Parmi les principales priorités : la stimulation de la croissance à travers l’investissement, la création d’emplois et le social
A quelques heures de la présentation de son troisième budget, le ministre des Finances, qui a reçu Le Mauricien à son bureau ce matin, s’est dit déterminé à faire de son mieux pour répondre aux attentes de la population et a annoncé des mesures susceptibles de donner une nouvelle impulsion à l’économie du pays en prenant en compte la situation difficile sur le plan international. « Nous sommes déterminés à bien faire, bien que nous ne disposons pas de baguette magique », a fait comprendre Xavier-Luc Duval alors qu’il mettait la dernière main à son discours et aux documents qu’il devait présenter au Conseil des ministres avant le grand oral de 17 h.
A 10 h ce matin, le vice-Premier ministre et ministre des Finances était à pied d’oeuvre avec ses principaux collaborateurs dans la salle de conférence du ministère pour mettre les dernières touches au budget en présence, entre autres, du secrétaire financier Dev Manraj, du directeur du budget Patrick Ip, de Radhakrishna Chellapermal, de Sen Narainen, de Joël Rault et des officiels du Board of Investment. Le ministre devait remercier tous ses officiers pour le dévouement au travail indiquant que certains ont passé la nuit au ministère et étaient encore au travail à 7 h ce matin.
Le Programme-based Budget estimates 2014 & Indicative estimates pour les deux prochaines années subséquentes se présente comme un document volumineux de quelque 700 pages, selon les indications données par le ministre. Ce dernier a annoncé que les dépenses gouvernementales se situeraient autour de Rs 100 milliards en 2014. « C’est l’argent des contribuables. Il est de notre devoir de présenter le document avec force détails de manière transparente. Quant au discours du budget, il a déjà été vu par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, rentré au pays hier. Nous nous attelons à la préparation des documents à être présentés au Conseil des ministres », a-t-il dit.
« Nou pena baton magique », a déclaré d’emblée Xavier-Luc Duval, qui a évoqué les grands défis auxquels le pays fait face. Il a fait comprendre que l’économie mauricienne est toujours dépendante dans une grande mesure de l’Europe pour ses exportations et pour l’industrie touristique et que la situation économique dans cette région est toujours difficile malgré quelques signes de reprise enregistrés ces derniers mois.
« Dans une telle conjoncture, il s’agira de donner de nouvelles orientations à l’économie mauricienne. D’où notre approche en vue de stimuler la croissance à travers l’investissement, la création d’emplois. Nous avons également des demandes venant de différents quartiers en faveur de l’introduction de mesures en faveur des jeunes, des femmes, des handicapés ainsi que pour le développement, entre autres, des secteurs de l’éducation et de la santé. Il faudra réconcilier tout cela dans le cadre budgétaire », a dit le ministre des Finances. Par ailleurs, il a évoqué « de grosses pressions fiscales ». Ce qui sous-entend qu’il aura à trouver les moyens financiers additionnels pour faire face à ces dépenses.
Impatience du secteur privé
Dans les milieux du secteur privé, on attend avec impatience des mesures budgétaires pour faire remonter la confiance des opérateurs économiques. L’indice du climat des affaires établi par la MCCI était à la fin de septembre 2013 à son niveau le plus bas, soit à 85,1 point après avoir reculé de 2,4 points au cours du troisième trimestre de cette année. « Nous nous attendons à un budget de création d’emplois et de relance de l’investissement », a déclaré Ahmed Parkar, président du Joint Economic Council.
Les attentes dans le public sont grandes. On souhaite que les mesures budgétaires n’aient pas d’incidences néfastes sur les prix en général, en particulier les denrées alimentaires, et que le ministre révise à la baisse les prix de certains produits dont les carburants, qui ont une grosse incidence sur plusieurs coûts.
Le budget est présenté avec en toile de fond économique une prévision de croissance de 3,2 % pour cette année, taux qui devrait grimper l’année prochaine tenant compte de l’environnement économique global plus favorable. Le taux de chômage pour cette année est estimé à 8,3 % (49 700 chômeurs). Le taux d’inflation est estimé à 3,7 % par Statistics Mauritius. Le déficit budgétaire pour 2013 pourrait se situer à moins de 2 %.