Indrawati, et avec le Deputy Managing Director du FMI, Zhu Min.
L’état de l’économie mauricienne face à la crise internationale et la coopération entre Maurice et ces institutions de financement internationales seront à l’ordre du jour de ces séances de travail de haut niveau. « Il va de soi que nous allons passer en revue la situation de l’économie de Maurice. Que ce soit le FMI ou la Banque Mondiale, ils suivent de près les différentes étapes et ne se privent pas de commentaires. En prévision du budget, nous serons à l’écoute des propositions formulées. Then, we will make up our mind. A mon retour, les consultations avec le Premier ministre sur le Budget 2012 reprendront », a déclaré, hier à Week-End, le vice-Premier ministre et ministre des Finances.
La journée de vendredi prochain à Washington sera consacrée à des discussions avec la Banque Mondiale. La rencontre avec l’ancienne ministre des Finances d’Indonésie, Sri Mulyani Indrawati, directrice de la Banque Mondiale depuis mai 2010, sera axée sur le Comprehensive Structural Reform Programme mis à exécution avec le soutien financier de cette institution de Bretton-Woods.
Depuis quelques mois déjà, Maurice avait initié des négociations avec la Banque Mondiale pour un programme d’assistance financière de l’ordre de Rs 2,4 milliards (80 millions de dollars) sous le Development Policy Lending (DPL). Cette enveloppe financière devra être engagée dans des secteurs comme la protection sociale, le soutien et la réforme des entreprises publiques et des corps para-étatique, la réforme du Service civil, l’amélioration de la compétitivité et dans les domaines de la Santé et de l’Education.
La Banque Mondiale, qui a entretenu favorablement cette requête de Maurice note que « the Mauritian government has requested a new Development Policy Lending series after successfully addressing competitiveness issues in the programmatic DPL series, which supported the government on its reform agenda and responded quickly to the international economic and financial downturn ».
Le déboursement de la première tranche du Development Policy Lending d’un montant de 20 millions de dollars (Rs 600 millions) devra intervenir au cours du premier trimestre de l’année prochaine. Les consultations en fin de semaine à Washington aborderont l’évolution des Key Performance Indicators agréés et l’évolution des projets en cours d’exécution sur le terrain.
Le rendez-vous avec le Deputy Managing Director du FMI, Zhu Min, l’une des premières nominations de Christine Lagarde à son installation à la tête du FMI, sera davantage axé sur la performance budgétaire et la nécessité de maintenir la « fiscal consolidation stance » à Maurice. Avant d’accéder aux importantes fonctions au FMI, Zhu Min était Deputy Governor de la People’s Bank of China, avait travaillé à la Banque Mondaile et était professeur d’économie à l’université John Hopkins, aux Etats-Unis.
Les répercussions de la crise économique dans la zone Euro sur Maurice et les mesures à prendre seront passées en revue dans la perspective du Budget 2012, qui sera présentée à l’Assemblée nationale le 4 novembre prochain.
« Downside risks remain, particularly around the external sector. Given Mauritius exposure to the Euro zone, through manufacturing and tourism sectors, the continued turbulence in the area presents significant downside risks to the economy. The high degree of volatility in food and energy prices also present risks to the inflationary outlook », note l’un des derniers rapports du FMI sur Maurice, le Mauritius : Public Expenditure and Financial Accounatbility Assessment, publié le mois dernier.
Dans sa dernière analyse économique en vue de maintenir le Repo Rate, le taux directeur bancaire, à 5,50%, la Banque de Maurice tire également la sonnette d’alarme sur le « background of weakening global growth prospects ». Ainsi, la Banque Centrale a consenti à réviser à la baisse le taux de croissance économique pour cette année, alors qu’il y a quelque semaines, le gouverneur Manou Bheenick soutenait et continue à soutenir qu’il n’y a pas lieu de céder à la panique.
« The Mauritian economy is expected to continue on its growth path although estimated 2011 growth is being revised slightly downwards to 4,4 per cent, from 4,6 per cent at the previous meeting. The situation has worsened much more in major developed economies where growth forecasts have been revised drastically. While headwinds from the Euro area debt crisis and the worsening growth prospects in the country’s main trading partners have increased uncertainty, the Monetary Policy Committee does not fully share the mood of pessisism that seems to prevail among economic operators », fait ressortor le communiqué de la Banque de Maurice après la réunion de lundi et en attendant la publication, demain, du Monetary Policy Statement.
Néanmoins, la principale appréhension sur le plan économique n’est pas pour 2011, mais pour 2012. En effet, l’année prochaine, le taux de croissance risque d’être inférieur à celui de cette année. « Il n’y a aucune certitude, sauf que 2012 sera une année plus difficile que 2011 », a concédé le vice-Premier ministre et ministre des Finances lors des consultations tripartites.
Avant de se rendre à Washington pour l’assemblée générale conjointe de la Banque mondiale et du FMI, le vice-Premier ministre et ministre transitera en début de semaine à Paris pour participer à une conférence internationale sur l’économie de l’Organisation pour la Coopération et le Développement économique (OCDE).
Par ailleurs, suite à la décision du gouvernement, lors de la réunion du Conseil des ministres de vendredi en vue de rechercher un deuxième Credit Rating de l’économie, Xavier-Luc Duval établira des contacts préliminaires à l’étranger. Les deux agences de notation susceptibles d’intéresser les autorités sont Standard and Poor et Fitch Ratings. A ce jour, Maurice ne dispose que d’un Credit Rating, soit celui de Moody’s. Par les temps qui courent, le gouvernement a cru nécessaire d’obtenir un second Credit Rating international pour parer à toute éventualité. A ce jour, le choix entre Standard and Poor, spécialisé pour les marchés européens ou Fitch Rating pour la région africaine, n’a pas encore été déterminé dépendant des spécificités de la démarche de Maurice.