Résumant les débats budgétaires pour 2014, le vice-Premier ministre et ministre des Finances a observé qu’il a présenté un budget audacieux pour 2014, dont l’objectif est de faire de Maurice une « high income nation d’ici à six ans ». Au parlement, hier soir, Xavier-Luc Duval a également affirmé qu’« en ce qui concerne la télévision privée, si tout se passe bien, on permettra les informations ».
Si au début de l’intervention du Grand Argentier, les rangs de l’opposition MMM et MSM étaient vides, ces députés ayant refusé d’assister au discours du Premier ministre Navin Ramgoolam, quelques minutes plus tard, un à un, ils ont commencé à arriver dans l’hémicycle. Le vice-Premier ministre a observé que les mesures présentées ont été bien accueillies par la population et a soutenu que la vision de faire de Maurice une « high income nation » est à portée de main. « Aujourd’hui, le Produit intérieur brut (PIB) par tête d’habitant est de US $ 9 300 et l’objectif pour dans six ans est d’atteindre les US $ 12 000 ». Xavier-Luc Duval souligne que les pays de l’Afrique subsaharienne ont un PIB de US $ 2 500 par tête d’habitant. Une « high income nation », à l’inverse, est une nation où tout un chacun vit confortablement, dit-il.
Le VPM a fait un résumé des grandes questions et actualités qui ont ponctué l’année 2013, à savoir les inondations meurtrières de mars, l’accident fatal de Sorèze, les accidents au travail, l’éducation, l’emploi chez les jeunes et les femmes, l’exploitation des mineurs, l’éducation, les scandales à base de systèmes de Ponzi. Il affirme que le budget présente des mesures pour répondre aux attentes et aux besoins de la population avec de nouvelles idées au niveau du transport public, de l’éducation, des sports, de la sécurité sociale ou de l’intégration sociale.
Pour lui, c’est un budget responsable avec un projet d’avenir et qui demande du courage pour sa mise en oeuvre. Pour réussir, estime-t-il, la base doit être solide et la prévision de 3,7 % de déficit pour l’année prochaine est tout à fait correcte d’autant que le gouvernement débourse Rs 6 milliards pour payer les augmentations prévues par le Pay Research Bureau (PRB). Pour compenser cette hausse, soutient XLD, il aurait fallu augmenter la TVA à 18 % mais le gouvernement l’a maintenue à 15 %. Il estime que l’économie mauricienne est résiliente et souligne que la croissance est de 3,2 % alors que des pays comme l’Afrique du Sud n’ont pas eu d’autre choix que de revoir à la baisse leur croissance.
Xavier-Luc Duval a observé que le problème majeur auquel fait face Maurice au niveau de l’investissement, avec la crise en Europe, est « la crise de la demande ». « Les gens investissent moins quand il y a une crise de la demande », affirme-t-il, en citant l’exemple de la baisse au niveau de l’exportation des produits textiles en Europe. Il indique que le budget prévoit un nouveau fonds, le Excess Security, avec une somme de Rs 5 milliards.
Parmi les mesures annoncées, il a cité les facilités de bunkering dans le port avec pour but de faire de Maurice une plaque tournante dans la région. Pour encourager les Mauriciens à investir en Afrique, « terre de toutes les opportunités », un Mauritius Africa Fund a été mis en place avec une somme de Rs 500 millions provenant des contribuables. Xavier-Luc Duval ajoute que le gouvernement encourage le partenariat public/privé dans le cadre du développement des infrastructures.
Nouvelle “business strategy”
Le VPM a aussi annoncé la mise en place d’un Facilitation Committee pour le développement des gros projets. « Nous aurons une nouvelle business strategy pour le développement des gros projets », sous la responsabilité du secrétaire financier, indique-t-il. M. Duval évoque aussi la création d’un Citizen Facilitation Centre, et affirme que le délai d’attente pour l’obtention d’un certificat de moralité sera aussi réduit.
Xavier-Luc Duval indique que le gouvernement met aussi en place un fonds de Rs 50 millions pour récompenser les fonctionnaires selon leurs performances pendant l’année.
Évoquant la situation au niveau de l’éducation, il souligne qu’il y a une hausse de 11% alors que pour les écoles la dotation budgétaire connaît une hausse de 30 %. Cela représente Rs 440 millions pour la gestion de 30 écoles de la Zone d’éducation prioritaire. Évoquant sa conviction dans l’institution de l’ESAC Foundation à Maurice, il affirme : « Nous espérons que la fondation fera des miracles ici », avec un nouveau système de gestion des établissements scolaires.
Pour ce qui est de la réduction de la fracture numérique entre les jeunes de Maurice et ceux de l’étranger, il « espère que les fameuses tablettes pourront être livrées en janvier ». Rs 80 millions, dit-il, sont injectées pour que toutes les écoles de Maurice soient dotées de Wi-Fi.
Le VPM a aussi parlé de l’importance d’avoir une équipe nationale de football. Pour lui, il faut faire la différence entre « hooliganisme et communalisme ». Il estime que la constitution des équipes sur un plan régional ne marche pas car il n’y a pas de masse critique.
Avec l’annonce de la télé privée, « nous essayons de faire quelque chose », dit-il, en rappelant que la loi a été votée en 2000 et que rien n’avait été fait jusqu’à présent. « Dans un premier temps, nous donnons la chance à ceux qui veulent faire des émissions de divertissement… Si tout se passe bien, on autorisera les informations ». Et de prendre l’exemple d’un bouquet payant dont certaines chaînes sont purement pour le divertissement. Il a aussi évoqué les mesures prises pour revoir les intérêts punitifs sur les prêts, le Housing Scheme qui sera mis en oeuvre en étroite collaboration de la National Empowerment Foundation, l’achat des nouveaux autobus, la baisse de la Land Transfer Tax, la hausse des Betting Taxes, entre autres.
Il a conclu en soulignant que le gouvernement prend « très au sérieux les mesures budgétaires ».