La Fédération des travailleurs unis (FTU) soutient l’introduction du salaire minimal pour la République de Maurice. C’est l’une de ses propositions qui figure dans son mémoire budgétaire adressé au secrétaire financier dans le cadre du prochain exercice budgétaire.
La fédération souligne que le mécanisme de salaire minimal est pratiqué dans plusieurs pays, sauf à Maurice et fait remarquer que « The federation recalls you of a formal statement of the former Minister of Finance and the actual Minister of Labour & Industrial Relations made recently during a tripartite meeting of their agreement to refer this issue to another forum. »
Dans son introduction, la FTU commente les tractations politiques qui ont eu lieu cette année, en évoquant les « koz koze » entre le leader de l’Opposition, Paul Bérenger et le Premier ministre, Navin Ramgoolam alors que le pays face à des problèmes nécessitant une attention plus urgente comme la pauvreté, le taux de chômage, la répression syndicale, la corruption, la mise à pied des travailleurs, le trafic de drogue, entre autres. La Fédération tient aussi à rappeler que le Parlement a été prorogé à deux reprises et soutient qu’il s’agit d’une stratégie politique qui s’est avérée être un « real mockery to our democracy ». Elle est d’avis qu’il faut abolir le système de nominés politiques, qui sont pour la plupart des agents politiques qui sont récompensés ou compensés et se voient proposés des postes importants, accompagnés de facilités « illimitées », parfois étendues aux membres de leurs familles. La Fédération a également commenté le financement des partis politiques par le secteur privé. « Ignoring an election as a free and democratic important process and to legalise its financing by private sector shall open a flood gate to corruption », écrit la FTU dans son mémoire.
L’organisation considère qu’il faut mettre un frein au projet de métro léger. S’appuyant sur l’avis des experts sur le dossier, elle est d’avis que ce projet au coût pharamineux aura pour répercussion un tarif plus élevé que celui du ticket d’autobus et mènera vers la suppression d’emplois dans l’industrie du transport.
La FTU propose l’abolition de la TVA, dont le taux est actuellement à 15 %, afin de permettre, surtout aux familles pauvres, d’accéder aux produits dont les prix connaissent perpétuellement des hausses comme les denrées alimentaires. Les consommateurs doivent de plus être de plus en plus sélectifs dans leurs choix lorsqu’ils font leurs courses. Une réduction de la taxe à la valeur ajoutée entraînerait une baisse dans les prix des produits, souligne-t-elle.
La FTU estime que le National Remuneration Board (NRB) et le Pay Research Bureau (PRB) doivent être sur la même longueur d’onde car il existe une disparité non négligeable entre les conditions d’emploi et des salaires dans le privé et le public, raison pour laquelle le NRB pour le secteur du privé devrait être revu chaque trois ans.
Nouveaux Remuneration Orders
Il est grand temps pour que le gouvernement de préparer des Remuneration Orders (RO) pour les centres d’appels et les entreprises du landscaping, deux secteurs où le nombre de personnes y travaillant est en hausse, estime la FTU. Elle prend le soin de souligner que les employés du secteur du landscaping sont issus, pour la plupart, de l’industrie sucrière après le downsizing des usines dans le cadre de la centralisation. Selon la FTU, les employeurs de ces secteurs tendent à « imposer » aux employés des salaires et des conditions peu favorables.
La FTU se prononce par ailleurs contre la privatisation de services/entreprises du public tels que la Central Water Authority (CWA), le transport, le port, la National Transport Authority (NTA), entre autres et soutient que le gouvernement doit stopper toutes les procédures de privatisation dans l’intérêt du secteur privé et des multinationales.
Dans le volet énergétique, la FTU veut que les termes de l’accord entre le Central Electricity Board (CEB) et les Independent Power Producers (IPP) soient rendus accessibles afin d’assurer la transparence, car les fonds publics sont en jeu, souligne-t-elle.
L’accès au logement constitue une préoccupation de la Fédération qui demande au gouvernement de revoir le « slab subsidy » et la construction de 20 000 unités de logement décents, en rappelant que le coût du loyer représente une dépense importante pour les ménages et d’autre part, que les prix des matériaux de construction montent en flèche.
Dans le dossier santé, la FTU est d’avis qu’il faut décentraliser l’hôpital de Moka, car les patients de longs trajets à faire pour s’y rendre, d’autant plus qu’ils doivent se déplacer en taxi, en raison de leur condition, ce qui représente une dépense importante surtout pour les pensionnaires.
La couverture de la Mauritius Broadcasting Corporation (MCB) des activités des syndicalistes et des partis politiques de gauche est pointée du doigt dans le mémoire alors que les organisations socio-religieuses bénéficient d’une couverture importante, constate la FTU. Pour cette organisation, il est grand temps que Maurice ait une chaîne de télévision nationale indépendante.
En conclusion, la FTU fait remarquer que « Actually we are on an alive volcano which can blast at any time if the acting Minister of Finance who is no one but the actual Prime Minister and he is duty bound not to fail as men and women remain architects of all progress cannot continue to suffer ».