Dans son mémorandum prébudgétaire envoyé au ministre des Finances, la National Trade Union Confederation (NTUC) réitère sa demande pour l’institution d’un salaire minimum vital de Rs 15 000. Parmi la vingtaine de propositions faites, elle suggère un meilleur contrôle par rapport à la prolifération des institutions tertiaires dans le pays. Elle demande aussi au gouvernement de définir une politique claire afin de prévenir toute construction sur les prime lands et de mettre un terme à l’octroi des terrains et des plages aux particuliers et aux entreprises afin de protéger notre patrimoine.
La NTUC constate qu’il y a un gros problème de chômage parmi les jeunes et qu’il est temps que le gouvernement adopte une politique économique et financière visant à rétablir la justice sociale à travers le plein emploi et la hausse du niveau de vie. L’institution d’un salaire minimum vital qui ne devrait pas être inférieur à Rs 15 000 et l’amélioration du système des plans de la sécurité sociale aidera à attaquer les causes profondes de la pauvreté et à la marginalisation sous toutes ses formes.
Elle estime que le marché de l’emploi doit protéger les plus vulnérables et que la politique d’économie verte doit être poursuivie avec l’engagement de réduire les émissions de carbone en développant des investissements respectueux de l’environnement et en créant de l’emploi pour les jeunes en particulier.
La confédération parle de l’importance de l’emploi durable et de la révision des lois du travail pour un meilleur équilibre salarial dans la vie des travailleurs et pour éliminer toutes discriminations entre travailleurs locaux et étrangers. Elle affirme aussi : « It is of paramount importance to reduce excessively long hours of work in order to improve workers health, workplace safety and to combat fatigue and stress. » Ceux qui travaillent durant des heures indues devraient avoir des protections additionnelles, poursuit la confédération.
La NTUC demande une révision salariale tous les trois ans. Dans ce sillage, elle propose la mise en place d’un Pay Review Mechanism avec les partenaires du système tripartite à l’intention de ceux qui travaillent dans le privé et qui ne sont pas couverts par le Pay research bureau (PRB). Elle est d’avis que le PRB doit aussi publier son rapport tous les trois ans.
La NTUC demande une augmentation de Rs 1 200 de la pension des retraités, des veuves invalides et toute autre pension dont celle des anciens combattants ; pour les chômeurs, elle réclame une allocation chômage. Afin de protéger les emplois, elle demande que cesse toutes les tentatives de privatisation des secteurs.
Pour ce qui est du paiement d’impôts, elle demande une revision du seuil d’exemption à tous les niveaux et la réintroduction de l’emolument relief de 5%. La NTUC observe que durant ces deux dernières années, il n’y a pas eu de hausse concernant le seuil d’exemption et elle fait les propositions suivantes : catégorie A Rs 350 000 ; catégorie B Rs 475 000 ; catégorie C Rs 600 000 ; catégorie D Rs 675 000 ; catégorie E Rs 475 000 (retired tax payer with no dependent) ; category F to be increased to Rs 600 000 (Retired tax payer with one dependent).
La NTUC demande à ce que la Lump sum soit exemptée d’impôts ; l’introduction d’une exemption jusqu’à Rs 450 000 pour ceux qui ont des enfants qui étudient à l’étranger ; la réintroduction d’une déduction de Rs 20 000 pour ceux qui ont à leur charge un maximum de deux parents dépendants, comme ce fut le cas dans le passé.
La confédération demande une baisse de la TVA de 15 % à 10 %, un meilleur contrôle des fonds publics pour éviter tout gaspillage et le respect des résultats et commentaires du Bureau de l’audit dans son rapport annuel. La mise en oeuvre de ces recommandations améliorerait le système, estime-t-elle.
La NTUC demande que le budget 2014 fasse provision pour la construction d’une Workers House qui comprendrait un parc de loisirs et un centre de recherche et de formation.
La subvention accordée au Trade Union Trust Fund (TUTF) devrait être augmentée à Rs 15 M pour améliorer la formation des syndicats, estime la confédération.
Concernant l’octroi des terres et des permis de construction sur des terrains des pas géométrique et des plages publiques, la NTUC demande au gouvernement de mettre un terme à cette pratique en vue de protéger le patrimoine.
La NTUC estime que pour assurer la sécurité des passagers et améliorer le service de transport, il faudrait plus d’autobus neufs ; les anciens doivent être retirés de la circulation. Elle demande l’octroi des permis pour l’entrée en opération des télévisions indépendantes.
Pour assurer l’égalité au niveau du recrutement, la NTUC propose la création d’une Private Employees Recruitment Commission et une Parastatal Bodies Commission. Pour ce qui est de l’éducation tertiaire, elle est d’avis qu’un contrôle strict doit être exercé sur la qualité de l’éducation dispensée par les institutions. « The proliferation of such institutions should be monitored closely and the powers and functioning of the Tertiary Education Commission should be reviewed in depth ».
La NTUC plaide pour que toutes les familles mauriciennes aient accès à internet gratuitement ou à un coût abordable.