« Le gouvernement doit présenter un budget qui puisse rattraper la perte de pouvoir d’achat des employés. » C’est ce sur quoi s’est appesanti le président du Mauritius Labour Congress (MLC) Haniff Peerun ce matin lors d’un point de presse. « Bizin enn bon doz de sosyal kot met lom et le travayer o santr devlopma peyi. Travayer, li mem moter ekonomik di peyi. » Haniff Peerun a en outre fait part de la décision du MLC de demander au gouvernement de mettre fin aux subsides accordés aux diverses religions, les religieux, souligne-t-il, « prenant souvent en otage les politiciens ».
« Il faut un partage équilibré de la richesse, un partage qui protège les plus vulnérables de la société. Pour le MLC, le combat de la pauvreté passe par le combat de l’injustice », estime M. Peerun. Le prochain budget doit, selon lui, tenir compte du droit au logement, qui est nécessaire pour combattre l’exclusion. Et, dans cette optique, le MLC demandera au gouvernement de mettre un terme aux subsides allant aux « religions ». « Le questionnaire du dernier recensement de la population ne demande d’ailleurs pas au public de préciser sa religion. Or, si nous ne savons pas combien d’adhérents comptent les diverses religions du pays, comment leur attribuer des subsides ? », se demande M. Peerun. Le président du MLC nuance toutefois, précisant que « si demain, un centre socioculturel vient présenter un projet valable, il peut introduire une demande auprès du gouvernement pour être financé ».
Haniff Peerun a par ailleurs mis en garde le gouvernement contre tout « chantage » pouvant émaner du secteur privé. « Le secteur privé cherche un stimulus package pour sauvegarder des emplois. Or, il n’a jamais protégé les emplois. » Le MLC fait part de ses craintes au sujet du « marchandage du secteur privé », sachant que, selon M. Peerun, « le secteur privé finance les partis » politiques.
Il a d’autre part dit souhaiter que le gouvernement « démocratise » l’accès à l’information, « même malgré les divergences », en accordant les facilités nécessaires pour que soient introduites des chaînes de télévision privées. Dans son mémorandum en date du 25 septembre 2013, soumis au ministère des Finances, le MLC attire aussi l’attention sur la vulnérabilité des salariés à bas et moyens revenus. Il demande que les premières Rs 50 000 taxables soient de 5%, les prochaines Rs 50 000 taxables à 10%, et le reste à 15%. Le MLC demande en outre que soit réinstaurée l’exemption de la taxe pour les proches de personnes âgées, comme dans le passé, et ce pour encourager ces derniers à ne pas laisser les personnes âgées seules pendant qu’ils sont au travail. Les membres du MLC demandent aussi que la marge des revenus taxables soit revue à la hausse.
S’agissant de l’informatique, le MLC demande un accès gratuit à l’Internet pour tous les Mauriciens de 18 à 22h, allégeant ainsi le fardeau financier des parents. Sur le chapitre des fraudes et de la corruption, l’institution d’un “monitoring committee” est souhaitée. Quant aux prix des produits de consommation, le MLC, tout en notant que le pouvoir d’achat des salariés a été en constante baisse, demande que le gouvernement ait recours à un contrôle des prix.
S’agissant du salaire minimum, le mémorandum demande un salaire « décent » pour les travailleurs qui sont au plus bas de l’échelle. Et, au lieu d’un diplômé ou d’un artiste par famille, le MLC préfère qu’on parle d’un salarié par famille. Les soins médicaux prodigués aux personnes ayant atteint l’âge de 90 ans devraient être accordés à partir de 80 ans, estime encore le MLC. Enfin, les membres demandent que les subventions des frais d’examens du SC et du HSC soient réintroduites in toto.