Lors des débats budgétaires au Parlement hier après-midi, Joe Lesjongard a vivement déploré le manque cruel de mesures pour une mise en application effective du concept Maurice Île Durable (MID). Le député mauve a fait un parallèle entre le Budget 2013 et le MID Committee, qui selon lui, souffrent tous deux de manque de consensus et de solidarité entre les acteurs concernés.
« À part quelques petits projets, rien de concret n’a été fait. Le MID reste une coquille vide ». Pourtant, fait remarquer le député MMM de Port-Louis Nord/Montagne-Longue (N°4), le consommateur continue à alimenter le MID Fund en payant une Special Levy sur la vente de carburants. Qui plus est, dit-il, « depuis son introduction en 2008, cette taxe a doublé passant de Re 0,15 à Re 0,30 sur chaque litre vendu ».
Le Budget 2013 et le MID Committee souffrent tous deux des mêmes maux : l’absence de concertation et de vision. « Il y a quatre ans, il y avait une flambée des prix des carburants à l’international et le concept MID a été adopté avec pour objectifs de se donner les moyens de réduire la dépendance du pays sur les énergies fossiles. Quelques années plus tard, le gouvernement modifie le concept MID et demande à un consultant de produire un rapport sur le nouveau concept qui inclut les cinq E, dont l’Égalité sociale. Et en pleine séance de la présentation du rapport Mott Mc Donald en juillet, l’actuel directeur du MID s’est bagarré avec les consultants, avec pour résultat que le rapport n’a jamais été finalisé ni publié ».
Le député mauve souligne que le pays importe pour près de Rs 2 milliards de produits pétroliers et que depuis cinq ans que l’on parle d’aller vers l’utilisation des énergies renouvelables, « on n’atteint même pas 0,2 % ». Et de faire remarquer que « Rodrigues nous a dépassés. Comme ce présent budget, ce projet est sans ambition et on note une désolidarisation ».
Évoquant CT Power qui doit fournir 50 mégawatts d’énergie électrique, il indique que le projet remonte à 2006. « Six ans ont passé et le pays a cruellement besoin d’électricité. Le CEB est responsable de tout ce qui est énergies mais lorsqu’on place un agent politique à sa tête, voilà le résultat », a dit le député, alléguant que le président du board du CEB « doesn’t report to his minister » (ndlr : Rashid Beebeejaun, ministre des Énergies renouvelables) mais qu’il « report directly to the Prime minister. » Et d’ajouter que « le représentant du ministère de tutelle sur le conseil d’administration du CEB ne peut rien faire » contre cet état des choses.
Idem pour le secteur eau où, dit-il, rien de concret n’est resorti des travaux du High Powered Committee institué par le gouvernement pour étudier le rapport déposé par les consultants singapouriens.
Joe Lesjongard a fait un véritable réquisitoire contre les gaspillages de fonds publics par la Waste Water Management Authority dont les projets de tout-à-l’égout à Baie-du-Tombeau et aux Plaines-Wilhems ont englouti une somme excédentaire de Rs 700 millions, le premier passant d’un budget initial de Rs 464 M à Rs 750 M et le second de Rs 886 M à Rs 1,3 milliard. Le rapport du directeur de l’Audit en a fait état alors que deux cadres de la WWMA ont été suspendus après l’institution d’un Fact Finding Committee. Or dans l’executive summary de leur rapport, le président du FFC et ses assesseurs disent clairement que le WWMA a « contravened the Public Procurement Act » ; que les enjeux financiers dans cette affaire « were identified since May 2008 » ; que le ministère concerné avait prévu la tenue de deux réunions pour discuter de ces zones d’ombre mais que celles-ci « never took place ; WWMA did not pursue matters with CWA and the Ministry ». Joe Lesjongard ajoute que « the records further revealed that the General Manager was not in the picture by accident but by choice ». Et d’inviter l’hémicycle à se poser la question suivante : « Où se trouve ce General Manager aujourd’hui alors que les deux employés suspendus sont les boucs émissaires de cette affaire ? »