Le VPM et ministre des Finances a une nouvelle fois soutenu hier que le mauvais alignement de la roupie a occasionné une baisse d’un à deux points de croissance pour cette année. Xavier-Luc Duval, qui intervenait au parlement pour résumer les débats budgétaires, soutient que ce mauvais alignement a donné lieu à une appréciation de l’ordre de 12 à 15 % de la roupie pour des raisons autres que l’amélioration des fondamentaux économiques. « Je suis d’accord sur la nécessité de contrôler l’inflation mais pas à n’importe quel prix », a dit le grand argentier.
Le VPM n’a pas été insensible à l’absence des parlementaires de l’opposition même s’il affirme que cela ne lui fait ni chaud ni froid. Il a rappelé que ce n’est pas la première fois que cela se produit car Pravind Jugnauth a aussi été victime de boycott alors qu’il était ministre des Finances. Il a accusé les parlementaires de s’intéresser davantage « aux caisses de savon et à la démagogie » qu’au budget de Rs 105 milliards que le parlement est appelé à adopter. Xavier Duval a accusé l’Opposition d’avoir tout fait depuis le début de l’année pour casser le moral de la population, allant jusqu’à prévoir un tsunami économique sur Maurice. « Cela n’a pas été le cas. Quelle déception pour eux de n’avoir pas récolté ce bonus de fin d’année provenant des malheurs du pays et qui leur aurait permis de réclamer le remplacement immédiat du gouvernement ». Il a soutenu que la résilience de l’économie est bien là et que par conséquent, il n’y a pas eu besoin de budget de crise, de budget d’austérité, etc. « Le chômage est sous contrôle, la dette publique est en baisse, l’inflation est jugulée. La bonne gestion économique est apparente ».
Le ministre des Finances s’est dit satisfait du taux de croissance de 3,4 %, une bonne performance par rapport à celle réalisée par beaucoup d’autres pays. De plus, le gouvernement dispose de l’argent en dépôt et des emprunts non utilisés, qui avaient été contractés dans le but de permettre au pays de faire face à la crise. Sur le plan macro économique, M. Duval a observé que les entreprises orientées vers l’exportation ont connu une croissance de 6,1 %, que le secteur du textile se stabilise, que le secteur offshore a enregistré une croissance de 12,4 %, que les technologies de l’information et de la communication connaissent une croissance de 9,2 % et que le tourisme est stable. Pour sa part, l’industrie cannière a enregistré une baisse de 7 % de croissance alors que la construction a enregistré une légère baisse. Les investissements directs étrangers, dit-il, ont repris pour atteindre Rs 9,5 milliards. Le VPM a observé qu’alors que les indicateurs économiques étaient en chute libre au moment de son arrivée aux Finances, cette chute a pu être freinée et le pays remonte maintenant la pente. Il se dit satisfait qu’au quatrième trimestre le pays connaîtra une croissance de 4 %. Le défi l’année prochaine consistera à atteindre une croissance de 4 %, à réduire le déficit budgétaire, réduire la dette, créer de l’emploi. Au GM l’on s’attend à une croissance touristique de l’ordre de 5 % ; les opérateurs, eux, estiment que la croissance sera de l’ordre de 6,5 %. Sur le plan international, le FMI prévoit une croissance de l’ordre de 3,6 % pour Maurice.
Dimension sociale
Le ministre des Finances s’est longuement appesanti sur l’industrie touristique et a déploré que les opérateurs aient pris trop de temps pour diversifier leurs marchés et pour regarder vers l’Inde ou la Chine. « Heureusement que les opérateurs ont compris maintenant », dit-il. Selon lui, les débats sur la libéralisation de l’accès aérien ne tiennent pas debout parce que plusieurs pays n’utilisent pas les capacités dont ils disposent dans la desserte de Maurice.
Concernant l’internet, le ministre estime que le pays est encore très en retard par rapport à d’autre pays car seulement 30 % des ménages sont connectés, d’où la baisse des prix d’abonnement au broadband, qui sera à partir de Rs 200 mensuellement l’année prochaine. Son objectif est de porter ce taux de connectivité à 75 %. Il a expliqué que la baisse des prix des IPLC de l’ordre de 15 % permettra de donner un boost à l’industrie des TIC à Maurice dont les centres d’appels.
S’agissant des investissements, le ministre s’est réjoui de la diversification des sources pour ne plus dépendre entièrement de l’Europe. Aujourd’hui, les investisseurs viennent d’Afrique du Sud ou de la Chine, ce qui permet de combler le déficit enregistré au niveau des partenaires européens.
Le ministre a aussi évoqué la dimension sociale de son budget qui permettra à quelque 9 400 enfants d’avoir des repas chauds. Le child benefit de Rs 2 250 par famille bénéficiera à quelque 20 000 enfants, dit-il.
Il a aussi été question de l’industrie cinématographique. Xavier Duval a annoncé la réalisation de deux productions cinématographiques, de deux documentaires et de quatre projets publicitaires. Il a également parlé des investissements dans les infrastructures, à l’aéroport et dans le port.
Enfin, le Grand argentier a estimé que le budget 2013 prépare l’avenir du pays, en particulier celui des jeunes.