La Fédération des Coopératives de Pêche (FCP) soumettra une liste de propositions au ministère des Finances pour améliorer ce secteur. Parmi, on note la réorganisation du système en place afin de permettre aux pêcheurs de cogérer ce secteur, des formations pour la transformation et le marketing ainsi que la mise en place de petits et moyens projets d’aquaculture viables. Pour le Dr Sunil Sweenarain, on ne peut parler de Blue economy sans se soucier de ceux qui sont déjà actifs dans ce secteur.
« Le secteur de la pêche à Maurice est encore au stade colonial. Nous sommes très en retard comparé aux pays de la région. » C’est ainsi que le Dr Sunil Sweenarain, président de la FCP, analyse la situation. Invitée par le ministère des Coopératives à soumettre ses propositions pour le prochain budget, la fédération a jugé nécessaire de dresser un tableau de la situation pour soutenir ses demandes.
Le président estime ainsi que la pêche artisanale a une grande valeur, et que c’est au niveau de la gestion qu’il faut apporter des améliorations pour que le secteur soit plus viable. « Il faut que les pêcheurs soient parties prenantes de bout en bout de la chaîne. C’est ce que nous appelons une cogestion. Il n’y aura pas de développement durable sans la participation active des pêcheurs. Il y a aussi un capital social à ne pas négliger. »
La fédération demande ainsi la mise en place de structures appropriées avec le soutien technique et scientifique. Selon Sunil Sweenarain, les projets d’aquaculture lancés jusqu’ici ne sont qu’au stade expérimental. « On ne peut donner une cage de poisson à des pêcheurs et leur dire : allez-y, faites le développement. Y a-t-il eu une étude de faisabilité sur ce genre de culture ? Il ne faut pas prendre les pêcheurs pour des cobayes. »
La FCP souhaite la mise en place d’un plan pour la mise en place de petits et moyens projets d’aquaculture selon les normes professionnelles et surtout, un accompagnement des pêcheurs. Elle ajoute que le budget de la Pêche est largement suffisant pour développer le secteur. « Il faut tout simplement rationaliser les dépenses. »
Une formation appropriée pour permettre aux pêcheurs artisanaux d’aller pêcher hors lagon, pour faire la conservation et la transformation, ainsi que des infrastructures adéquates dans les ports de pêche sont également réclamées.
France Andy, secrétaire de l’Association des Pêcheurs de l’île Maurice, témoigne que sa coopérative a obtenu un bateau avec le DCP et le GEF, mais souligne que sans équipements, il ne peut sortir hors lagon. Ce qui le pousse à dire qu’avec le plan mis en place par le ministère des Finances pour l’achat de bateaux, les pêcheurs pourraient s’endetter sans que leur projet ne soit viable. Comme Sunil Sweenarain, il insiste sur la nécessité de la formation et de l’accompagnement.
Pour sa part, Patrick Fortuno, officier en charge de la fédération, trouve aberrant que les étrangers exploitent notre Zone économique exclusive, alors qu’on aurait pu donner les moyens aux pêcheurs locaux pour cela. « Nous voulons être partie prenante pour développer ce secteur. Depuis peu nous faisons partie d’une fédération de pêche de l’océan Indien, nous voulons avoir voix au chapitre. La FAO dit d’ailleurs que la partie civile doit être partie prenante du développement. »