La Mauritius Export Association (MEXA) plaide en faveur de la création d’un environnement facilitateur pour le développement du secteur industriel tourné vers l’exportation. Elle énumère, dans un document soumis au ministre des Finances en prévision du budget 2015, une série de mesures pouvant aider à améliorer sa compétitivité à l’exportation.
Selon la MEXA, la compensation salariale 2015 de Rs 600 et les taux de change défavorables (importations en hausse en raison de l’appréciation du dollar et revenus affectés par la chute de l’euro) ont influé négativement sur la rentabilité des entreprises du secteur. D’où son appel pour un rétablissement de la rentabilité de l’industrie d’exportation afin que celle-ci puisse réaliser un taux de croissance supérieur, soit de l’ordre de 10 %.
Parlant des produits d’habillement qui constituent le gros des exportations du secteur, la MEXA se dit convaincue que l’industrie de l’habillement a un avenir mais qu’il faudrait la soutenir. L’Association pense qu’il faut mesurer la compétitivité de cette industrie par rapport à celle de la Turquie qui est très proche du marché européen. Bien que le coût de production à Maurice soit plus ou moins le même que celui prévalant en Turquie, il faut envisager une certaine forme d’assistance à l’industrie locale afin qu’elle puisse gagner en compétitivité sur le marché européen. La MEXA estime que des mesures sont requises au niveau de la logistique et du marketing pour que les exportations mauriciennes puissent améliorer leurs parts de marché sur le continent africain. « Fairs and other marketing initiatives have been undertaken but given the peculiarity of Africa, a Focused Marketing Strategy needs to be devised », soutient la MEXA.
Celle-ci considère que les efforts de marketing devraient être concentrés sur les îles du sud-ouest de l’océan Indien ainsi que sur le groupe de pays d’Afrique de l’est : Burundi, Ouganda, Rwanda, Tanzanie et Zambie, entre autres. La MEXA propose la création de plateformes d’entreposage dans ces pays ainsi que l’organisation, deux fois l’an, de rencontres acheteurs/vendeurs et la participation à des foires régionales. La MEXA réclame, dans la foulée, la reconduction du Regional Freight Subsidy Scheme qui a permis de réduire le coût du fret frappant les exportations vers la région. Les incitations fiscales devraient également être renforcées.
S’agissant du renouvellement de l’équipement des entreprises industrielles, la MEXA fait ressortir que le besoin d’un soutien financier se fait sentir vu que la persistance de la crise financière globale et la faiblesse de l’euro ont réduit la capacité des entreprises à investir. La MEXA réclame, en conséquence, la mise en place d’un fonds de modernisation avec le gouvernement contribuant à hauteur de 25 % dans les investissements en équipement. La reconduction du LEMS (Leasing Equipment Modernisation Scheme) en devises ainsi qu’un abattement fiscal sur les investisssement consentis sont aussi souhaités.
L’association des exportateurs se plaint, par ailleurs, du coût élévé de l’énergie à Maurice. Elle se prononce pour une réduction des tarifs d’électricité pour, entre autres, les entreprises textiles tout en signalant que l’industrie contribue pour environ 18 % aux revenus du Central Electricity Board (CEB). L’électricité représente environ 12 % des coûts totaux de production du secteur. Pour ce qui est des tarifs concernant les eaux usées, la MEXA indique que ceux-ci n’ont pas été revus depuis la fin des années 90. Le coût imposé actuellement est de Rs 29 par litre d’eaux usées, coût jugé « highly expensive ».
La MEXA demande au gouvernement d’étudier la possibilité d’instituer un Investment Industrial Committee qui se chargerait d’élaborer des mesures incitatives pour encourager l’investissement. « The competitive edge of the manufacturing sector of our country lies in the capital intensiveness », souligne l’association.