Placer l’homme au coeur de l’économie. Telle est la volonté exprimée par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, durant les consultations prébudgétaires au Sir Harilal Vaghjee Hall avec diverses ONG engagées dans les domaines de la famille, l’enfance, le social, les associations féminines et la lutte contre la pauvreté.
Le Grand Argentier veut placer la personne au centre du développement économique et social. D’où l’importance de rassembler hier les organisations non-gouvernementales afin qu’elles soumettent leurs propositions et commentaires en marge du prochain budget, qui sera pour rappel présenté le 23 mars prochain. Le ministre a répliqué à chaque intervenant qu’il examinera les propositions présentées lors de cet exercice.
L’aide des ONG est primordiale, a fait comprendre Vishnu Lutchmeenaraidoo, entouré du secrétaire financier Dev Manraj et des fonctionnaires du ministère des Finances, et qui a voulu se montrer à l’écoute de ceux qui oeuvrent quotidiennement dans le social, la famille et la lutte contre la pauvreté.
Le Grand Argentier a laissé entendre que le ministère pense à inclure dans le budget un projet pilote avec la participation de quelques cités ouvrières du pays en assistant celles-ci à long terme, soit sur les dix à quinze prochaines années, dans le but d’aider ces régions à se relever. À propos de l’hôpital Brown Séquard, Vishnu Lutchmeenaraidoo veut en finir avec la pratique d’amalgamer toutes les pathologies/cas (malades mentaux, troubles psychiatriques, troubles psychologiques, entre autres) dans un seul lieu. Vishnu Lutchmeenaraidoo a comparé l’hôpital Brown Séquard à un « one-stop-shop ». « Au lieu de trouver une solution, les personnes en sortent avec une difficulté », a affirmé le ministre des Finances.
Du côté des ONG, l’un des demandes principales est de revoir les guidelines de la Corporate Social Responsibility afin que les entreprises du privé puissent financer un plus large éventail de projets. Le président du Mauritius Council of Social Services (MACOSS), Geerish Bucktowonsing, a soutenu que ces guidelines limitent en effet les ONG dans la préparation des projets. Le ministre des Finances a affirmé à son tour que le ministère est en train d’étudier l’éventualité de laisser le secteur privé gérer le fonds CSR et de décider lui-même des guidelines pour le financement des projets. À ce propos, les ONG ont affirmé qu’elles passaient la plupart de leur temps à écrire des projets dans le but de récolter les fonds nécessaires auprès des bailleurs de fonds et les entreprises. Souvent, cette énergie est engloutie par la rédaction de projets, a expliqué Rita Venkatasamy, directrice du CEDEM. Un de ses collègues a dit pour sa part souhaiter à l’avenir que soient expliquées aux ONG les raisons pour lesquelles les projets n’ont pas été acceptés. Cela représente une longue attente en vain, a-t-il fait comprendre.
Shelters
La situation dans les shelters a été abordée lors de cette réunion. L’allocation par enfant, de Rs 252.18, est jugée insuffisante. Cette somme ne suffit pas pour pouvoir répondre aux exigences de ces centres d’accueil ou pour mener à bien les projets ou encore pour leur gestion et les dépenses régulières, qui comprennent notamment les salaires. La directrice du CEDEM a cité l’exemple d’un carer qui joue un rôle de substitution d’un parent et qui doit encadrer au quotidien des enfants présentant parfois des troubles psychiatriques, des enfants hyperactifs ou à problèmes et qui est en retour mal payé. Plusieurs voix se sont élevées pour un salaire respectable pour ceux qui travaillent dans le social et pour que l’on revoie la grant-in aid formula pour les écoles spécialisées. Les ONG peinent aussi à recruter des professionnels habilités à travailler…
La coordination entre les différents ministères et leurs agences doit être améliorée. Bien souvent les ONG doivent se débrouiller seules. Dans le cas d’un enfant qui est accueilli par un shelter, c’est le centre en question qui doit se charger de lui chercher une école. Cela devrait être le travail des autorités, estiment les ONG. Celles-ci insistent sur la décentralisation de la formation des Mauriciens dans le but d’autonomiser le plus de personnes, surtout dans les endroits retirés. La représentante du comité régional des associations féminines de Grand-Port/Savanne a proposé que les village halls qui sont pour la plupart du temps fermés, soient ouverts afin d’accueillir ces formations.
Parmi les autres propositions faites, que l’allocation de transport dans le cadre du transport gratuit à nos aînés soit versée directement sur la pension de vieillesse au lieu de la verser aux opérateurs d’autobus, et le transport gratuit aux ex-détenus sur une base temporaire pendant la période où ils sont accompagnés par des ONG dans leur phase de réhabilitation/réinsertion. Reynolds Permal, de l’Association Lizie dans la main, a exprimé le souhait que les personnes vivant avec les différents types de handicap soient regroupées.