Le Front Commun des Commerçants de l’île Maurice (FCCM) évoque des coûts d’opérations de plus en plus élevés et qui, parfois, découragent les commerçants. L’association des commerçants et des opérateurs économiques souligne les difficultés majeures à évoluer dans un environnement économique défavorable. La survie des commerces est menacée, selon cette association.
Dans le cadre du Budget, qui sera présenté la semaine prochaine, le FCCM met l’emphase sur la nécessité de réduire les « cost of doing business » (coûts d’opération) en faveur des commerçants et des opérateurs économiques afin de leur permettre de « survivre » et de « protéger » autant que possible les emplois dans un secteur affecté par la crise. Il évoque la position de la Banque mondiale et le dernier rapport en date du la Chambre de Commerce préconisant des mesures urgentes pour les besoins de « ease of doing business » en raison de l’impact sur le taux de croissance économique du pays.
Le Front Commun des Commerçants de l’île Maurice demande une révision des trade fees, comme le prévoit la Local Governement Act de 2001. Les trade fees représentent, d’une certaine manière, une « pratique discriminatoire » à l’encontre de ceux qui opèrent une entreprise ou un commerce avec l’intention de gagner leur vie en comparaison avec toute personne employée dans le public ou le privé dans le même but. Le front commun suggère ainsi que les trade fees soient remplacés par des trade registration fees. « It has been suggested, however, that for the purpose of control or regulation, a nominal registral fee be introduced payable annually or semi-annulally as in the present case. »
Autre pratique jugée « discrimatoire » par le front commun : les tarifs commerciaux pour la consommation d’eau et d’electricité, respectivement pour la Central Water Authority (CWA) et le Central Electricity Board (CEB). Raj Appadu, président du FCCM, demande ainsi qu’un tarif uniforme soit appliqué pour les usages domestiques et non domestiques. S’agissant du monthly line rental fee demandé par Mauritius Telecom, et qui est jugée « exorbitant », le front commun souhaite également une harmonisation des tarifs domestiques.
Le front commun fait d’autre part remarquer que les loyers des emplacements ont augmenté « de manière considérable » suite aux amendements apportés à la Landlords and Tenants Act en 2005. L’association des commerçants demande de ce fait que cette loi soit amendée « to exclude buildings for which the monthly rental values have already been revised and the initial costs fully recovered by landlods from either down-payments or the monthly rents received over the long number of years. The age factor should become a determinant one », selon le FCCM.
Dans le dernier Budget, il avait été annoncé que le gouvernement allait venir de l’avant avec une formule de « one-stop-shop » pour paiement des trade fees et d’autres démarches relatives aux commerces, mais le FCCM déplore que cette mesure n’ait pas été concrétisée. Selon Raj Appadu, « there is an absolute neccesity for all trading activites to be centrally supervised and monitored to make that the sector a viable and vibrant one and enable proper control to be established at all levels ». Selon les commerçants, l’élaboration d’une loi-cadre basée sur la Licences Act de 1968 – régissant tous les aspects du commerce intérieur et la création d’un organisme central qui opérerait sous l’égide du ministère du Commerce et de l’Industrie pour le contrôle et le règlement de toutes les activités commerciales – est nécessaire. L’octroi des trade fees par les collectivités locales et le paiement de ces frais à ces derniers ont donné lieu, selon Raj Appadu, à une certaine « confusion » et un « manque de contrôle ». Selon lui, la recrudescence du commerce illégal, à travers les marchands ambulants, « est la conséquence directe du système actuel »…