La Prisons Officers Association (POA) est mécontente, à l’issue de l’exercice budgétaire de vendredi dernier : « C’est une grande colère qui anime les officiers de la prison », déclare Jackie Kamanah, secrétaire du syndicat des employés des prisons mauriciennes. « La toute nouvelle prison, au coût de Rs 2,1 milliards, a été construite à partir de fonds publics, mais aucune prévision n’a été faite pour renforcer l’effectif des employés de la prison. Comment allons-nous pouvoir travailler plus, offrir une meilleure prestation tout en assurant la sécurité et la santé, tant des détenus que des officiers et du grand public, sans ressources humaines ? »
L’ensemble des officiers de la prison, déclare M. Kamanah, « est très en colère ». « Le dernier exercice budgétaire n’a fait aucune provision pour nous, et ce alors même qu’une toute nouvelle prison va ouvrir ses portes bientôt pour accueillir un millier de détenus. Sans la prison de Melrose, nous avons déjà un cruel manque d’effectifs, tant au niveau des officiers que des infirmiers, entre autres, au sein de nos prisons. Et pour “add insult to injury”, aucun nouveau poste n’a été créé afin d’optimiser les ressources humaines dans le milieu carcéral ». Pour notre interlocuteur, « alors qu’au sein des autres départements vitaux, comme les hôpitaux et la police, il y a eu des exercices de recrutement, pour ce qui est des prisons, rien n’a été fait ». Il rappelle, à cet effet, que « 100 nouveaux pompiers ont été recrutés dans le sillage de l’ouverture d’une nouvelle caserne à Tamarin, alors que 700 policiers, 400 infirmiers, 33 médecins et 400 health care attendants ont également trouvé de l’emploi dans le secteur public. Cependant, pour ce qui est des officiers de la prison, rien ! »
Notre interlocuteur soutient que « l’ensemble des employés des prisons déplore le fait qu’aucune provision n’ait été faite en amont, comme augmenter le nombre d’ACP ou autres hauts gradés des services de la prison, alors que cela a été fait dans les autres secteurs. Au lieu de cela, on a carrément supprimé certains postes de la hiérarchie dans le secteur carcéral. Quelle logique donner à tout cela ? »
Il rappelle que « nous, officiers des prisons, avons à assurer la sécurité et la santé et des détenus, des officiers et de la population. Avec des ressources humaines manquantes pourrons-nous offrir un service de qualité ? » Et d’avancer que « les autorités sont en train de jouer avec la santé et la sécurité de notre pays ». La POA compte réclamer une rencontre avec le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, ainsi qu’avec le nouveau secrétaire financier, Dev Manraj, dans le sillage de l’exercice budgétaire. « Nous voulons rencontrer le ministre et le secrétaire financier afin de leur faire part de nos doléances, dans le but de corriger ces manquements. »
Par ailleurs, la POA se dit également « irritée par la discrimination négative envers les Female Prison Officers ». Le syndicat rappelle que « l’ex-secrétaire financier Ali Mansoor avait proposé de faire voter trois nouveaux postes destinés aux femmes officiers de la prison. Dev Manraj, alors président du Errors and Omissions Anomalies Committee, avait même avalisé ces propositions ». Ces trois postes sont ceux de ACP (Female), Female PPO (Trade) et Female Prison Hospital Officer. « Aucun de ces trois postes n’a été “funded” dans l’exercice budgétaire. M. Manraj, qui est maintenant de l’autre côté de la barrière, est-il revenu sur sa position, et pourquoi ? »
Pour la POA, « cela a fait naître un grand sentiment de manque d’égard envers les compétences et la valorisation de nos female officers qui se donnent à fond, autant que les hommes, dans leurs fonctions. C’est très décourageant et ce n’est pas du tout sérieux ».